En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

L\'Avent : cheminement avec Isaïe : 1. Le festin promis

Publié le Jeudi 2 décembre 2010


Hendrick Van Balen (1575-1632) et Breughel (pour le paysage) le banquet des dieux 1605-1610 (huile sur cuivre), Musée d'Angers
 

Hendrick Van Balen est un vitrailler, peintre et décorateur flamand qui a collaboré avec Breughel de Velours et Snyders.

Après un voyage à Rome vers 1612, il produit une œuvre abondante où l'on décèle l'influence de Rubens.
Son œuvre consiste en scènes inspirées par la Bible ou la mythologie grecque,

Le thème du « repas des dieux », mettant en scène des divinités antiques assises à une table de festin richement garnie, se développe dans les Pays-Bas du Sud au tout début du 17e siècle.

Van Balen l’a souvent traité, en collaboration avec son collègue et ami Brueghel (Bruxelles, 1568 – Anvers, 1625) l’Ancien pour les paysages.

On reconnaît ici au premier plan Jupiter et Junon, ainsi que Mercure au bout de la table. D’autres divinités sont occupées à converser, à manger des mets somptueux et à boire du vin, entourés d’objets précieux.

Un accent particulier est mis sur la musique, avec sur la droite un concert donné par neuf Muses. La partition écrite donne le ton : « Esprits, cœurs, âmes, c’est grâce aux Muses que vous rend heureux, que vous imprègne, que vous élève la musique, cette joie, cette nourriture, ce breuvage, cette manne véritable. »

Cette composition peut être interprétée comme une allégorie de l’Amour et de l’harmonie.



Le texte biblique

Le Seigneur, Dieu de l'univers, préparera pour tous les peuples, sur sa montagne,un festin de viandes grasses et de vins capiteux,un festin de viandes succulentes et de vins décantés.

Il enlèvera le voile de deuil qui enveloppait tous les peuples et le linceul qui couvrait toutes les nations.

Il détruira la mort pour toujours. Le Seigneur essuiera les larmes sur tous les visages,et par toute la terre il effacera l'humiliation de son peuple ; c'est lui qui l'a promis.

 Et ce jour-là, on dira :« Voici notre Dieu, en lui nous espérions, et il nous a sauvés ; c'est lui le Seigneur,en lui nous espérions ;exultons, réjouissons-nous : il nous a sauvés ! »

Car la main du Seigneur reposera sur cette montagne.

 

Isaïe 25 6-10



Commentaires

Durant ces quatre semaines qui nous séparent de Noël, ce temps dit de l'Avent (voir notre article sous la rubrique actualité de notre site), nous allons méditer plusieurs textes du prophète Isaïe.

Nous en lirons un par semaine.

L'Avent est essentiellement le mystère de l'avènement du Seigneur : souvenir de son avènement qui commence par sa naissance sur terre, réalisation de son avènement quotidien au plus intime de chaque homme, annonce de son avènement à, la fin des temps; c'est le temps de l'espérance, de l'attente , des préparations. C'est un temps pour mieux comprendre que l'Incarnation est le centre de l'histoire du salut du monde.

Dieu tout puissant et tout aimant se penche sur son peuple pour le préparer à la venue de son règne, tel est le point essentiel du message du prophète Isaïe. Les chrétiens l’ont compris comme l’annonce de la venue de Jésus, Christ et Sauveur. Aussi pendant ce temps de l'Avent, la liturgie propose-t-elle de nombreux textes du prophète Isaïe.

Ce premier texte s'inscrit dans une partie du livre d'Isaïe appelée l'apocalypse d'Isaïe. (Is 24-27), qui fait alterner des textes de style apocalyptique et des chants de lamentation, de prière et d'actions de grâces.

Le passage précédant notre texte évoque une dévastation totale, « la terre se brise en morceaux » (24,19) et le chapitre se termine en donnant un clé d’interprétation : « Oui, le Seigneur, le tout-puissant, est roi sur la montagne de Sion et à Jérusalem dans sa gloire, en présence des anciens » .

Après un cantique au Dieu qui a sauvé son peuple, le prophète annonce pour l'avenir un festin qui réunira tous les peuples, sur la montagne de Sion, et la fin de tout deuil et de toute larme.

Sion est devenue, par l'intervention de Dieu, le centre de rassemblement de tous les peuples, convoqués pour une fête aux dimensions de l'univers : le banquet eschatologique, signalé par les mets les plus fins, en abondance messianique.

Si la terre est dévastée, ce ravage est le signe de la destruction totale du mal et de la mort, par le Seigneur ; c'est désormais la fin du deuil et de la mort « pour toutes les nations », « tous les peuples »., et « par toute la terre » (allusion à la dispersion de l'exil), la fin de « l'humiliation de son peuple ».

Les termes utilisés sont forts, littéralement le voile du deuil sera « avalé » ou englouti ». Paul reprendra ces mots dans sa lettre aux Corinthiens, parlant de sa foi en la Résurrection : «  la mort a été engloutie dans la victoire » (1 Co 15,54).

Puis sont chantés la venue de Dieu, la présence du salut réalisé, le passage de la mort à la vie, prélude à l'annonce de la bonne nouvelle. Voilà le salut qui réjouit le croyant. Voilà le Dieu qui tient sa promesse, il fait passer de la mort à la vie : « en lui nous espérions ;exultons, réjouissons-nous :il nous a sauvés ! » Voilà la main du Seigneur qui sauve, en sa ville sainte, sur sa montagne, le lieu de sa demeure. En rassemblant toute l’humanité !


 

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