En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Saint Laurent : donner sans compter

Publié le Mercredi 10 août 2011


Vincent van Gogh. (1853-1890) Semeur au coucher du soleil . Juin 1888. Huile sur toile. Rijksmuseum Kröller-Müller, Otterlo, Pays-Bas.

 

Vincent avait réalisé une copie du Semeur de Millet en 1880, avant de réaliser ses propres variations sur le sujet. Dans une lettre adressée à Emile Bernard, Van Gogh présenta le semeur et la gerbe de blé comme les symboles de l'infini. Il fera référence au cycle de la croissance, de la floraison et de la récolte dont le point de départ est le semis.

 

Van Gogh avait toute sa vie vénéré Jean-François Millet, l’auteur de la plus célèbre icône de la paysannerie française.  Van Gogh a gardé son style propre plus coloré, soleils jaunes, champs de blé dorés, à l’encontre de celui de Millet, dont la palette restait plus subtilement monochrome,

Interné à l’asile de Saint-Rémy de Provence, Van Gogh ne pouvant travailler d’après nature, s’attachait à transposer à l’huile, grâce à une transcription fidèle, obsessionnelle de l'art de Millet qu’il considérait comme une activité quasi religieuse.

Millet avait peint les gestes éternels du “Semeur”, de la “Paysanne arrachant des pommes de terre”, de la “Méridienne”, “Les premiers pas”, “Le moissonneur à la faucille”... 


Van Gogh rendait par touches violentes et une palette fougueuse, la matérialité des choses. C’est à cette époque qu’il écrit à Théo, son frère: “Je laboure comme un vrai possédé. J’ai une fureur sourde de travail plus que jamais. Et je crois que cela contribue à me guérir...” 


L’un des soucis majeurs de Van Gogh sera de réussir à rester fidèle à la réalité,et à maîtriser les nouvelles préoccupations religieuses qui accompagnent ses crises de démence... 


La figure humaine, le semeur, anime le paysage comme point focal de la composition, il en parle dans ses lettres à ses amis John Russell et Emile Bernard et plus tard il en fera deux dessins ppour Bernard et Théo.

Le tableau juxtapose en contraste des couleurs violentes jaunes de la partie supérieure et les violet dans la partie inférieur. Ces contrastes sont radoucis par les touches violette présentes dans le ciel, et le sillon jaune et orange dans le champ.

La peinture devrait donc “utiliser l’ordinaire pour exprimer le sublime. C’est là qu’est la réelle puissance”, pensait Millet. Et Van Gogh d’écrire: “Je pense souvent que les paysans constituent un monde à part, meilleur à bien des égards que le monde civilisé.” 



Le texte biblique

 Rappelez-vous le proverbe :A semer trop peu, on récolte trop peu ; à semer largement, on récolte largement.

Chacun doit donner comme il a décidé dans son coeur, sans regret et sans contrainte ; car Dieu aime celui qui donne joyeusement.

Et Dieu est assez puissant pour vous donner toute grâce en surabondance, afin que vous ayez en toute chose et toujours tout ce qu'il vous faut, et que vous ayez encore du superflu pour faire toute sorte de bien.

L'Écriture dit en effet : L'homme qui donne aux pauvres à pleines mains demeure juste pour toujours.

 Dieu, qui fournit la semence au semeur et le pain pour la nourriture, vous fournira la graine ; il la multipliera, il donnera toujours plus de fruit à ce que vous accomplirez dans la justice

 

2 Corinthiens 9,6-10 



Commentaires

La deuxième épitre aux Corinthiens est destinée aux chrétiens disséminés en Achaïe (Nord ouest du Péloponnèse) dont Corinthe était la capitale, pour préparer la venue de Paul. Il s'agit ici d'une exhortation à participer à la collecte organisée par l’apôtre pour soutenir les communautés de Jérusalem et de Judée menacées par la famine. Pour Paul la collecte est plus qu’un geste de solidarité, elle manifeste la communion des Eglises en Christ, quelles que soient les origines des chrétiens, qu’ils viennent du judaïsme (Jérusalem, Judée) ou du paganisme (Corinthne) ; tous sont frères et responsables les uns des autres.

L’exhortation à donner sans contrainte devant Dieu, joyeusement, se fonde ici sur une théologie de la création. C’est Dieu qui le premier a donné aux hommes la vie et ne cesse de la leur donner à profusion. Donner c’est entrer dans le mouvement même du don de Dieu !

 

Pour commencer Paul utilise une formule tirée d'un proverbe Pr 11,24 ou 22.9. Le choix est donné à chacun, de donner, offrir, consacrer, apporter, fournir, consentir, peu importe, mais la conclusion est claire : Dieu aime celui qui donne joyeusement.

 

Dieu pourvoit à tout et, pour mettre en valeur la profusion qui en résulte, l'adjectif « tout » est utilisé maintes fois : toutes fois, toute chose, toujours, tout ce qu'il vous faut, toute sorte de bien ! Et Paul appuie son exhortation en citant le psaume 112 : l'homme qui donne aux pauvres à pleines mains demeure juste pour toujours. Le juste est celui qui accomplit l'ensemble des devoirs religieux : aumône, prière et jeûne. (cf Mt 6,1). On est dans le concret : c'est en semant pour les fidèles de Jérusalem que les Corinthiens disposeront de plus de semence et de fruit abondant.

 

Dieu fournit la graine, il fait croître, il multiplie, il donne toujours plus de fruit. Au fond, ce que Paul suggère, c’est que celui qui donne imite le mouvement même de Dieu, et participe de la générosité de sa création. Reprenant ici deux citations d'Isaïe (Is 55,10 : « pour qu’elle donne au semeur la semence et le pain » et de Osée (Os 10,12 : « faites vous des semailles de justice, moissonnez des récoltes de bonté », Paul appuie encore son raisonnement sur une démonstration scripturaire, et ainsi souligne tout le profit que les Eglises pourront tirer de la collecte.

Partagez cette page :

Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux

© Cetad 2020 - Tous droits réservés