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Miracle de Pierre

Publié le Mercredi 11 avril 2012


Masolino (1383-v.1440)  Guérison d'un paralytique 1424-25. Fresco. Brancacci Chapel, Santa Maria del Carmine, Florence

 

Masolino di Panicale est un peintre italien de la Renaissance, de la province de Pérouse en Ombrie. Il est connu pour avoir collaborer avec Masaccio aux fresques de la vie de Saint Pierre de la chapelle Brancacci (nom du riche marchand donateur), dans l'église Santa Maria del Carmine de Florence. Les fresques furent achevées en 1480 par Filippino Lippi.

 

A la frontière entre le gothique international et la Renaissance, Masolino reste toujours élégant et classique. Et pourtant on voit combien il est influencé par les travaux de Masaccio passionné par les règles de la perspective mathématique, sa nouvelle conception de la réalité et l'utilisation d'une lumière naturelle.

 

Cette scène représentée ici est la partie gauche d'une fresque, la partie droite représentant la résurrection de Tabita.

L'arrière plan montre l'utilisation de la perspective, mais celle-ci est encore utilisée de manière maladroite, car la proportion entre les personnages et les bâtiments n'est pas respectée.

 

L'homme infirme demande l'aumône, mais Pierre n'a pas d'argent, il le regarde et tend la main au mendiant qui sera guéri, se lèvera et louera Dieu. Pierre est reconnaissable à sa barbe traditionnelle et à coté de lui se tient l'apôtre Jean représenté plus juvénile.

 

Derrière eux deux jeunes hommes élégants se promènent nonchalamment et regardent la scène. Il n'en est pas question dans le texte biblique, mais cela rajoute à l'atmosphère florentine du tableau, complétée par les personnages au fond et le linge qui sèche aux fenêtres des maisons. L'auteur a voulu rendre actuelle l'histoire de ce miracle de Pierre.



Le texte biblique

 

 A l'heure de la prière de l'après-midi, Pierre et Jean montaient au Temple.

On y amenait justement un homme qui était infirme depuis sa naissance ; on l'installait chaque jour au Temple, à la « Belle-Porte » pour demander l'aumône à ceux qui entraient.

 Voyant Pierre et Jean qui allaient pénétrer dans le Temple, il leur demanda l'aumône.

 Alors Pierre fixa les yeux sur lui, ainsi que Jean, et il lui dit : « Regarde-nous bien ! »

 L'homme les observait, s'attendant à recevoir quelque chose.

Pierre lui dit : « Je n'ai pas d'or ni d'argent ; mais ce que j'ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche. »

 Le prenant par la main droite, il le releva, et, à l'instant même, ses pieds et ses chevilles devinrent solides.

 D'un bond, il fut debout, et il marchait. Il entra avec eux dans le Temple : il marchait, bondissait, et louait Dieu.

Et tout le peuple le vit marcher et louer Dieu.

 On le reconnaissait : c'est bien lui qui se tenait, pour mendier, à la « Belle-Porte » du Temple. Et les gens étaient complètement stupéfaits et désorientés de ce qui lui était arrivé.

 

Actes 3, 1-10 



Commentaires

En ce jour où la liturgie nous propose comme tous les ans de relire le magnifique texte des disciples d'Emmaus qui reconnaissent Jésus, il nous est proposé aussi d’apprendre comment les apôtres font connaître à leurs proches l'action de Jésus, et inaugurent la mission par les gestes simples de leur vie quotidienne.

 

Jésus ressuscité a envoyé aux apôtres la force de son Esprit qui les a poussés à sortir de leur peur et de leur repliement pour parler et témoigner dans les rues et le Temple de Jérusalem. Dès lors, Pierre et Jean sont à l'œuvre : « la crainte de Dieu était dans tous les cœurs ; beaucoup de prodiges et de signes s'accomplissaient par les Apôtres ».

 

Ce récit détaillé illustre leur pratique puissante. Il fait écho à bien des récits de miracles de Jésus que l’on trouve dans l’évangile de Luc. Ce dernier veut montrer que, revêtus de l'Esprit Saint, les apôtres poursuivent la pratique libératrice de Jésus, les guérisons étant des signes concrets du salut qu'ils annoncent ; mais comme pour Jésus, cela va susciter à la fois l'émerveillement du peuple et la suspicion des autorités religieuses.

Pierre et Jean, qui agissent souvent ensemble, représentent l'ensemble du groupe apostolique dont Pierre est le porte parole attitré.

 

Les apôtres continuent à vivre selon leurs habitudes religieuses juives, ils montent au Temple. Un infirme est comme d'habitude posté à la « belle porte » du Temple face au portique de Salomon et mendie ; considérés comme impurs, les aveugles et les boiteux n'ont pas le droit de la passer et doivent rester à l'extérieur.

 

Dans ce récit beaucoup de choses se passent par les regards. Le mendiant commence par regarder les apôtres qui ne sont pour lui que deux fidèles comme d'autres, il les sollicite machinalement, puis on assiste à un étonnant jeu de regards : Pierre fixe l'infirme et il lui donne à l'infirme un ordre insolite : ‘regarde nous’. Ainsi Pierre veut établir une relation personnelle avec l'homme, ce que ne font pas les fidèles pressés qui donnent machinalement une aumône. L'infirme est donc surpris et observe (quatrième mention d'un regard). Attend-il une aumône exceptionnelle...? Mais Pierre n'a ni argent ni or. Pierre est porteur d'une autre richesse et propose autre chose ! C'est la foi au nom de Jésus, la certitude que le Seigneur ressuscité peut aujourd'hui encore guérir ceux qui reçoivent sa parole. Cette foi il veut la partager avec le malade : « lève toi et marche » lui dit-il avec autorité .

Le récit est parallèle par sa forme à celui de la guérison d'un paralytique par Jésus (Lc 5, 17-26). Ici la transformation de l'ancien mendiant est décrite : il devient capable d'autonomie et d'initiative, il rentre dans le Temple avec les apôtres pour exprimer sa reconnaissance à Dieu, et tout le peuple se rassemble autour d'eux. Les gens le regardent, le reconnaissent et s’interrogent !

La situation est la même qu'à la Pentecôte et Pierre saisira l'occasion pour proclamer la Bonne Nouvelle.

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