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Un chemin spirituel en suivant saint Jean Climaque : degré 26, le discernement des pensées, des passions et des vertus

Publié le Lundi 11 avril 2011


Echelle céleste de saint Jean Climaque, monastère du mont Sianï, entre 1280 et 1300

 

C'est l'icône la plus connue de l'échelle de Climaque, elle vient  du monastère sainte Catherine du mont Sinaï

Le monastère saint Catherine est l'un des plus anciens monastère encore en activité. Il est situé au pied du mont Sinaï, construit sur ordre de l'empereur Justinien entre 527 et 565 autour du buisson ardent mentionné dans le livre de l'Exode (chap 3). Le Sinaï fut conquis au 7e siècle par les Arabes, mais le monastère est resté un foyer chrétien.

La bibliothèque du monastère est, pour ses manuscrits anciens, la seconde plus riche au monde après la bibliothèque Vaticane. Elle conserve plus de 3 500 volumes en grec, copte, arabe, arménien, hébreu, géorgien, syriaque. Parmi ceux-ci figure une bible du 6e siècle.

Le monastère possède une très importante collection de mosaïques, icônes, grecques et russes, calices et reliquaires.

C'est dans ce monastère que l'on trouve les plus anciennes icônes, datant même d'avant la période iconoclaste.

Cette icône date du 13e siècle et représente de manière épurée l'échelle de Jean Climaque.

La composition est superbement organisée : l'échelle divise la scène en deux parties égales.

La partie supérieure représente les moines qui grimpent les échelons de la vertu et se dirigent vers le Christ qui, les bas ouverts, accueille les ascètes au paradis.

Des inscriptions donnent le nom de quelques personnages : En haut de l'échelle un personnage habillé de blanc est l'archevêque saint Antoine. Et le personnage tout en haut de l'échelle à qui le Christ tend la main est saint Climaque lui-même.

Dans la partie inférieure les moines qui n'ont pas persévéré sont capturés par les diables qui les emportent en enfer représenté sous la forme d'une tête monstrueuse.

Ces diablotins sont prêts à lancer des flèches vers les moines, ceux qui succombent à la tentation sont tirés par des cordes, attirés vers la gueule du monstre noir au bas de l'icône dans laquelle ils tombent la tête la première

La représentation des diables sous la forme de petits personnages grotesques est conforme à la tradition byzantine, qui évite d'évoquer les forces du mal sous des formes terrifiantes et monstrueuses. A la différence de l'Occident médiéval, l'Orient privilégiait en effet le thème de la Résurrection et de la victoire sur le Mal.

A droite en bas de l'icône, au pied d'une montagne un groupe de personnages regardent la scène les mains tendues sans doute attendant leur tour pour grimper à l'échelle, ils sont isolés du reste, ils sont du monde terrestre.

À l'opposé en haut à gauche de l'icône, c'est le monde céleste, un groupe d'anges entonnent leurs cantiques pour tous ceux qui viennent d'atteindre le paradis. Leurs vêtements sont de couleurs fraiches rose et bleu.

 

En haut au centre, un disque brillant doré symbolise Dieu qui envoie ses rayons et illumine toute l'icône.

Le Christ est dans le ciel au cœur d'un cercle, bien séparé du monde. Il sort les mains pour accueillir les personnages arrivés en haut de l'échelle. Il est auréolé et porte un vêtement bleu soulignant sa tunique jaune/doré  rappelant le doré du disque du haut de l'icône

 



Le texte biblique

Quand Jésus vit la foule, il gravit la montagne. Il s'assit, et ses disciples s'approchèrent.

 Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait :

 « Heureux les pauvres de coeur :le Royaume des cieux est à eux !

 Heureux les doux : ils obtiendront la terre promise !

 Heureux ceux qui pleurent :ils seront consolés !

 Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice :ils seront rassasiés !

Heureux les miséricordieux :ils obtiendront miséricorde !

Heureux les coeurs purs :ils verront Dieu !

 Heureux les artisans de paix :ils seront appelés fils de Dieu !

 Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice :le Royaume des cieux est à eux !

Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.

Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ! C'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.

 « Vous êtes le sel de la terre. Si le sel se dénature, comment redeviendra-t-il du sel ? Il n'est plus bon à rien : on le jette dehors et les gens le piétinent.

 Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée.

 Et l'on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.

De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est dans les cieux. 

Mt 5, 1-16



Commentaires

Texte de l'échelle , degré 26, du discernement des pensées, des passions et des vertus

Perceptions de la volonté de Dieu

 

§1

Le discernement, chez les commençants, est une connaissance vraie d'eux-mêmes; chez les progressants, c'est un sens spirituel qui distingue sans erreur le vrai du bien seulement naturel ou de son rentraire; chez les parfaits, c'est une science qui leur vient d'une illumination divine, et qui peut éclairer de sa lumière ce qui est obscur chez les autres. Ou peut-être, d'une façon générale, le discernement est et se définit : la perception certaine de la volonté de Dieu en toute occasion, en tout lieu et en toute circonstance; elle se rencontre seulement chez ceux qui sont purs de cœur, de corps et de bouche.

Le discernement est une conscience dans souillure et une sensibilité purifiée.

 

 

§4

Il y a trois causes générales à tous les combats que les démons nous livrent : la négligence, l'orgueil ou l'envie des démons. La première est déplorable, la seconde très misérable, mais la troisième est une bénédiction.

 

§5

Que notre conscience soit, après Dieu, notre direction et notre règle en toute chose, afin que, sachant d'où souffle le vent, nous puissions tendre nos voiles en conséquences.

 

§ 28

Certes, si « celui qui a changé la mer en terre ferme est vraiment en nous, notre Israël lui aussi, je veux dire, notre esprit qui contemple Dieu, traversa sûrement cette mer à l'abri des flots, et nous verrons les Egyptiens sombrer dans la mer des larmes. Mais s'il n'a pas encore fait sa demeure en nous, qui pourra affronter le fracas des flots » (Ps 64,8), c'est à dire de notre chair ?

 

§29

Si Dieu se lève en nous par nos actions, ses ennemis seront dispersés; et si nous nous approchons de lui par la contemplation, ceux qui haïssent s'enfuiront de devant sa face et de la notre (cf Ps 67,2).

 

§30

Efforçons nous d'apprendre les choses divines plus par nos travaux et par nos sueurs que par de simples paroles; en effet, au moment de notre mort, ce sont des actes et non des mots qu'il faudra présenter.

 

§39

Tout ce qui nous arrive de visible et d'invisible peut être accueilli par nous dans une bonne, une mauvaise ou une moyenne disposition. J'ai vu trois frères subir un dommage : le premier se mit en colère, le second contint son chagrin, et le troisième récolta une grande joie.

 

§96

Ceux qui désirent apprendre la volonté du Seigneur doivent d'abord mortifier la leur. Ensuite, après avoir prié Dieu avec foi et une simplicité sans malice, qu'ils interrogent les pères et mêmes les frères avec humilité de cœur, sans aucune pensée de doute, et qu'ils reçoivent alors leurs conseils comme de la bouche de Dieu, même si ces avis sont contraires à leurs propres aspirations et même si ceux qu'ils consultent ne sont pas très spirituels. Car Dieu n'est pas injuste; il n'induirait pas en erreur les âmes qui avec foi et simplicité se soumettent humblement au conseil et au jugement de leur prochain. Quand bien même ceux qui sont consultés seraient des bêtes sans raison, celui qui parle est l'immatériel et l'invisible. Ils sont remplis d'une grande humilité, ceux qui consentent à être guidés par cette règle sans admettre le moindre doute. Car si quelqu'un résolvait ses difficultés sur la harpe (cf Ps Ps 48,;5), ne pensez-vous pas qu'un esprit raisonnable et une âme spirituelle pourront nous apporter une réponse d'une manière bien meilleur qu'un objet inanimé ?

 

§122

Le discernement est une lampe dans les ténèbres, une voie de retour pour les égarés, une lumière pour ceux dont la vue est faible. Celui qui le possède retrouve la santé et détruit la maladie.

 

 

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