En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

l\'avent avec Isaïe : 3 Sion restaurée

Publié le Jeudi 15 décembre 2011


 

Quentin Metsys 1465/66-1530, triptyque de la confrérie saint Anne à Louvain, 1507-09, Musée des Beaux arts de Bruxelles.

 

Quentin Metsys , venu de Louvain, illustre le changement des activités artistiques entre le gothique moyenâgeux et la Renaissance.

 

Ce triptyque commandé en 1507, par la confrérie de Sainte Anne de Louvain pour sa chapelle saint Pierre. Il est, dans sa monumentalité et l'harmonie de sa composition, comme un manifeste de l'apparition de la Renaissance. Metsys, ami d'Erasme, est la figure principale du monde artistique de ce premier tiers du 16e.

 

Le retable comporte cinq scènes de la vie d'Anne, mère de la Vierge et de son époux Joachim.

Le panneau central présente la grande famille de Sainte Anne, elle qui était stérile. Anne et la Vierge tenant l'Enfant sont assises sur un banc et dominent la composition. La seconde fille d'Anne, Marie Cléophas, est assise aux pieds de la Vierge avec ses fils Jacques le Mineur, Simon, Thaddée et Joseph. Un manuscrit sur les jambes de ce dernier comporte une enluminure qui représente le roi David. Ceci fait allusion aux ancêtres du Christ

La troisième fille d'Anne, Marie Salomé, est assise aux pieds de sa mère avec ses deux fils, Jacques la majeur et Jean l'Évangéliste. Ce dernier est identifié par l'encrier attaché à sa ceinture.

Les quatre hommes derrière la balustrade sont Joachim et ses gendres, Joseph, Alphée et Zébédée.

 

Les lointains sont traités à la manière de Léonard de Vinci dont s'inspire aussi la suavité du dessin de ces visages aux yeux légèrement bridés, à la bouche menue.

 

Les épisodes marquants de la vie d'Anne et de Joachim sont évoqués sur les volets du triptyque.

 

Le cycle narratif qui débute sur les volets extérieurs (non reproduits ici) dépeint essentiellement le drame de la stérilité du couple et de la maternité tardive d'Anne. A gauche a lieu le don fait au temple par le couple jeune en faveur des pauvres. Sur le volet droit, le grand prêtre refuse l'offrande de Joachim âgé car il n'a pas d'enfant. Le temps écoulé entre les deux scènes est indiqué par la barbe de Joachim et le changement d'apparence du prêtre.

 

Ici est représenté le triptyque ouvert, où est montré la poursuite du cycle : sur le volet intérieur gauche, un ange annonce à Joachim la naissance de Marie. La conception de la Vierge, par l'échange d'un chaste baiser entre les époux devant la Porte dorée, a lieu près du mur d'enceinte de la ville. Le cycle se clôture par la mort d'Anne représentée sur le volet intérieur droit.



Le texte biblique

Crie de joie, femme stérile, toi qui n'as pas eu d'enfants ;éclate en cris de joie et d'allégresse, toi qui n'as pas éprouvé les douleurs de l'enfantement ! Car la femme abandonnée aura plus d'enfants que celle qui a son mari, déclare le Seigneur.

Élargis l'espace de ta tente, déploie sans hésiter la toile de ta demeure, allonge tes cordages, renforce tes piquets !

Car ta descendance va éclater dans toutes les directions. Elle recueillera l'héritage des nations, elle peuplera des villes abandonnées.

 Ne crains pas, tu ne seras pas confondue ; n'aie pas honte, tu n'auras plus à rougir, car tu oublieras la honte de ta jeunesse, tu ne penseras plus au déshonneur d'avoir été abandonnée.

Ton époux, c'est ton Créateur,« Seigneur de l'univers » est son nom. Ton Rédempteur, c'est le Dieu Saint d'Israël, il se nomme « Dieu de toute la terre ».

Oui, comme une femme abandonnée et désolée, le Seigneur te rappelle. Est-ce qu'on rejette la femme de sa jeunesse ? dit le Seigneur ton Dieu.

 Un moment je t'avais abandonnée, mais dans ma grande tendresse je te rassemblerai.

Ma colère avait débordé,et un moment je t'avais caché ma face. Mais dans mon amour éternel j'ai pitié de toi, dit le Seigneur, ton Rédempteur.

C'est ainsi qu'au temps de Noé, j'ai juré que les eaux ne submergeraient plus la terre. De même, je jure de ne plus me mettre en colère contre toi, et de ne plus te menacer.

 Quand les montagnes changeraient de place, quand les collines s'ébranleraient, mon amour pour toi ne changera pas, et mon Alliance de paix ne sera pas ébranlée, a déclaré le Seigneur, dans sa tendresse pour toi.

 

Is 54,1-10



Commentaires

Joie annoncée, joie de l'annonce de la Bonne Nouvelle !

Ici Isaïe utilise l'image de la fécondité de la femme stérile de manière bien émouvante.

Ce passage, qui suit l'évocation de la figure humiliée du serviteur souffrant (chap 53), décrit une femme humiliée dans sa stérilité et appelée à se réjouir de la venue en nombre de ses enfants.

Vision de Sion, abandonnée dans l'exil, et maintenant appelée à l'allégresse par son Dieu.

 

Ici Jérusalem voit accourir la foule de ses nouveaux enfants : « la femme abandonnée aura plus d'enfants que celle qui a son mari, sa descendance va éclater dans toutes les directions ». Ceux-ci recueilleront l'héritage des nations. Comme le serviteur elle a connu l'humiliation, mais comme lui elle sera  « justifiée ».

Dieu révèle son projet de bonheur et de paix.

A la femme stérile et abandonnée est annoncée une promesse de grande fécondité, car après le temps de l'Exil est annoncée une alliance de paix indéfectible de la part du Seigneur.

 

La femme stérile est appelée à crier de joie !! Elle va avoir de nombreux enfants. La parole du Seigneur annonce l'inouï ! Cela évoque l'annonce incroyable faite un jour à Abraham et à Sarah.

L'auteur utilise l'image très suggestive de la tente des patriarches.. plusieurs fois détruite par le passé, il faut maintenant l'agrandir, car la malédiction de la stérilité est rompue. Les villes vont être peuplées d'un afflux d'étrangers, la perspective ici est universaliste.

 

La suite du texte est plein de poésie, un oracle de salut est lancé à partir de la formule familière de l'auteur « ne crains pas ».

Différents noms sont donnés au Seigneur, à la fois Dieu unique de toute la terre et lié au peuple d'Israel, c'est « ton époux, ton créateur ». Le créateur a fait alliance avec sa créature, il a épousé son peuple : « comme une femme abandonnée et désolée, le Seigneur te rappelle. Est-ce qu'on rejette la femme de sa jeunesse ».

 

Puis les versets suivants relisent l'Exil comme le temps où Dieu a abandonné son peuple. La joie du retour n'enlève pas l'énigme troublante de cet abandon par le Seigneur. Mais le prophète oppose ce moment d'abandon à son amour éternel : le mystère de Dieu.

 

Est décrite une alliance plus stable que les montagnes, une alliance d'amour. Tel est le Seigneur en sa tendresse, en sa compassion maternelle. La figure de Noé est rappelée : Jérusalem doit entendre la promesse faite au patriarche de façon réitérée : plus jamais le déluge... plus jamais d'exil !

 

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