En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

La croix glorieuse

Publié le Mercredi 14 septembre 2011


Fra Angelico ( vers 1400-1455) saint Dominique adorant la croix, vers 1442, cloitre de San Marco, Florence  

Cette fresque provient du couloir nord du cloitre du couvent saint Marc de Florence, juste en face de l'entrée , ainsi les frères pouvaient la voir plusieurs fois par jour.

Saint Dominique embrasse la Croix, représentée sur un immense fond bleu sans figuration. Cette fresque est dépouillée de détails, conformément à l'esprit de rigueur respecté par les initiateurs de la Réforme de l'Observance à laquelle s'étaient ralliés les moines dominicains de Fiesole. Fra Angelico n'a t-il pas voulu évoquer la présence divine ?

Saint Dominique, embrassant la croix, montre une grande émotion, ses yeux sont baignés de larmes, évoquant la participation mystique de l'Ordre des Dominicains, à la vie et aux souffrances du Christ.

Le corps du Christ sur la Croix est modelé, d'une façon naturelle, tactile. Le Verbe divin a pris chair dans la personne de Jésus. Ce réalisme voulu par Fra Angelico, n'exclut pas un immense respect. La croix est maculée de sang peint à l'hématite (oxyde de fer), soulignant la réalité concrète de la Croix de la souffrance humaine de Jésus.

La Croix elle même est immense, elle surplombe tout l'univers, sur ce fond bleu comme d'un autre monde, d'un monde surnaturel.



Le texte biblique

Le Christ Jésus qui était dans la condition de Dieu, il n'a pas jugé bon de revendiquer son droit d'être traité à l'égal de Dieu ;

mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement,

 il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à mourir, et à mourir sur une croix.

 

 C'est pourquoi Dieu l'a élevé au-dessus de tout ; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms,

afin qu'au Nom de Jésus, aux cieux, sur terre et dans l'abîme, tout être vivant tombe à genoux,

 et que toute langue proclame : « Jésus Christ est le Seigneur »,pour la gloire de Dieu le Père.

Ph 2,6-11



Commentaires

L'Eglise de Philippes à qui Paul s'adresse est menacée, donc elle doit se défendre en resserrant les liens de la communauté, et en restant bien unie.

Pour obtenir cette unité il faut se laisser pénétrer par l'Esprit. Paul sait que cette unité ne s'obtient que par l’humilité mutuelle, chacun considérant les autres comme supérieur à soi-même.

Cette attitude est celle qui convient à celui qui est en Jésus Christ.

Mais elle n’est évidemment pas à la portée de nos efforts humains, elle n’est possible que parce que le Christ d’abord a ouvert la voie, prenant en charge toute l’humanité pour l’entraîner dans son chemin d’abaissement, de mort et de résurrection.

Ce chemin du Christ est stylisé dans un hymne de louange aussitôt cité, qui appartient sans doute à la liturgie primitive des assemblées chrétiennes.

Paul introduit les croyants devant Celui qui, seul, détermine leur existence, quelles que soient les épreuves qu'ils traversent;

 

Cet hymne présente le Christ dans un double mouvement d'abaissement et d'élévation qui le conduit dans les deux cas jusqu'à l'extrême, mort sur une croix, ou élévation de son nom au-dessus de tout nom.

Son abaissement se réfère à la fois à l'évènement de l'incarnation, et à la vie humaine de Jésus jusqu’à la croix. Jésus est dans la condition de Dieu ; comme Adam, créé à l’image de Dieu, il pouvait revendiquer un honneur égal à Dieu, mais il a renoncé à « se faire l’égal de Dieu ».

Celui qui était de condition divine s'est « vidé » (verbe grec qui a donné en français la « kenose »), s'est dépouillé de ce qu'il était dans un acte de liberté et d'amour. Il a accueilli la condition d’homme tout en gardant ce lien qui l'unit à Dieu dans l'amour, la filiation. S'il est homme à part entière, c'est par amour pour son Père et pour les hommes.

Il a pris la condition de serviteur (d'esclave), il a habité pleinement notre humanité, son humanité se donnant à voir dans son aspect extérieur, son comportement.

L'extrémité de cet abaissement est atteint dans la mort sur la croix, l'humilité devient humiliation. La croix est le supplice des esclaves pour le monde greco-romain et malédiction pour le monde juif. Telle est la forme suprême que prend la kénose du Fils de Dieu.

 

La seconde partie de notre texte présente le mouvement inverse : ce n’est plus le Christ qui est sujet, c’est Dieu désormais qui agit : il relève et élève souverainement le Christ : à l'acte d'amour du Fils répondant à l'acte d'amour du Père, le prenant dans sa gloire.

Cette gloire s'exprime par le don du Nom qui est au-dessus de tout nom ; le monde juif ne prononçait pas le nom de Dieu ; aujourd’hui encore il parle respectueusement de Dieu en disant : le Nom.

Mais Jésus a reçu ce nom ; plus encore le Nom divin imprononçable était traduit dans la Bible grecque des juifs par le titre de Seigneur, et c’est ce titre que Jésus reçoit désormais : Jésus-Christ est le Seigneur.

Jésus est élevé souverainement dans un absolu de gloire donné par son Père qui ainsi manifeste l'identité glorieuse du Fils et sa propre paternité.

La conséquence d'une telle élévation est que « tout » confesse la Christ, tout c'est à dire non seulement les croyants, mais aussi toute la création visible et invisible, jusqu'aux extrémités de l'univers (sur terre et dans l'abime), toute la création.

L'humanité toute entière est emmenée dans ce mouvement d'adoration

 

 

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