En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

le carême avec Ch de Chergé 2 : l'hospitalité

Publié le Samedi 10 mars 2012


Moissac, chapiteau du bon samaritain , cloitre galerie sud Moissac, 12e

 

Sont ici représentés trois hommes passant près d'un juif terrassé à terre, car il a été assailli et frappé à coup de couteau par des bandits. Ce malheureux pas secouru par ses coreligionnaires, prêtre ou lévite. C'est finalement un samaritain, c'est à dire un étranger méprisé, qui lui porte secours. Celui-ci est au centre du chapiteau, il prend en charge le blessé sur son âne, le soigne et le conduira dans une auberge.

 



Le texte biblique

« Jésus reprit : «  Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, il tomba sur des bandits qui, l'ayant dépouillé et roué de coups, s'en allèrent, le laissant à moitié mort.

Il se trouva qu'un prêtre descendait par ce chemin ; il vit l'homme et passa à bonne distance. Un lévite de même arriva en ce lieu ; il vit l'homme et passa à bonne distance. Mais un Samaritain qui était en voyage arriva près de l'homme : il le vit et fut pris de pitié. Il s'approcha, banda ses plaies en y versant de l'huile et du vin, le chargea sur sa propre monture, le conduisit à une auberge et prit soin de lui. « Le lendemain, tirant deux pièces d'argent, il les donna à l'aubergiste et lui dit : « Prends soin de lui, et si tu dépenses quelque chose de plus, c'est moi qui te le rembourserai quand je repasserai. »  Lequel des trois, à ton avis, s'est montré le prochain de l'homme qui était tombé sur les bandits ? «  Le légiste répondit : «  C'est celui qui a fait preuve de bonté envers lui. «  Jésus lui dit : «  Va et, toi aussi, fais de même. »

(Lc 10,30-37)

 



Commentaires

Une première sagesse du jeûne, chrétien ou musulman, serait bien de nous conduire à l'écoute de ces petits, car ils sont nos juges. S'ils l'ignorent, Dieu le sait

 

« Vois-tu celui qui nie le jugement ?

C'est celui qui repousse l'orphelin

et n'incite pas à nourrir le pauvre » (Coran 107).

 

C'est justice que de se retrouver ensemble et sans gloire aux cotés des plus démunis quand il s'agit de cheminer un moment en situation de manque. On s'abstient pour partager. Et bénies soient les organisations qui acceptent d'être les relais avertis de ces petits pas gratuits vers « un nouvel équilibre » !

 

Car il nous est impossible aux uns comme aux autres, de nous croire en règle avec Dieu par la simple observance scrupuleuse d'exigences rituelles :

 

« Malheur à ceux qui font la prière

sans se soucier de la prière

mais seulement par ostentation,

et qui refusent d'aider » (Coran 107)

 

« Quel est donc le jeûne qui me plaît ? » Chez Isaïe, Dieu répond lui-même à la question qu'il pose. C'est plus sûr, et c'est clair :

« N'est-ce pas partager ton pain avec qui a faim, recueillir chez toi le malheureux sans abri, couvrir celui que tu vois sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable ? » (Is 58,6-9)?

.

Jésus achève de donner sens à ce partage en l'instituant comme une fête : « mon frère, j'ai désiré d'un grand désir prendre cette Pâque avec toi. Ceci est mon pain.. qu'il devienne force de ton corps qui est mien. Ceci est un peu de ma sueur qui vient se mêler à ton sang. Tu es la chair de ma chair.. » N'y a-t-il pas aussi quelque chose comme cela dans l'aumône et l'hospitalité qui marquent la rupture du jeûne les soirs de ramadan ?

 

Ch de Chergé, Sept vies pour Dieu et l'Algérie, Bayard édition /Centurion, 1996

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