En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Jesus et satan

Publié le Lundi 28 janvier 2013


Duccio di Buoninsegna (1255/60 – 1318/19) la tentation sur la montagne, Maesta (detail) 1301-1311, musée de l'Ouvre, Sienne.

 

La Maesta est l'oeuvre majeure de Duccio, peinte pour la cathédrale de Sienne

Initialement elle était portée en procession dans les rues de Sienne lors des cérémonies religieuses. Il s'agit d'une composition grandiose peinte des deux côtés, elle est considérée comme un jalon essentiel dans l'évolution de la peinture issue de la tradition byzantine vers un art visuel plus descriptif.

Dans la tentation sur la montagne la majestueuse grandeur de tous les royaumes du monde est dépeinte avec une superbe habileté. Le rendu de l'architecture prouve la puissance d'imagination de l'artiste. Les loggias, les remparts alternent avec les tours-clochers, des toits de tuiles rouges et des fenêtres gothiques, sont tous protégés par de solides fortifications. Les chromatismes sont clairs et lumineux.

 

Jésus et Satan dominent tout ce monde terrestre.

Satan, diable sombre, ailé, esquisse un sourire pour tenter Jésus.

Mais Jésus domine tout, par sa grandeur, son geste impérieux, la couleur rouge et noire de son vêtement. Il est imposant, roi suivi de ses anges célestes qui ne sont pas de ce monde.

Il est plus fort que Satan et le rejette vigoureusement.



Le texte biblique

Les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, disaient : « Il est possédé par Béelzéboul ; c'est par le chef des démons qu'il expulse les démons. »

Les appelant près de lui, Jésus disait en parabole : « Comment Satan peut-il expulser Satan ?

 Si un royaume se divise, ce royaume ne peut pas tenir.

Si une famille se divise, cette famille ne pourra pas tenir.

 Si Satan s'est dressé contre lui-même, s'il s'est divisé, il ne peut pas tenir ; c'en est fini de lui.

Mais personne ne peut entrer dans la maison d'un homme fort et piller ses biens, s'il ne l'a d'abord ligoté. Alors seulement il pillera sa maison.

Amen, je vous le dis : Dieu pardonnera tout aux enfants des hommes, tous les péchés et tous les blasphèmes qu'ils auront faits.

Mais si quelqu'un blasphème contre l'Esprit Saint, il n'obtiendra jamais le pardon. Il est coupable d'un péché pour toujours. »

Jésus parla ainsi parce qu'ils avaient dit : « Il est possédé par un esprit impur. »

 

Marc 3,22-30



Commentaires

Jésus a de plus en plus d'influence, aussi les scribes, les chefs des pharisiens, sont descendus de Jérusalem, sans doute en délégation officielle envoyée par le Sanhédrin, siège des autorités religieuses en Israël. Ils accusent Jésus d'être possédé par Béelzéboul, d'être un agent du diable, et donc récusent l'origine divine de son pouvoir. Pourtant auparavant Marc avait rappelé l'attitude des démons : « Les esprits impurs, quand ils le voyaient, se jetaient à ses pieds et criaient : ‘Tu es le Fils de Dieu’ » (Mc 3,11)

Béelzéboul est une déformation de l'hébreu « Baal-Zeboul », « Baal le prince », ou « maïtre de la demeure », divinité cananéenne.

Les scribes ne contestent pas que Jésus fasse des exorcismes, pratique assez répandue dans le monde juif de l'époque. Mais ils accusent Jésus d'agir par une force surnaturelle qui ne vient pas de Dieu mais de Satan lui-même.

 

La réponse de Jésus se fait en trois temps

D'abord une question rhétorique, « Comment Satan peut-il expulser Satan ? », qui établit un lien entre ses exorcismes et son combat contre Satan. Puis deux petites paraboles de la vie quotidienne, comme le royaume divisé ou la famille divisée qui sont voués à la ruine.

Et enfin Jésus montre l'absurdité de l'accusation des scribes.

Si Satan se dresse contre lui-même, c'en est fini de lui, de la même manière que s'il tombe sur plus fort que lui. Jésus veut montrer que ces exorcismes sont une manière de lutter victorieusement contre Satan. Non Jésus n'est pas un serviteur de Satan, mais il est au contraire son souverain Maitre.

Jésus termine en faisant une déclaration solennelle sur le blasphème contre l'Esprit Saint et par là condamne implicitement les scribes qui sont les représentants de l'autorité de Jérusalem, car ils confondent ce qui vient de Dieu avec ce qui vient de Satan.

C'est un péché si grave qu'il est dit « contre l'Esprit », donc impardonnable. Or, il nous est difficile de comprendre qu'il y ait des fautes impardonnables ! Mais il ne faut pas tirer cette phrase hors de son contexte. Les scribes poussent la perversion à attribuer à Satan une œuvre qui vient de l'Esprit Saint. Marc avait bien établi que Jésus dès le début de sa mission avait été investi de l'Esprit de Dieu. C'est cet Esprit qui l'habite depuis son baptême et le fait agir pour libérer les hommes du Mal. Prétendre que Jésus dans ses exorcismes est l'agent du diable, c'est délibérément se fermer au pardon de Dieu largement offert.

 

 

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