En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

AVENT 2012, avec Isaïe et les annonces de l'Ancien Testament : 2e semaine : le désert fleuri

Publié le Lundi 10 décembre 2012


Pol de Limbourg et Jean Colombe, mois d'avril, (1412-1412), le calendrier des très riches heures du duc de Berry, Musée Condé, Chantilly

Les Très riches Heures du Duc de Berry représente le livre des heures, tel qu'il a existé dans la plus pure tradition médiévale. Chaque heure liturgique de la journée est prise en compte ; de plus des textes et écrits supplémentaires sont inclus, et on trouve les fameux calendriers 

Les douze enluminures des douze mois ont été peintes entre 1412 et 1416, et constituent indiscutablement un chef d'œuvre de la culture française du Moyen Age.

La gamme de couleurs riches et lumineuses, est impressionnante, elle est obtenue à partir de minéraux (pierres précieuses venues du Moyen Orient, lapis lazuli), de plantes (fleurs écrasées) ou de dérivés chimiques, mélangés avec de la gomme arabique qui sert de liant.

Les détails sont particulièrement fins obtenus avec des pinceaux très fins et de loupes grossissantes.

 

Cette enluminure illustrant le mois d'avril, propose trois thèmes, un château, le printemps et les fiançailles. Il peut s'agit du château de Dourdan où le duc de Berry déposait une partie de ses objets précieux. Il fut détruit en 1411.

Sur l'étang deux barques de pécheurs traînent un filet.

Des fiancés échangent l'anneau qui engagent leur foi devant des témoins et un « fou » représenté derrière. Il doit d'agir de Charles d'Orléans et de la petite fille de Jean de Berry, Bonne d'Armagnac qui échangent leurs bagues, leurs fiançailles ayant été célébrés à Gien le 18 avril 1410 ( on a aussi parlé de Marie de Berry et de Jean 1er de Bourbon fiancés le 27 mai 1400).

Et dans le jardin des arbres fruitiers commencent à fleurir. « La douce espérance » est promise.

Des jeunes filles cueillent les premières fleurs dans la prairie

La joie et la paix sont rendues avec splendeur

 



Le texte biblique

 Le désert et la terre de la soif, qu'ils se réjouissent ! Le pays aride, qu'il exulte et fleurisse,

 qu'il se couvre de fleurs des champs, qu'il exulte et crie de joie ! La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et de Sarône. On verra la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu.

Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent,

dites aux gens qui s'affolent : « Prenez courage, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c'est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver. »

 Alors s'ouvriront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds.

Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie. L'eau jaillira dans le désert, des torrents dans les terres arides.

 Le pays torride se changera en lac, la terre de la soif en eaux jaillissantes. Dans le repaire des chacals, les broussailles deviendront des roseaux et des joncs.

 Il y aura là une chaussée, on l'appellera : Voie sacrée. L'homme impur n'y passera pas et les insensés ne viendront pas s'y égarer.

On n'y rencontrera pas de lion, aucune bête féroce n'y surgira ; seuls les rachetés y marcheront.

Ils reviendront, les captifs rachetés par le Seigneur, ils arriveront à Jérusalem dans une clameur de joie, un bonheur sans fin illuminera leur visage ; allégresse et joie les rejoindront, douleur et plainte s'enfuiront.

 

Isaïe 35,1-10



Commentaires

Nous avons la chance de lire ici texte écrit comme un poème en l’honneur du retour d'exil. Il prélude au grand thème de retour et de la consolation, thème qui sera développé dans tout le livre du Deuxième Isaïe (cf Is 40 notamment.)

Le poème se développe en deux temps : la joyeuse annonce du retour et ses conséquences, exprimées comme un véritable rêve ou vision de bonheur.

A la jonction de ces deux mouvements est exprimée la venue de notre Dieu. C'est le fond de notre espérance que nous chantons en ce temps de l'Avent.

 

Le poème commence par inviter le désert et la terre de la soif à reverdir et à fleurir ; expression qui se comprend dans le pays de Babylone aussi bien que dans d’autres régions. Ce qui est exprimé c'est le retour des droits de Dieu et la manifestation de sa gloire qui se dit par le retour à la vie, par une re-création de la nature et de l'humanité. Quand l'homme retrouve confiance et force, il chasse toute crainte car Dieu va le sauver.

 

La seconde partie de notre poème décrit l'inversion du cours implacable de la mort sous toutes ses formes, le redressement des infirmes, l'espérance du retour d'exil. Mais les aveugles et les sourds qui sont décrits un peu plus loin ne représentent-ils pas le peuple d'Israël qui s'entêtait à ne pas regarder et à ne pas écouter, comme ils représentent tous les hommes qui refusent d’accueillir la réconciliation et la paix. Ils seront guéris, leurs yeux s’ouvriront. Ce sont le mêmes expressions que l’on trouvera dans l'Évangile pour parler des guérisons et dire la présence du salut en la personne de Jésus (cf Lc 7,22).

L'auteur décrit une joie sans fin, comme on la retrouvera dans les dernières visions de l'Apocalypse de saint Jean. 

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