En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

3ème jour : Marcher vers la liberté

Publié le Dimanche 20 janvier 2013


Le Guerchin, 1591-1666, le Christ et la Samaritaine, 1640-41, Museo Thyssen-Bornemisza, Madrid

 

 

Parler avec Jésus conduit la Samaritaine à une vie plus libre

 

Nous sommes aujourd’hui invités à célébrer les  efforts de toutes les communautés opprimées à travers le monde qui, comme les Indiens dalits, protestent contre tout ce qui asservit les êtres humains. Nous mêmes, chrétiens engagés vers une plus grande unité, apprenons que l’élimination de tout ce qui sépare les êtres humains entre eux, est fondamentale pour parvenir à la plénitude de la vie, à la liberté dans l’Esprit.

 

 



Le texte biblique

Or il lui fallait traverser la Samarie. C'est ainsi qu'il parvint dans une ville de Samarie appelée Sychar, non loin de la terre donnée par Jacob à son fils Joseph, là même où se trouve le puits de Jacob. Fatigué du chemin, Jésus était assis tout simplement au bord du puits. C'était environ la sixième heure. Arrive une femme de Samarie pour puiser de l'eau. Jésus lui dit : «  Donne-moi à boire. «  Ses disciples, en effet, étaient allés à la ville pour acheter de quoi manger. Mais cette femme, cette Samaritaine, lui dit : «  Comment ? Toi, un Juif, tu me demandes à boire à moi, une femme samaritaine ! «  Les Juifs, en effet, ne veulent rien avoir de commun avec les Samaritains. « Jésus lui répondit : «  Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : «  »Donne-moi à boire » », c'est toi qui aurais demandé et il t'aurait donné de l'eau vive. «  » La femme lui dit : «  Seigneur, tu n'as pas même un seau et le puits est profond ; d'où la tiens-tu donc, cette eau vive ? Serais-tu plus grand, toi, que notre père Jacob qui nous a donné le puits et qui, lui-même, y a bu ainsi que ses fils et ses bêtes ? «  Jésus lui répondit : «  Quiconque boit de cette eau-ci aura encore soif ; mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif ; au contraire, l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle. «  La femme lui dit : «  Seigneur, donne-moi cette eau pour que je n'aie plus soif et que je n'aie plus à venir puiser ici. «  Jésus lui dit : «  Va, appelle ton mari et reviens ici. «  La femme lui répondit : «  Je n'ai pas de mari. «  « Jésus lui dit : «  Tu dis bien : «  »Je n'ai pas de mari » » ; tu en as eu cinq et l'homme que tu as maintenant n'est pas ton mari. En cela tu as dit vrai. «  » «  Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es un prophète. Nos pères ont adoré sur cette montagne et vous, vous affirmez qu'à Jérusalem se trouve le lieu où il faut adorer. «  Jésus lui dit : «  Crois-moi, femme, l'heure vient où ce n'est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l'heure vient, elle est là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; tels sont, en effet, les adorateurs que cherche le Père. Dieu est esprit et c'est pourquoi ceux qui l'adorent doivent adorer en esprit et en vérité. «  La femme lui dit : «  Je sais qu'un Messie doit venir-celui qu'on appelle Christ. Lorsqu'il viendra, il nous annoncera toutes choses. «  Jésus lui dit : «  Je le suis, moi qui te parle. « 

 

Jean 4, 4-26



Commentaires

La rencontre de Jésus avec la Samaritaine auprès du puits nous introduit au passage progressif de la discrimination injuste et du préjugé à la liberté. Cette femme s’interroge avant tout sur les préjugés auxquels elle est confrontée et cherche à alléger les fardeaux qui pèsent sur sa vie. Ces préoccupations forment le point de départ de sa conversation avec Jésus. Lui-même commence à parler avec elle parce qu’il a besoin d’une aide concrète (il  a soif) et parce que l’un et l’autre

s’interrogent sur les préjugés sociaux qui font apparaître cette aide problématique.

Peu à peu, le chemin vers une vie plus libre s’ouvre à cette femme, au fur et à mesure que les paroles de Jésus mettent en lumière la réalité complexe de sa vie. En définitive, ces éclairages personnels ramènent la conversation en un point où ce qui divise ces deux groupes de personnes – où faut-il prier ? – se trouve dépassé. « La prière en esprit et en vérité » est ce qui est demandé. Ce n’est qu’ainsi que nous pouvons apprendre à nous libérer de tout ce qui nous écarte de la vie partagée, de la vie en plénitude.

 

Être appelés à une plus grande liberté en Christ nous invite à approfondir notre communion. Tout ce qui nous sépare – en tant que chrétiens lorsque nous recherchons l’unité et en tant qu’être humains quand nous sommes séparés par d’injustes traditions et des inégalités – nous rend prisonniers et invisibles les uns pour les autres. Notre liberté en Christ nous donne, au contraire, cette vie nouvelle dans l’Esprit qui nous permet de regarder ensemble la gloire de Dieu « à visage découvert ». Dans la lumière de cette gloire, nous apprenons à nous voir réciproquement en vérité en devenant toujours plus semblables au Christ pour parvenir à la plénitude de l’unité chrétienne.

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