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Avent : cheminement avec Isaïe : la consolation arrive

Publié le Mardi 7 décembre 2010


Giovanni di Paolo di Grazia (Giovanni di Paolo di Grazia) 1399/1403 -1482 Saint Jean-Baptiste se retirant dans le désert -1455 à 1460  - National gallery de Londres

Giovanni dal Poggio est un miniaturiste  et un peintre  de la première Renaissance  de l'école siennoise au 15e siècle.

 

Son style d'abord caractéristique des peintres siennois de son temps a évolué vers un style plus froid, aux couleurs franches et aux formes allongées, adoptant ainsi quelques traits du gothique international de Gentile da Fabriano.

 

 

De ses œuvres se dégage une atmosphère rêveuse tout à fait insolite, un peu à la manière de Sassetta (1392-1450/851) .

Cette représentation de Jean Baptiste se retirant dans le désert est un panneau de la prédelle d'un tableau représentant la « Vierge à l'Enfant avec des saints» sans doute peint pour l'église saint Augustin de Sienne (actuellement à New York).

Les autres panneaux représentent la naissance de Jean Baptiste, le baptême de Jésus, et le banquet d'Hérode.

 

Le jeune saint est représenté deux fois : au départ du domicile de ses parents et lors de la marche dans le désert.
Le jeune Jean Baptiste quitte sa ville par la porte pour s'enfoncer dans le désert aride. Il est représenté à nouveau de la même taille au loin. Il apparaît donc comme un géant montant la montagne. La tête et le torse de ces deux représentations sont identiques, le balluchon qu'il porte à l'épaule a juste changé de côté !

Le tableau montre comment Jean Baptiste renonce à la ville, laissant derrière lui les champs cultivés, représentés dans un beau damier de verts variés, qui contrastent avec le monde aride et rocheux du désert.

Au-delà, le chemin se poursuit vers une région lointaine où règne une atmosphère irréelle faite de couleurs glaciales bleues et blanches. Une rivière sombre sépare les deux domaines, et forme comme une ligne d'horizon.

Le message de Jean Baptiste, qui sera la voix qui crie dans le désert, atteindra toutes les nations pour préparer la venue du Seigneur.



Le texte biblique

Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu.

 Parlez au cœur de Jérusalem et proclamez que son service est accompli, que son crime est pardonné, et qu'elle a reçu de la main du Seigneur double punition pour toutes ses fautes.

 Une voix proclame : « Préparez à travers le désert le chemin du Seigneur. Tracez dans les terres arides une route aplanie pour notre Dieu.

 Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées, les passages tortueux deviendront droits, et les escarpements seront changés en plaine.

Alors la gloire du Seigneur se révèlera et tous en même temps verront que la bouche du Seigneur a parlé. »

 Une voix dit : « Proclame ! », et je dis : « Que dois-je proclamer ?- Toute créature est comme l'herbe,toute sa grâce est comme la fleur des champs :

l'herbe se dessèche et la fleur se fane quand passe le souffle du Seigneur. En effet, le peuple est comme l'herbe.

L'herbe se dessèche et la fleur se fane, mais la parole de notre Dieu demeure pour toujours. »

 Monte sur une haute montagne, toi qui portes la bonne nouvelle à Sion. Elève la voix avec force, toi qui portes la bonne nouvelle à Jérusalem. Elève la voix, ne crains pas. Dis aux villes de Juda :

« Voici votre Dieu. »

Voici le Seigneur Dieu : il vient avec puissance et son bras est victorieux. Le fruit de sa victoire l'accompagne et ses trophées le précèdent.

 Comme un berger, il conduit son troupeau : son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, et il prend soin des brebis qui allaitent leurs petits.

 

Is 40, 1-11



Commentaires

Ce chapitre 40 ouvre la deuxième partie du livre d’Isaïe. Le contexte historique a changé, tant sur le plan international que pour le peuple d’Israël. C'est maintenant la fin de l'exil, peu avant 538. Cyrus le Perse apparaît comme le nouveau maître du Proche Orient ; il va conquérir Babylone et autoriser les exilés à rentrer chez eux. Le thème majeur de cette partie du livre d'Isaïe (chapitres 40-55) est celui du retour, de la restauration, du salut pour le peuple entier. L'annonce d'une victoire imminente de Cyrus est interprétée comme salut pour le peuple en exil. C'est le « livre de la consolation ».

En effet le long silence de l'exil est déchiré par le double impératif : « Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. »

C'est d'abord un messager de Dieu qui parle à ses frères : quelqu’un, dont on ne précise pas l’identité, se fait l’écho d’une invitation  du Seigneur à « consoler » son peuple ; le destinataire de cette exhortation n’est pas non plus précisé, mais l’adresse au pluriel évoque un collectif. Dès ce verset, l’annonce d’une « consolation » retentit en réponse à la grande détresse de l’Exil. Par ailleurs, la voix presse de parler « au cœur de Jérusalem» ; ce qui veut dire, selon l’acception biblique du mot « cœur » que la consolation va devoir, non pas émouvoir le sentiment, mais toucher l’intelligence et la volonté.

Puis une autre voix anonyme, (messager, ange) appelle le prophète à tracer dans le désert le chemin du retour,

La dernière voix (ou la même ?), anonyme elle aussi, entre en dialogue avec une quatrième pour proclamer que la parole de Dieu est plus forte que la fragilité du peuple, et qu'elle demeure pour toujours. S’ouvre désormais le temps de la consolation. Le texte insiste moins sur l'identité des consolateurs que sur l'intensité de la consolation et son origine divine.

 

Qu'annoncent ces voix ?

Fondamentalement que Celui qui semblait absent  ou indifférent reste fidèle à sa promesse d’accompagner son peuple et de le faire vivre. Ce qui doit être d’abord proclamé, c’est la fin de la « colère » de Dieu envers son peuple, et son pardon : « Criez-lui que sa faute est expiée ». Et, plus encore, aux v.9-11 : « Dis aux villes de Juda : voici votre Dieu »« Le Seigneur Dieu vient avec puissance, son bras assure son autorité… », Dieu vient pour rassembler son peuple et le conduire vers la liberté.


    Néanmoins, le peuple doit se préparer à accueillir son Seigneur : « Dans le désert, frayez le chemin du Seigneur; dans la steppe, aplanissez une route pour notre Dieu….Que toute montagne et toute colline soient abaissées… ». L’évocation de montagnes fait sans doute allusion  à ce que nous appelons des « montagnes d’orgueil », à toutes les forces d’opposition et de refus : il faut ouvrir une route d’humilité que le Seigneur empruntera pour venir.

 
Il y a entre ces annonces des considérations sur l’éphémère de la « chair » qui passe aussi rapidement qu’une herbe se fane ; au contraire le prophète souligne la permanence absolue de la parole  de Dieu, il proclame la confiance que l’on peut mettre dans le Seigneur.

 

 

 

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