En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Jésus parle dans la synagogue

Publié le Jeudi 10 janvier 2013


Jésus parmi les docteurs dans la synagogue, Codexs Aureus d'Eternach, 1030-1050, Musée de Nuremberg

 Le codex Aureus d'Eternach est un évangéliaire enluminé du 11e siècle, écrit entièrement en lettres d'or. Il fut réalisé à l'abbaye bénédictine d'Eternach (mainteant au Luxembourg), grand centre culturel au Moyen Age, sous l'abbé Humbert.

Le manuscrit contient la version de la Vulgate des quatre évangiles ainsi que des textes d'Eusèbe, avec plus de 60 pages décorées comprenant 16 pleines pages de miniatures.

 Ici est représenté la scène où Jésus lit un passage de l'Ecriture parmi les docteurs le jour du sabbat dans la synagogue de Nazareth.

L'intérieur de la synagogue est évoqué à travers des deux montants de la porte et les lampes. Les lampes sont de grande importance La lampe éternelle brûle dans toutes les synagogues comme elle brulait dans le temple de Jérusalem à la suite de ce qui est dit dans Ex 27,20-21 : «  Tu ordonneras aussi aux fils d'Israël de te procurer pour le luminaire de l'huile d'olive, limpide et vierge, afin qu'une lampe soit allumée à perpétuité, dans la tente de la rencontre, devant le voile qui abrite la charte. Aaron et ses fils la disposeront de manière qu'elle brûle du soir au matin devant le Seigneur : c'est une loi immuable pour les fils d'Israël d'âge en âge. »

 Au centre Jésus auréolé lit le texte de la Torah que les docteurs lui tendent. Ces derniers suivent eux aussi le texte.

De l'autre côté la foule des gens de Nazareth qui le reconnaissent : ils sont animés et montrent Jésus du doigt.

Les couleurs sont douces et variées, permettent au lecteur de goûter de manière visuelle le sens du texte.

La composition est simple traduisant une compréhension claire du texte évangélique.

 



Le texte biblique

Lorsque Jésus, avec la puissance de l'Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région.

Il enseignait dans les synagogues des Juifs, et tout le monde faisait son éloge.

Il vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l'habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture.

 On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :

L'Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction.

Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres, et aux aveugles qu'ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération,

 annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.

 Jésus referma le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.

Alors il se mit à leur dire : « Cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit. »

Tous lui rendaient témoignage ; et ils s'étonnaient du message de grâce qui sortait de sa bouche

Luc 4, 14-22a



Commentaires

Nous sommes au début de la mission de Jésus qui se déroule pour l'essentiel en Galilée, Nazareth est mentionné.

Jésus se manifeste ici par sa prédication. Puis par ses miracles.

Cette scène de la prédication de Jésus dans la ville où il a été élevé a un caractère programmatique, annonçant les thèmes qui occuperont une place dans l'ensemble des écrits de Luc, permettant l'accomplissement des Ecritures, ici des prophéties d'Isaïe.

Le texte d'Isaïe est mis en valeur, Jésus déroule le livre, l’ouvre, lit, puis il le roule et le rend au serviteur.

Formée de quelques versets d'Isaïe (61,1-2 et 58,6) la prophétie désigne celui qui la prononce comme « l'oint », celui qui a reçu l'Esprit du Seigneur : « l'Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction pour annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres ».

Déjà le prophète interprétait l'institution de l'année sabbatique, l'année favorable, dans une perspective de création nouvelle. L'année favorable est en effet la grande année jubilaire instituée en Lévitique 25 : chaque cinquantième année on devait proclamer dans le pays une libération pour tous les habitants ; les dettes sont remises, les propriétés restituées, les esclaves israélites libérés et la terre laissée en jachère. Cette année jubilaire a-t-elle été jamais mise en pratique ? Sans doute non, mais elle est devenue l'expression de la restauration de toutes choses par l'intervention de Dieu. Ainsi indirectement Jésus se désigne comme celui qui met en œuvre cette intervention salvatrice de Dieu. Mais le caractère indirect de cette désignation diffère la réaction des auditeurs et soutient le suspens.

 

Tout le monde l'écoute, est prêt à lui rendre témoignage.

Jésus leur annonce que l'Ecriture que tous viennent d'entendre s'accomplit au moment même où ils entendent ces paroles. La présence même de Jésus est accomplissement de la promesse que les prophètes avaient annoncée. Jésus se présente comme l'année jubilaire elle-même, l'année de libération, l'année où Dieu fait toutes choses nouvelles.

 

 

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