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La paix promise

Publié le Mardi 8 mai 2012


Duccio Buonensigna (1255-1318/19), le dernier repas, panneau de la Maesta, 1308/11, musée du Dome, Sienne

Duccio est un peintre siennois, contemporain de Cimabue et Giotto, il connut un grand succès grâce à célèbre « Maesta », « Vierge en majesté » qui fut portée en grande pompe à la cathédrale (Dome) de Sienne en 1311 avec les cloches qui sonnaient à toute volée !

La Maesta est un grand retable (5mx5m) peint des deux côtés, pour être porté en procession, réalisé pour l'autel majeur de la cathédrale de Sienne. Dans sa partie antérieure on admire la Vierge en majesté, entourée d'anges et de saints et la partie postérieure est subdivisée en 26 scènes de petit format , racontant l'histoire de la passion

 

Duccio est largement nourri d'art byzantin, et sait faire preuve, avec ses couleurs brillantes, d'un grand souci d'élégance et d'expression assez nouveau, tout en gardant la liberté presque badine d'un réalisme anecdotique que l'on retrouve dans les petits panneaux de la Maesta.

 
Cette représentation de la Cène est dominée par la figure de Jésus, qui offre un morceau de pain à Judas, Jean est à côté de Jésus et son auréole apparait derrière les épaules de Jésus ! La table est mise, avec simplicité, bols en bois, cruche décorée et l'agneau pascal sur une nappe tissée.
 
Les disciples sont bien réels, chacun manifeste avec animosité son étonnement aux dires de Jésus, ils semblent ne pas comprendre ce qui se passe. Duccio montre ici sa compréhension profonde du caractère humain.
 



Le texte biblique

 C'est la paix que je vous laisse, c'est ma paix que je vous donne ; ce n'est pas à la manière du monde que je vous la donne. Ne soyez donc pas bouleversés et effrayés.

 Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m'en vais, et je reviens vers vous. Si vous m'aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi.

Je vous ai dit toutes ces choses maintenant, avant qu'elles n'arrivent ; ainsi, lorsqu'elles arriveront, vous croirez.

Désormais, je ne parlerai plus beaucoup avec vous, car le prince du monde va venir. Certes, il n'y a rien en moi qui puisse lui donner prise, mais il faut que le monde sache que j'aime mon Père, et que je fais tout ce que mon Père m'a commandé.

 

Jean 14, 27-31a



Commentaires

Nous lisons ici la fin du premier discours d'adieu prononcé par Jésus lors de la Cène. Tout le chapitre 14 est construit sur le thème sur le départ du Fils vers le Père et son rôle pour conduire ses disciples vers le Père. Il ne les laissera pas orphelins : « je m'en vais et je reviendrai vers vous ».
Jésus leur a déjà tout dit, mais ils ne comprennent pas ; aussi leur annoncera-t-il son successeur, l'Esprit, qui approfondira l'enseignement donné tout au long de son ministère.
 
Jésus fait ici don de la paix. Habituellement les discours d'adieux s'achevaient par la salutation de la paix. La paix, shalom, signifie le salut eschatologique. C'est ce qui est offert avec la venue de Jésus. Ici Jésus fait don à ses disciples de la paix des derniers temps pour toujours, quel que soit le cours de l'histoire.
 
Jésus annonce son départ. Tout peut se vivre, à condition d'aimer Jésus. L’expression « si vous m'aimez » revient maintes fois dans ce discours (versets 15, 23, 28) ; ce qui advient au croyant dépend de sa libre acceptation du don de Dieu. Aimer Jésus c'est garder ses commandements et ses paroles, ce qui sera précisé au chapitre suivant en référence au « commandement nouveau ».
Alors Jésus envoie l'Esprit qui va tenir son rôle parmi ceux qui l'aiment. Lui demeurera toujours à la différence de la présence physique de Jésus qui ne durera qu’un peu de temps encore.
 
Jésus veut répondre à la question que Jude a posée : comment, les disciples se situeront-ils dans le monde parmi tous les autres ? Jésus répondra dans le discours suivant, ici il marque le partage qui s'est fait parmi les hommes entre ceux qui l'aiment et ceux qui ne l'aiment pas. Le croyant sait ainsi de quel côté il lui est donné de se ranger.
Certes Jésus rappelle l'inévitable affrontement avec le Prince de ce monde vers lequel il marche librement. Plus tard il expliquera cette lutte entre les chrétiens et le monde. Mais pas plus que contre Jésus, Satan ne peut agir contre ceux en qui Il demeure.
 
Jésus aime son Père, il fait ce qu'il lui a commandé. Le Père « est plus grand que lui » (question qui a fait l'objet de nombreux débats) ; Jésus est le messager, qui selon chapitre précédent n'est pas plus grand que celui qui l'envoie (v.16), car tout vient du Père et tout va au Père, en particulier l'envoi du Fils et sa glorification.
 
 
 

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