En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Saint Albert le Grand

Publié le Dimanche 16 octobre 2011


Jésus et Zachée, fresque de la basilique Sant’Angelo in Formis, Capoue (province de Caserte)

 

La basilique de Sant'Angelo in Formis est un des monuments majeurs de la Campanie médiévale. Son histoire est bien documentée par la chronique de l'abbaye du Mont-Cassin (Chronicon Casinense) et les chroniques locales (Regestum S. Angeli in Formis). L’église primitive fut érigée au VIe ou au VIIe siècle sur l’emplacement même d’un temple de Diane. L’église de Sant’Angelo passa sous l’autorité du Mont-Cassin en 1072.

Elle fut reconstruite et ornée par l’abbé Desiderius du Mont-Cassin entre 1072 et 1087, et agrandie par un portique à l’ouest. La décoration de celui-ci ne date en revanche que des dernières décennies du XIIe siècle, suite à la reconstruction partielle du portique (scènes des vies des deux ermites saint Paul et saint Antoine).

Desiderius, abbé du Mont-Cassin (1058-1087), était très lié à la cour de Constantinople et fit venir des artistes byzantins pour décorer le sanctuaire de son abbaye. Les peintures de Sant’Angelo in Formis sont la preuve de leur activité. Les peintures devaient recouvrir totalement les murs de l’édifice,

La nef centrale, divisée en trois registres, montre des scènes de la vie du Christ. Cette décoration rappelle les programmes iconographiques des basiliques paléochrétiennes romaines.

 

Ici est représenté le panneau de l'entrée de Jésus à Jéricho. Jésus est suivi de la foule. A l'entrée de la ville il y a un arbre. Un petit homme, Zachée, est monté dans un arbre. Il est alors au-dessus des autres hommes et peut voir Jésus et Jésus peut le voir.

Jésus mène la foule, il est auréolé. Son manteau est plus coloré, et il porte un rouleau à la main. Il va de l'avant, il avance résolument. Son manteau est mouvementé. De l'autre main il désigne Zachée.

 

Zachée en haut de son arbre, est entouré des branchages, qui forment une bulle autour de lui, comme pour le séparer du reste du monde.

 

Les fleurs qui poussent sur le sol, forment une tache de naturalisme propre au style byzantin et donnent encore plus de fraicheur à la scène.



Le texte biblique

Jésus traversait la ville de Jéricho.

 Or, il y avait un homme du nom de Zachée ; il était le chef des collecteurs d'impôts, et c'était quelqu'un de riche.

 Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il n'y arrivait pas à cause de la foule, car il était de petite taille.

Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui devait passer par là.

Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et l'interpella : « Zachée, descends vite : aujourd'hui il faut que j'aille demeurer dans ta maison. »

Vite, il descendit, et reçut Jésus avec joie.

 Voyant cela, tous récriminaient : « Il est allé loger chez un pécheur. »

 Mais Zachée, s'avançant, dit au Seigneur : « Voilà, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j'ai fait du tort à quelqu'un, je vais lui rendre quatre fois plus. »

09 Alors Jésus dit à son sujet : « Aujourd'hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d'Abraham.

 En effet, le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »

 

Lc 19, 1-10



Commentaires

Jésus sur sa route vers Jérusalem traverse Jéricho.

Zachée appartient à la catégorie de pécheurs notoires et des publicains, il en est le chef. Jésus a l'habitude de fréquenter les publicains, il a partagé des repas avec eux. Luc le présente comme le modèle du pécheur repenti. Zachée est riche, ce qui constitue un obstacle pour répondre l'appel évangélique.

 

Zachée est au milieu de la foule, qui s'interpose, sa petite taille l'empêche de voir qui est Jésus et par conséquent d'être vu par Jésus. Zachée court monter sur un arbre. Et pourtant cela n'est pas conforme à son rang social et à sa dignité.

Jésus lève les yeux, le voit et s'invite lui-même chez Zachée. Ce diner, cette nuit appartiennent au plan de salut de Dieu : c'est aujourd'hui, il faut faire vite, cela laisse présager un autre aujourd'hui, celui même du salut.

 

Que Jésus soit entré loger chez un homme pécheur provoquent une réaction de la part de la foule : tous grondent, se rebellent contre le comportement de Jésus.

 

La joie de Zachée chez qui Jésus vient dîner lui dicte aussitôt les mesures qui s'imposent, en particulier à propos de son rapport à l'argent. Pour Zachée le salut vient aujourd’hui et avec lui l’urgence d’une conversion. Il reconnaît Jésus comme le Seigneur, il annonce qu'il va donner aux pauvres la moitié de ce qui lui appartient. Il ne suit pas le conseil de tout donner , mais s'engage à partager strictement, conformément à ce que demandait Jean Baptiste.

Il lui faut aussi rendre au quadruple, sur la moitié restante, à celui qu'il aurait lésé. L'aumône pratiquée à une telle échelle et la réparation des torts causés sont les signes d'une conversion totale.

 

Puis Jésus s'adresse alors à ceux qui ne supportent pas qu'il accepte l'hospitalité d'un pécheur.

Il parle à nouveau de l'aujourd'hui ; ce n'est plus seulement celui du séjour passager du Maître dans la maison, mais celui du salut pour ceux qui y demeurent. Luc insiste en rappelant l'appartenance de Zachée à la race d'Abraham : en offrant le salut au publicain en chef, Dieu est fidèle à la promesse qu'il avait faite à Abraham, sa bénédiction est offerte à tous les hommes.

Jésus est bien au cœur de sa mission : chercher et ramener la brebis perdue.

Pour Luc le salut est offert par Dieu qui en a l'initiative, mais il faut que l'homme l'accueille par sa conversion, une démarche concrète à l'égard d'autrui, notamment du pauvre.

Partagez cette page :

Méditations récentes

Jérémie appelle à la conversion
L’opulence promise
L’opulence promise
Publié il y a 14 jours
L’arrogance
L’arrogance
Publié le Mercredi 15 juillet 2020
La bénédiction du dépouillement
La bénédiction du dépouillement
Publié le Mercredi 8 juillet 2020
Toutes les méditations
cours en ligne

Pour aller plus loin, participez à nos cours en ligne

Voir les cours

Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux

© Cetad 2020 - Tous droits réservés