En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Rendez à Dieu ce qui est à Dieu

Publié le Mardi 5 juin 2012


 

 

Tommasso di Giovanni Cassai dit Masaccio (1401-v1428), le tribut de saint Pierre (1426-27), chapelle Brancacci, Santa Maria del Carmine, Florence.

Peintre de la première Renaissance, Masaccio réalise les magnifiques fresques de la chapelle Brancacci avec Masolino.

Masaccio innove par son réalisme, expressions et postures, nul n'a été aussi loin dans la précision des décors, des paysages ou les rues florentines de son époque. On a souvent remarqué le geste ample du Christ, doublé par celui de saint Pierre, très humain pris dans le feu de l'action. Les personnages sont enveloppés de vastes manteaux à plis, les pieds solidement posés sur la terre.

On voit ici Jésus et les apôtres arrivant à Capharnaüm (tels que les décrit l'évangile de Matthieu). Trois différents moments de l'histoire sont réunis dans la même scène. Au centre, le collecteur d'impôt fait sa demande à Jésus et celui-ci lui indique comment trouver l'argent nécessaire en lui indiquant le lac peint plus loin. À gauche Pierre attrape le poisson pour payer le tribut. Et à droite Pierre remet l'argent au collecteur d'impôts en face de sa maison.

Cet épisode a été interprété à l'époque de Masaccio à Florence, comme une référence à la vive controverse sur le projet de réforme fiscale. Cette dernière devait aboutir en 1427 à l'institution du cadastre ce qui permit une taxation plus équitable pour l'introduction de l'impôt sur le revenu.

Que de réalisme dans cette représentation, Pierre et sa canne à pêche, la bouche ouverte du poisson, la transparence de l'eau du lac ! Le paysage à l'arrière plan présente une variété de couleurs du vert foncé à la neige. Les figures sont disposées horizontalement à la manière classique, tout comme les vêtements des personnages ; même la posture de Pierre rappelle celle des statues grecques.

Au centre dans un geste d’autorité, Jésus tend la main, et la dirige au-delà de la scène elle-même. Le point de fuite des édifices se situe sur le tête de Jésus ce qui rehausse l'importance du personnage.

Il est entouré de ses apôtres qui sont auréolés contrairement au collecteur d'impôts, devant, de dos.


 

 



Le texte biblique

On envoya à Jésus des pharisiens et des hérodiens pour le prendre au piège en le faisant parler,

 et ceux-ci viennent lui dire : « Maître, nous le savons : tu es toujours vrai ; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens, mais tu enseignes le vrai chemin de Dieu. Est-il permis, oui ou non, de payer l'impôt à l'empereur ? Devons-nous payer, oui ou non ? »

Mais lui, sachant leur hypocrisie, leur dit : « Pourquoi voulez-vous me mettre à l'épreuve ? Faites-moi voir une pièce d'argent. »

 Ils le firent, et Jésus leur dit : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ?

De l'empereur César », répondent-ils.

Jésus leur dit : « A César, rendez ce qui est à César, et à Dieu, ce qui est à Dieu. » Et ils étaient remplis d'étonnement à son sujet.

 

Marc 12,13-1



Commentaires

Une nouvelle fois les notables juifs veulent mettre Jésus en difficulté. Ils forment deux groupes, les hérodiens partisans d'Herode Antipas, le tétrarque de Galilée, dépendant du pouvoir romain en place, et les pharisiens.

La manière dont ils s'adressent à Jésus peut sembler flatteuse et fourbe : Jésus est un rabbi particulièrement ouvert. Mais par ce biais passe une question piège : « Est-il permis, oui ou non, de payer l'impôt à l'empereur ? ». Les juifs supportaient mal le lourd tribut payé à l'occupant. Les rabbins étaient souvent pris à parti sur ce sujet.

Jésus savait qu'en se prononçant, il serait classé automatiquement parmi les collaborateurs ou parmi les résistants. La question est donc embarrassante. Jésus comprend le manque de sincérité de ses interlocuteurs. Il décide de les tester et leur demande de lui montrer une pièce de monnaie à l'effigie significative : force est de constater que les transactions commerciales se font avec la monnaie en cours de l'occupant. Ses adversaires croient avoir démasqué la position de Jésus. Mais arrive la réplique célèbre : «  Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Les choses sont remises à leur juste place. Il n’y a pas d’égalité entre César et Dieu, pas même de commune mesure. Jésus fait remarquer à ses adversaires qu’ils sont déjà dans la compromission vis-à-vis de César ; mais il y a bien pire : ils ont oublié ce qu’ils doivent à Dieu, et qui est plus important que tout.

En fait Jésus ne fait que renvoyer les questionneurs à leur question. C'est comme cela que Jésus renvoie toujours ses interlocuteurs à leurs responsabilités. En les remettant en face du Dieu qu’ils prétendent servir.

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