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AVENT 2012, avec Isaïe et les annonces de l'Ancien Testament : 3e semaine- le cantique des cantiques : il vient

Publié le Jeudi 20 décembre 2012


Pol de Limbourg et Jean Colombe, mois de mai, (1412-1412), le calendrier des Très riches Heures du duc de Berry, Musée Condé, Chantilly

 

Le calendrier des Très riches Heures du duc de Berry est illustré par les travaux de la vie rurale et aussi par les occupations princières qui rythment l'année.

L'ouvrage était en effet destiné à un grand seigneur, grand propriétaire foncier.

Au 15ème siècle, les riches bourgeois sont de plus en plus nombreux à posséder des livres d'heures, ainsi on trouve dans ces livres des illustrations d'occupations bourgeoises. Les travaux des champs sont souvent relégués à l'arrière plan.

Les enfants princiers apprenaient à lire dans les livres d’heures. Ce fut le cas de Jean le Bon, père du duc deBerry, du duc lui-même et de ses frères.

 

Cette page concerne le mois de mai qui est illustré par la calvacade traditionnelle du 1er mai. Des jeunes gens vont à cheval précédés de joueurs de trompettes. Ils partent dans la forêt chercher des rameaux qu'ils porteront sur la tête ou autour du cou. Les dames arborent pour l'occasion de longues robes vertes. Plusieurs personnages portent des feuillages dans leur coiffure : on leur prête des effets bénéfiques, on connait plusieurs ouvrages qui conseillent de porter des chapeaux de fleurs.

Plusieurs thèses ont été élaborées quant à l'identification des personnages, de la famille Berry, mais il est certainement question de fiancés. Une des interprétations pour les constructions du fond rappelle l'entrée à Riom de Berbard d'Armagnac remettant sa fille Bonne à son fiancé Charles d'Orléans, avant le mariage qui eut lieu en mai 1411. Peut-être est-ce la représentation du palais de la Cité à Paris, avec le Châtelet à gauche, la Conciergerie et la tour de l'Horloge. Serait alors représenté le mariage de Jean de Bourbon et de Marie de Berry.



Le texte biblique

 Voici mon bien-aimé qui vient ! il escalade les montagnes, il franchit les collines,

 il accourt comme la gazelle, comme le petit d'une biche. Le voici qui se tient derrière notre mur ; il regarde par la fenêtre,i l guette à travers le treillage.

 Mon bien-aimé a parlé ; il m'a dit : « Lève-toi, mon amie, viens, ma toute belle. voici que l'hiver est passé, la saison des pluies est finie, elle s'en est allée.

Dans la campagne, les fleurs apparaissent. Le temps des chansons arrive. Le roucoulement de la tourterelle se fait entendre dans nos campagnes.

 Le figuier forme ses premiers fruits, la vigne en fleur exhale son parfum. Lève-toi, mon amie, viens, ma toute belle !

Ma colombe, blottie dans le rocher, cachée dans la falaise, montre-moi ton visage, fais-moi entendre ta voix ; car ta voix est douce, et ton visage est beau. »

 

Cantique 2, 8-14



Commentaires

Voilà un chant que nous connaissons bien... Les poètes l'ont bien souvent repris, il est souvent lu lors des célébrations de mariage ! Les grands saints l'ont cité maintes et maintes fois.

Le chant précédant évoquait le bonheur de la présence mutuelle. Ce chant suppose que le bien-aimé a disparu entre temps. La voix féminine déclare : «  j'entends mon bien-aimé, voici qu'il arrive ». Le bien aimé ne s'exprime pas, même s’il est au cœur de la scène, surgissant derrière le mur, fugitivement, mais intensément présent à celle qui le guette. Mais cette évocation passe toute entière par l'intermédiaire de la femme. Même lorsque les mots du bien-aimé retentissent, cela se fait par le truchement de la bien-aimée rapportant ce qu'il lui dit : il m'a dit :’ lève toi mon amie..’, manière inattendue mais efficace pour exprimer l'unité amoureuse des deux protagonistes. Les paroles du bien-aimé viennent se loger dans la parole même de la bien-aimée qui les redit pour elle même en son cœur.

Mouvement d'aller et vient des mots des deux aimés, des échos s'établissent. Il existait dans la poésie égyptienne des poèmes semblables : « vois le bien-aimé vient ! mes yeux sont sur le chemin, mes oreilles écoutent » (papyrus Chester Beatty I, in les chants d'amour de l'Egypte ancienne, S. Schott, Paris 1956). On trouve également dans le livre d'Isaïe des mots invitant Jérusalem à se mettre debout pour accueillir la gloire que Dieu lui destine : « Mets-toi debout et deviens lumière, car elle arrive, ta lumière : la gloire du Seigneur sur toi s'est levée » (Is 60,1) ; ou évoquant la beauté du messager qui annonce la paix : « Comme ils sont les bienvenus, au sommet des montagnes, les pas du messager qui nous met à l'écoute de la paix, qui porte un message de bonté, qui nous met à l'écoute du salut, qui dit à Sion : ‘ Ton Dieu règne !’ »  (Is 52,7). Tout ceci forme un bel accord avec les paroles du bien-aimé du Cantique. On peut évoquer l'éveil de la nature au moment où la course des saisons ramène le printemps, la fraicheur d'un monde coloré, odorant, vibrant de promesses.

 

 

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