En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Le bon berger

Publié le Lundi 16 mai 2011


James Tissot, 1836-1902, le bon Pasteur (extrait de la Vie de Notre Seigneur Jésus Christ) 1886-1894.

 

James Tissot est un peintre de facture classique mais inclassable. Il connaitra un franc succès en Europe et aux USA, par ses scènes de la vie mondaire de l'époque victorienne.

À la mort de sa bien-aimée, Kathleen Newron, en 1882 il trouva refuge dans la religion, et consacrera la fin de sa vie à l'illustration de la Bible. Il fera trois voyages au Moyen Orient, en Palestine et à Jérusalem, pour découvrir les paysages et les habitants dont il crayonne les portraits, ce qui apportera beaucoup d'authenticité à ses compositions. Il voulait avoir une idée réelle de la façon dont pouvaient être les premeirs chrétiens.

 

Ses 365 séries de dessins, aquarelles, gouaches illustrant la vie du Christ ont été accueillies avec enthousiasme lors des expositions parisiennes (1894), londoniennes (1896) ou new yorkaises (1898). ses oeuvres furent acquises par le Brooklyn Museum.

Pour cette gouache du bon berger, James Tissot fit un commentaire, estimant que cette parabole était la plus belle des Evangiles. Il dit s'être inspiré des représentations des catacombes de Rome, mais il a voulu s'éloigner des représentations bien connues pour se rapprocher des situations qu'il a lui-même obeservées.

Il mêle les paysages campagnards, montagneux, reconstitués, et ici, dans le lointain une ville, un temple, sans doute celui de Jérusalem dont il a étudié méticuleusement les documents archéologiques.

Jésus apparait dans presque toutes les images. Il est toujours très bien vêtu, presque élégant, d'un vêtement blanc, mais apparait toujours impassible.

 

Quel que soit le moment représenté, Tissot apporte à son travail un éclat artistique et technique d’une richesse presque cinématographique dans les détails, (il avait un appareil de photo lors de ses voyages), un sens de la vision dramatique et psychologique et un degré d’exactitude archéologique rarement trouvé dans les représentations antérieures de ce thème.

On est entre une vision réaliste de la vie du Christ et un sentiment d'immatérialité qui a décontenancé beaucoup de ses contemporains de cette fin du 19e siècle

 

 



Le texte biblique

Je suis le bon pasteur, le vrai berger. Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis.

Le berger mercenaire, lui, n'est pas le pasteur, car les brebis ne lui appartiennent pas : s'il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s'enfuit ; le loup s'en empare et les disperse.

Ce berger n'est qu'un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui.

 Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent,

 comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis.

J'ai encore d'autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur.

 Le Père m'aime parce que je donne ma vie pour la reprendre ensuite.

Personne n'a pu me l'enlever : je la donne de moi-même. J'ai le pouvoir de la donner, et le pouvoir de la reprendre : voilà le commandement que j'ai reçu de mon Père. »

 

Jn 10, 11-18



Commentaires

Le motif du troupeau est bien connu dans la Bible (Mi 2,12-13; Za 13,7; Is 40,11 …). l'évocation de Dieu en tant que berger de son peuple est aussi souvent évoqué (Ps 23,1-4).

De même les mauvais bergers se retrouvent dans Jérémie,( Jr 23,14). ils sont la ruine du troupeau (cf Ez 34).

Dans l'Evangile de Jean le comportements des voleurs et bandits est dénoncé, ils sont animés d'intentions destructrices; l'incompétence du salarié, l'indifférence au sort du troupeau sont aussi soulignés.

Mais a l'opposé, la sagesse des brebis consiste à ne pas suivre un inconnu, dont la voix ne leur serait pas familière.

Et on arrive à la conclusion que seul Jésus peut prétendre à la fonction de « pasteur » : seul il peut n'avoir une relation intime avec chacune de ses brebis, c'est la source même de son autorité.

 

Le Christ est le vrai bon pasteur : il risque sa vie pour ses brebis et surtout il entretient avec elles un rapport unique enraciné dans sa propre connaissance du Père.

 

Dans la suite du passage le discours déborde sur la situation historique de Jésus pour englober les croyants qui viendront du monde païen et qui par l'intermédiaire des disciples, croiront en lui.

Le rassemblement des croyants attendus pour les derniers temps, se fera autour de Jésus et de sa parole. Et cela se fera grâce à la mort de Jésus et s'enracine dans l'unité existant entre le Père et le Fils. Cette intimité avec le Père, Jésus l'exprime directement, c'est en elle que sa vie et sa mort prennent sens. « Le Père m'aime » et « le commandement que j'ai reçu de mon Père », voilà la source et la fin de l'activité de Jésus. Tout vient du Père, le commandement n'est rien d'autre que l'expression de l'amour. Jean présente la mort de Jésus, comme un acte souverainement libre dans lequel il accomplit le commandement d'amour du Père, en vue d'apporter la vie aux hommes. La passion apparaît ainsi chez Jean comme l'accomplissement volontaire du projet d'amour du Père.

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