En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

le carême avec Ch de Chergé 6 : creuser son puits pour trouver Dieu

Publié le Samedi 7 avril 2012


Abbaye saint Pierre de Moissac, Jésus et la samaritaine au bord du puits, 12e, cloitre

 

De part et d'autre d'un puits, Jésus et la samaritaine dialoguent. Sur les autres faces du chapiteau, les apôtres viennent de la ville et apportent la nourriture, et un ange est témoin du dialogue.

Ici Jésus et la samaritaine sont seuls devant le puits. Jésus, fatigué et assoiffé, est resté debout, la main levée et l'index dressé donnant ainsi plus de force à ses dires. La femme a posé sur la margelle son seau.  



Le texte biblique

Or il lui fallait traverser la Samarie. C'est ainsi qu'il parvint dans une ville de Samarie appelée Sychar, non loin de la terre donnée par Jacob à son fils Joseph, là même où se trouve le puits de Jacob. Fatigué du chemin, Jésus était assis tout simplement au bord du puits. C'était environ la sixième heure. Arrive une femme de Samarie pour puiser de l'eau. Jésus lui dit : «  Donne-moi à boire. «  Ses disciples, en effet, étaient allés à la ville pour acheter de quoi manger. Mais cette femme, cette Samaritaine, lui dit : «  Comment ? Toi, un Juif, tu me demandes à boire à moi, une femme samaritaine ! «  Les Juifs, en effet, ne veulent rien avoir de commun avec les Samaritains. « Jésus lui répondit : «  Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : «  »Donne-moi à boire » », c'est toi qui aurais demandé et il t'aurait donné de l'eau vive. «  » La femme lui dit : «  Seigneur, tu n'as pas même un seau et le puits est profond ; d'où la tiens-tu donc, cette eau vive ? La femme lui dit : «  Seigneur, tu n'as pas même un seau et le puits est profond ; d'où la tiens-tu donc, cette eau vive ? Jésus lui répondit : «  Quiconque boit de cette eau-ci aura encore soif ; mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif ; au contraire, l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle. «  La femme lui dit : «  Seigneur, donne-moi cette eau pour que je n'aie plus soif et que je n'aie plus à venir puiser ici. «  Jésus lui dit : «  Va, appelle ton mari et reviens ici.  La femme lui répondit : «  Je n'ai pas de mari. «  « Jésus lui dit : «  Tu dis bien : «  »Je n'ai pas de mari ; tu en as eu cinq et l'homme que tu as maintenant n'est pas ton mari. En cela tu as dit vrai.   Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es un prophète. Nos pères ont adoré sur cette montagne et vous, vous affirmez qu'à Jérusalem se trouve le lieu où il faut adorer. «  Jésus lui dit : «  Crois-moi, femme, l'heure vient où ce n'est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l'heure vient, elle est là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; tels sont, en effet, les adorateurs que cherche le Père. Dieu est esprit et c'est pourquoi ceux qui l'adorent doivent adorer en esprit et en vérité. « La femme lui dit : «  Je sais qu'un Messie doit venir-celui qu'on appelle Christ. Lorsqu'il viendra, il nous annoncera toutes choses. «  Jésus lui dit : «  Je le suis, moi qui te parle. »

Jn 4,4-26



Commentaires

Depuis qu'un jour, il m'a demandé, tout à fait à l'improviste, de lui apprendre à prier, Mohammed a pris l'habitude de venir s'entretenir régulièrement avec moi. C'est un voisin. Nous avons ainsi une longue histoire de partage. Souvent il m'a fallu faire court avec lui, ou passer des week ends sans le rencontrer quand les hôtes se faisaient trop nombreux et absorbants. Un jour, il trouva la formule pour me rappeler à l'ordre et solliciter un rendez-vous : « il y a longtemps que nous n'avons pas creusé notre puits! » L'image est restée. Nous l'employons quand nous éprouvons le besoin d'échanger en profondeur.

Une fois, par mode de plaisanterie, je lui posai la question : « et au fond de notre puits, qu'est-ce que nous allons trouver ? De l'eau musulmane ou de l'eau chrétienne ? »

Il m'a regardé mi-rieur, mi-chagriné : « tout de même, il y a si longtemps que nous marchons ensemble et tu me poses encore cette question ! .. tu sais, au fond de ce puis-là, ce qu'on trouve, c'est l'eau de Dieu »

 

Ch de Chergé, Echelle mystique du dialogue, revue islamo-christiana, n°23, Rome 1997

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