En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Evangélisation des païens

Publié le Jeudi 26 mai 2011


Laurent La Hyre, (1606-1656) Pierre guérissant les malades de son ombre 1635, may de Notre Dame de Paris, transept Nord

 

La Hyre est l'un peintre, dessinateur et graveur du 17e. Cet artiste profondément chrétien, dessine et peint dans un style très personnel et très mesuré, tout en subissant les influences successives de l'école de Fontainebleau, (il étudie avec attention les décorations du château de Fontainebleau), des maniéristes et de l'antique dont il acquis une sensibilité ordonnée et classique. Il a une connaissance précise de la perspective.

Ce may de Notre Dame de Paris, avec celui de la conversions de saint Paul, consacrera sa réputation .

Les Mays de Notre-Dame de Paris sont de grands tableaux qui furent commandés presque chaque année, de 1630 à 1707, par la Corporation des orfèvres parisiens pour les offrir chaque printemps, le 1er mai, à leur cathédrale en l’honneur de la Vierge Marie.

 

 

La Hyre montre ici sa réaction contre la fougue de la peinture baroque de son temps.

 

La composition est plus épurée, le cadre dans le quel il place la scène est essentiellement architectural, les colonnes de marbre du temple de Salomon, sont réalisées avec une grande précision.

Le coloris est clair, malgré la force qui ressort de l'apôtre Pierre, au milieu du tableau imposant, dans sa force tranquille. Il passe parmi les malades qui sont allongés devant lui. Au premier plan à droite une femme est étendue, la poitrine dévêtue, tenant son enfant appuyé contre la chanche. Derrière elle, un vieillard se redresse sur un bâton auquel s'appuie un enfant.

Beaucoup de prodiges se réalisaient pour tous les malades venus de partout, par l'intermédiaire des apôtres. Tous faisaient leur éloge, et les hommes et les femmes venaient de plus en plus nombreux autour d'eux, et tous sans distinction étaient guéris. et ils voulaient se convertir à la foi de Jésus

 


 



Le texte biblique

 Comme cela provoquait des discussions assez graves, Pierre se leva et leur dit : « Frères, vous savez bien comment Dieu a manifesté son choix parmi vous dès les premiers temps : c'est par moi que les païens ont entendu la parole de l'Évangile et sont venus à la foi.

Dieu, qui connaît le coeur des hommes, leur a rendu témoignage en leur donnant l'Esprit Saint tout comme à nous ;

sans faire aucune distinction entre eux et nous, il a purifié leurs cœurs par la foi.

Alors, pourquoi mettez-vous Dieu à l'épreuve en plaçant sur les épaules des disciples un joug que nos pères et nous-mêmes n'avons pas été capables de porter ?

Oui, c'est par la grâce du Seigneur Jésus, nous le croyons, que nous avons été sauvés, de la même manière qu'eux. »

Toute l'assemblée garda le silence, puis on écouta Barnabé et Paul rapporter tous les signes et les prodiges que Dieu avait accomplis par eux chez les païens.

Quand ils eurent terminé, Jacques prit la parole : « Frères, écoutez-moi.

 Simon-Pierre vous a rapporté comment, dès le début, Dieu a voulu prendre chez les nations païennes un peuple qui serait marqué de son nom.

C'est ce que confirment les paroles des prophètes, puisqu'il est écrit :

 Après cela, je reviendrai pour reconstruire la demeure de David,qui s'est écroulée ;je reconstruirai ce qui était en ruines,je le relèverai ;

alors, le reste des hommes cherchera le Seigneur, ainsi que les nations païennes sur lesquelles mon nom a été prononcé. Voilà ce que dit le Seigneur. Il réalise ainsi ses projets,

 qui sont connus depuis toujours.


Je suis donc d'avis de ne pas surcharger ceux des païens qui se convertissent à Dieu,

mais de leur écrire qu'ils doivent s'abstenir des souillures de l'idolâtrie, des unions illégitimes, de la viande non saignée et du sang.

