En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Entretien de Jésus avec Nicodème

Publié le Mercredi 18 avril 2012


Le Christ et Nicodème, enluminure de la bible Holkham, maitre anglais anonyme, 1320-1330 env, British Library Londres


La bible Holkham est abondamment illustrée et a la caractéristiques d'être écrite en « français normand », langue utilisée quotidiennement dans l'Angleterre du 14e siècle;

La bible Holkham raconte les grands faits de la Bible depuis la création, jusqu'à la vie de Jésus et le jugement dernier. Elle reprend en gros les textes bibliques mais inclut beaucoup de textes apocryphes, surtout à propos de l'enfance de Jésus. Elle est écrite en prose et en poèmes et est illustrée de nombreuses images décrivant la vie quotidienne. Elle fut probablement réalisée à Londres au milieu due siècle, à peu près au temps de la naissance de Geoffroy Chaucer (1343-1400, auteur des contes de Canterbury)

Les illustrations ont du être faites par un frère dominicain sans doute pour être un support d'enseignement, elles sont accompagnées d'une brève explication en français anglo-normand, langue littéraire familière à la noblesse anglaise contemporaine.

Les costumes, outils et bâtiments représentés sont conformes à ceux du 14e siècle en Angleterre, ce qui fait du manuscrit une bonne source documentaire !

Nicodème est ici représenté adressant la parole à Jésus, il semble sûr de lui, levant la main de manière autoritaire. Il porte de beaux vêtements, montrant son niveau académique, une coiffe caractéristique et des chaussures.

En face de lui, Jésus reconnaissable à son auréole, semble se reculer. Apparement il est de niveau social moins élevé, il est pieds nus. Il regarde Nicodème d'un œil sévère mais il argumente, les mains accueillantes, tendues vers Nicodème.



Le texte biblique

 

Ne sois pas étonné si je t'ai dit qu'il vous faut renaître.

 Le vent souffle où il veut : tu entends le bruit qu'il fait, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né du souffle de l'Esprit. »

 Nicodème reprit : « Comment cela peut-il se faire ? »

 Jésus lui répondit : « Toi, tu es chargé d'instruire Israël, et tu ne connais pas ces choses-là ?

 Amen, amen, je te le dis : nous parlons de ce que nous savons, nous témoignons de ce que nous avons vu, et vous n'acceptez pas notre témoignage.

 Si vous ne croyez pas lorsque je vous parle des choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses du ciel ?

 Car nul n'est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme.

 De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé,

 afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle.

 

Jean 3,7-15



Commentaires

Ce passage suit le dialogue bien connu entre Jésus et Nicodème, où Jésus dit à Nicodème qu'il faut naitre à nouveau pour accéder au salut.

Nicodème est incapable de se hisser au niveau de Jésus et de comprendre ce que signifie : « naître d’en haut ». Aussi Jésus donne-t-il de plus amples explications à propos de cette renaissance dans l'Esprit.

Jésus met l'accent sur l'acteur de cette transformation et sur ses conséquences.

L'acteur, c'est Dieu à l'œuvre dans son Esprit. Rappelons que le mot grec  pneuma veut dire ‘esprit’ mais aussi ‘vent’. L'univers de Dieu est opposé à celui de l'homme : de même que le souffle du vent s'entend, de même les œuvres des hommes recréés par l'Esprit se voient : « ainsi en est-il de quiconque né de l'Esprit ».

 

Jésus se pose en maître, en face de celui qui était présenté comme un maître en Israël : « tu es chargé d'instruire Israël et tu ne connais pas ces choses là ! » Certes plus tard Nicodème deviendra un sympathisant du groupe des disciples, mais l'évangéliste Jean insiste ici sur la difficulté de Nicodème à croire.

En effet Jésus passe à une révélation plus haute ; des choses de la terre on passe aux choses célestes.

La seule connaissance authentique de Dieu est celle qui vient de Celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'Homme. Déjà l'Ancien Testament avait évoqué ce rêve d'une connaissance directe de Dieu ( par exemple on lit dans le livre de la Sagesse « les réalités terrestres, qui les a explorées ?» 9,16-18). Jésus est ce révélateur que Nicodème, et à travers lui le peuple juif, n'a pas su reconnaître. Par cette revendication, Jésus et les chrétiens après lui s'opposent non seulement aux juifs de leur temps, -même ceux qui sont proches comme l'est Nicodème-, mais aussi à toutes les gnoses qui prétendent offrir une connaissance des mystères de Dieu en dehors de Jésus.

Jésus donne crédit à sa parole en l'enracinant dans l'histoire d'Israël, son annonce doit être un accomplissement des Écritures. Le serpent élevé dans le désert (Nb 21,4-9) arrachait à la mort les Hébreux infidèles. Le serpent était élevé comme le fils de l'Homme sera élevé sur la croix. Manifesté et regardé en face, le mal est désamorcé ; les Hébreux en regardant le serpent pouvait reconnaître leur manque de foi et implorer le pardon de Dieu. Ainsi la référence à l'épisode du serpent d'airain rattache la venue de Jésus aux évènements de l'Exode, Jésus est le nouveau Moïse. La croix est le lieu où se dévoile l'amour de Dieu, elle est l'expression ultime de l'amour de Dieu et devient ainsi pour les croyants source de vie. Le Fils de de Dieu en croix a pouvoir de faire vivre les hommes qui croient en lui.

 

 

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