En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

les fils de Zébédée

Publié le Mercredi 2 mars 2011


Paolo Caliari, di Veronese (1528-1588), la femme de Zébédée intervenant auprès du Christ pour ses fils, 1550 env., Burghley, Stamford, Grande Bretagne.

 

Véronèse, peintre vénitien, est connu comme un grand coloriste. Ses travaux les plus célèbres sont des cycles narratifs raffinés, exécutés selon le style dramatique et coloré des maniéristes, avec des arrangements majestueux et scintillants.

 

Alors qu'il n'avait pas encore vingt ans, Paul Véronèse avait déjà signé plusieurs retables  pour des églises de Vérone et décoré des façades de maisons, ce qui lui avait donné une certaine réputation.

Ce retable des fils de Zébédée est composé de deux parties, l'une inférieure pour le monde terrestre et l'autre supérieure pour le monde céleste ; elles sont séparées par un espace nuageux donnant au tableau une profondeur qui est soulignée par un bâtiment que Veronèse représentait souvent au début de sa carrière.

 

Au centre du groupe de personnages les deux disciples Jacques et Jean, l'un plus âgé, barbu, s’appuie sur un bâton de marche avec sa besace, l'autre plus jeune drapé dans un manteau rouge ; ils sont prêts à suivre Jésus qu'ils regardent avec insistance. Devant eux la mère de ces deux fils de Zebédée implore Jésus ; les disciples sont massés autour, et assistent à la scène circonspects. Enfin Jésus enrobé de lumière, auréole et vêtements, a une attitude imposante, il parle de manière autoritaire, l'index levé.

 

La partie supérieure est consacrée au monde divin. Deux anges supportent la coupe. Les harmonies coloristes des drapés des anges soutenant le calice font véritablement honneur au talent de Véronèse. Dieu émerge d'une ribambelle d'angelots, et, tout puissant, d'un grand geste ample il ordonne le monde.



Le texte biblique

 Les disciples étaient en route avec Jésus pour monter à Jérusalem ; Jésus les précédait ; ils étaient effrayés, et ceux qui suivaient étaient aussi dans la crainte. Prenant de nouveau les Douze avec lui, il se mit à leur dire ce qui allait lui arriver :

« Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l'homme sera livré aux chefs des prêtres et aux scribes, ils le condamneront à mort, ils le livreront aux païens,

ils se moqueront de lui, ils cracheront sur lui, ils le flagelleront et le tueront, et trois jours après, il ressuscitera ».

 Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s'approchent de Jésus et lui disent : « Maître, nous voudrions que tu exauces notre demande. »

Il leur dit : « Que voudriez-vous que je fasse pour vous ? »

 Ils lui répondirent : « Accorde-nous de siéger, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ta gloire.»

Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire, recevoir le baptême dans lequel je vais être plongé ? »

 Ils lui disaient : « Nous le pouvons. » Il répond : « La coupe que je vais boire, vous y boirez ; et

le baptême dans lequel je vais être plongé, vous le recevrez.

Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, il ne m'appartient pas de l'accorder, il y a ceux pour qui ces places sont préparées. »

 Les dix autres avaient entendu, et ils s'indignaient contre Jacques et Jean.

 Jésus les appelle et leur dit : « Vous le savez : ceux que l'on regarde comme chefs des nations païennes commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir.

 Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur.

Celui qui veut être le premier sera l'esclave de tous :

 car le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. 

 

Marc 10, 32-45



Commentaires

Jésus et ses disciples sont en route vers Jérusalem ; pour la troisième fois Jésus annonce sa passion et cela va entraîner la requête de Jacques et Jean, les fils de Zébédée.

Ils demandent à siéger à droite et à gauche de Jésus dans la gloire, contraste entre la passion et la gloire de Jésus ! Il y a là toute la pédagogie de Marc qui consiste à faire passer les disciples de la pensée de la gloire du Messie à celle du chemin qui y mène, chemin de souffrances et d'humiliations. Aux demandes de Jacques et de Jean, Jésus répond en faisant découvrir les conditions pour accéder à la gloire.

 

Deux images sont utilisées : celle de la coupe et celle du baptême. La coupe est celle que Dieu donne à boire à son Fils, c'est une coupe d'amertume, comme c'est la plupart du temps dans l'Ancien Testament : Dieu laissera Jésus boire la coupe de la colère, c’est-à-dire de la violence des hommes qui refusent sa proposition d’amour. Quant à l'image du baptême, c'est celle du plongeon, de la mort dans les eaux, passage vers la vie avec Dieu. Jésus pose la question directement : pouvez-vous partager ma mort ?

 

Jacques et Jean acquiescent, ils disent le pouvoir. Marc présente donc deux personnages qui ont bien compris où Jésus voulaient les mener (quand Marc écrit Jacques est déjà mort martyr en 44). Jésus refuse, la distribution des places n'est pas de son ressort, c'est le Père qui décide, c'est déjà préparé.

 

Alors les dix autres disciples s'indignent, ne partagent-ils pas discrètement la même ambition ?

Et Jésus donne des explications prenant en compte la politique de son temps, et de tous les temps. Les chefs des nations, les grands, les notables veulent exercer leur domination. Mais parmi les disciples, il ne peut pas en être ainsi, Jésus exclut catégoriquement le modèle politique. Il y avait certainement des compétitions au sein même de l'Église primitive, comme il y en a eu de tout temps ! Et pourtant, dans la communauté des disciples chacun doit être le serviteur de tous ; et même l'image du serviteur est doublée et accentuée par celle de l'esclave. Ce terme d'esclave accentue la dépendance à l'égard de celui qu'on sert. Il y a de plus un élargissement, il ne s'agit non plus seulement d'être serviteur, mais d'être esclave de tous : il ne faut pas choisir parmi ceux que l'on doit servir.

Ce principe énoncé par Jésus est révolutionnaire. Il ne met pas en cause la diversité des services : certains services sont plus en vue que d'autres et impliquent une certaine autorité ! Dans l'Église primitive existe une certaine ordonnance des services (1 Co 12,28), mais tous ont le même Seigneur et il y a une égalité fondamentale entre les divers serviteurs. Il est affirmé que chaque chrétien a reçu un don à mettre au service des autres et doit estimer le don de l'autre supérieur au sien.

 

« Le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »  Ainsi Marc conclut notre passage et les trois annonces de la passion en réaffirmant que le Christ lui-même se proclame serviteur. La passion ne doit pas être interprétée de manière doloriste, le chemin de croix, ce n'est pas d’abord souffrir, mais c'est d'abord servir, suivre le Christ - serviteur , qui sert jusqu'au don de sa vie pour tous les hommes.

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