 En effet, depuis les temps les plus anciens Moïse a, dans chaque ville, des gens qui proclament sa Loi, puisqu'on en fait la lecture chaque sabbat dans les synagogues. »



Actes 15,7-21



Commentaires

L'Eglise de Jérusalem dans son désir d'annoncer la Bonne Nouvelle à tous était confrontée à un problème concret : fallait-il obliger les païens à la circoncision et à l'observance de la Loi, avec les implications théologiques qui s'en suivaient ? Cela aurait signifié que Dieu n’offre son salut qu’à ceux qui seraient entrés dans le peuple et la religion juives. L’ouverture universaliste du message de Jésus, la certitude des premiers chrétiens qu’il était mort et ressuscité pour tous, tout cela était remis en question, Pierre et Jacques vont intervenir fermement par la parole et par l’action.

Pierre commence par rappeler l'évènement survenu à Césarée, la conversion des premiers païens relatée dans les chapitres précédents des Actes. Il rappelle que Dieu leur a fait don de l'Esprit Saint « comme à nous » et a purifié leur cœur en leur donnant la foi. Ainsi les païens ont-ils tout pour être sauvés.

De cet événement Pierre tire deux conclusions : puisque Dieu a accordé le salut à des païens qui n'observent pas la Loi, c'est donc que la Loi n'est pas nécessaire au salut, et qu’il ne faut pas l'imposer aux non juifs. De plus Pierre se rallie à la position de Paul, il faut comprendre que la « grâce du Seigneur Jésus » suffit pour être sauvé... Si la grâce de Jésus suffit, alors on n'a plus à observer la Loi. Et cela doit être aussi vrai pour les Juifs ! Mais cela ne sera exprimé que plus tard.

 

Jacques quant à lui, va plus loin en montrant que cette ouverture à tous est en conformité avec ce qu’annonçaient les Écritures. Il dégage la même conclusion d'ordre pratique, mais il l'assortit de la prescription de mesures concrètes à observer.

 

Comme Pierre, Jacques reconnaît que cette ouverture aux païens est conforme au dessein de Dieu, il rappelle l'oracle d'Amos (9,11ss) selon le texte grec de la Septante : «  En ce jour-là, je relèverai la hutte de David,qui s'écroule ; je réparerai ses brèches, je relèverai ses ruines, je la rebâtirai telle qu'aux jours d'autrefois, afin que le reste des hommes me cherche ainsi que toutes les nations sur lesquelles mon nom a été prononcé, déclare le Seigneur, qui fera tout cela. ».

Sans doute avec Jésus et l'arrivée des temps messianiques s'est opéré le relèvement de la tente de David, lequel devait rendre possible l'adjonction des païens au peuple de Dieu.

Si Dieu a ouvert la porte à des païens qui n'observaient pas la Loi, il ne faut donc pas chercher à la leur imposer.

Mais certaines mesures semblent tout de même indispensables : s'abstenir des souillures des idoles, de la porneia (unions illégitimes), de manger des viandes non saignées. Ces mesures pourraient rappeler celles prescrites en Lévitique17-18 aussi bien au peuple d'Israël et aux étrangers résidant au milieu de lui : l'observance de ces règles rendaient possible la coexistence et les contacts entre les deux groupes sans risque d'impureté rituelle. Ainsi ces mesures permettent la coexistence entre chrétiens d'origine juive et chrétiens d'origine païenne. Ils pourront pratiquer ensemble le partage du repas et la fraction eucharistique du pain.

L'important est de souligner l'ouverture aux païens, et qu'elle correspond au dessein de Dieu « qui veut que tous les hommes soient sauvés » (1 Tm 2,. Chaque groupe peut vivre l'Evangile avec ses propres sensibilités, rien ne venant contredire la certitude essentielle selon laquelle « c'est par la grâce du Seigneur Jésus que nous croyons être sauvés ».

 

 

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