En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

l\'avent : 4 Dieu pousse des cris de joie et danse pour Sion !

Publié le Mardi 20 décembre 2011


Henri Matisse 1869-1954, La danse, 1910, musée de l'Hermitage saint Petersbourg.

 

Matisse a peint ce très grand tableau (260 x 391 cm ) quand il était au summum de son art. Avant 1904, Matisse apprend, peine et doute et même connait l'angoisse, qui d'ailleurs ne cesseront de le tarauder toute sa vie. Au cours d'un été passé à Saint Tropez il peint « Luxe, calme et volupté », et cela marque le départ d'un répertoire de motifs et d'une nouvelle approche chromatique. Puis les 15 années qui suivent jusqu'en 1917 sont une grande période où s'élaborent les données fondamentales de sa poétique.

Cette « danse II » fait suite à une autre danse I qui montrait une ronde de nus roses sans ombres sur la lumière du fond. Ici la danse II inscrit une farandole effrénée de corps vermillon sur les aplats saturés de vert et bleu intenses. La violence est liée à la simplification extrême : rouge aveuglant des corps fortement cernés, suspendus entre terre et ciel d'un « bleu absolu ».

 

Cette danse est une image monumentale de joie et d'énergie. C'est est aussi une œuvre remarquablement audacieuse. Matisse peignit cette toile tout en préparant une décoration commandée par un collectionneur moscovite, S.I. Chtchoukine. 

La simplification du corps humain fut à l'époque décriée comme inepte ou délibérément grossière. Le rendu radicalement plat de l'ensemble fut également remarqué : l'absence de perspective et de raccourcis fait apparaître de la même taille les figures proches et lointaines et le ciel comme un large aplat bleu.

La force du corps de la figure de gauche est accentuée par la ligne courbe continue, qui va de son pied en arrière jusqu'à sa poitrine. Les autres danseuses sont si légères, qu'elles semblent s'envoler.

 

Le bras de la danseuse qui est à sa gauche s'étire littéralement pour atteindre la main de celle qui mène la danse, l'élan ayant brisé la ronde. 

Les bords de la toile semblent avoir du mal à contenir le tournoiement des danseuses.

Matisse avait cherché à rendre le dynamisme des corps en mouvement, exprimant une immense vitalité.

 



Le texte biblique

 Pousse des cris de joie, fille de Sion !Éclate en ovations, Israël !Réjouis-toi, tressaille d'allégresse, fille de Jérusalem !

Le Seigneur a écarté tes accusateurs,il a fait rebrousser chemin à ton ennemi.Le roi d'Israël, le Seigneur, est en toi.Tu n'as plus à craindre le malheur.

Ce jour-là, on dira à Jérusalem :« Ne crains pas, Sion !Ne laisse pas tes mains défaillir !

Le Seigneur ton Dieu est en toi,c'est lui, le héros qui apporte le salut. Il aura en toi sa joie et son allégresse,il te renouvellera par son amour ;il dansera pour toi avec des cris de joie,

 

Sophonie 3, 14-17  



Commentaires

Sophonie est un prophète qui a exercé son ministère au début du règne de Josias vers 640-630. Le royaume de Juda est toujours le vassal de l'Assyrie qui impose son influence culturelle et religieuse.

 

La troisième partie de son livre concerne les promesses de restauration du peuple de Dieu. Sophonie proteste avec vigueur contre la pénétration des cultes idolâtres chez les Israélites et annonce la venue imminente du Jour du Seigneur. Sa parole est dure pour les riches et pour les orgueilleux, mais il annonce que le Seigneur sauvera un « reste » constitué des humbles et des pauvres du peuple.

 

Le chapitre 3 que nous lisons aujourd'hui, suit les deux premiers chapitres où dominait la face ténébreuse du Jour du Seigneur, annonce la promesse d'un Jour de lumière.

Le prophète prend ici la parole pour inviter Israel, fille de Sion, à laisser éclater sa joie.

Ces versets sont un hymne à la joie, joie de Jérusalem sauvée pour son roi, allégresse du Seigneur qui trouve sa joie en Sion.

 

Ce texte, si bien construit, commence comme une hymne se rapprochant de certains psaumes (Ps 47,2; 98, 4.6), puis se continue sous la forme d'un oracle de salut débutant avec les mots « ce jour-là ».

 

La joie est le thème dominant : « Pousse des cris de joie, Éclate en ovations, Réjouis-toi, Tressaille d'allégresse », et les termes de jubilation s’accumulent : « Joie, Allégresse, Danse ». Ceci est bien caractéristique des textes prophétiques qui évoquent l'ère messianique.

 

Dieu a changé d'attitude vis à vis de son peuple, Sophonie annonce la libération future « Le Seigneur a écarté tes accusateurs,il a fait rebrousser chemin à ton ennemi ». Ainsi Sion peut rejeter toute crainte, Dieu a renouvelé son amour pour son peuple.

La présence de Dieu écarte toute crainte et donne la joie. Dieu montre son amour comme aux jours de fête, c'est à dire aux jours de l'Alliance du Sinaï. 

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