En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

mercredi des centdres : foi et charité

Publié le Mercredi 13 février 2013


« Nous avons reconnu et nous avons cru que l'amour de Dieu est parmi nous » (1 Jn 4, 16)

 

Hosios Loukas, mosaïque du lavement des pieds, 11e

Le monastère byzantin saint Luc, en Béotie (Grèce) est couvert de mosaïques à fond d'or. Son fondateur est saint Luc, un ermite du 10e dont la dépouille est dans la crypte.

Le plan octogonal de l'église construite en 1011, sert de référence pour l'architecture byzantine tardive.

Les mosaïques sont merveilleusement conservées et sont caractéristiques de la Renaissance macédonienne. Elles recouvrent tout l'édifice créant un sentiment liturgique intense.

A cette époque le style atteint un hiératisme dépouillé. Toute anecdote inutile, tout détail superfétatoire sont éliminés. Pas d'agitation, beaucoup de sérénité. Les coloris aux harmonies paisibles contribuent à créer cette atmosphère de sérénité. Cet art cherche la spiritualisation des visages, transfigurés par la contemplation et la méditation.

A Hosios Loukas la lumière pénètre abondamment, ainsi les mosaïques sont mises en valeur.

Le lavement des pieds figure dans le narthex, à coté de la crucifixion, de la descente aux limbes et de l'incrédulité de Thomas.

Jésus est penché vers Saint Pierre qui se rebiffe. Ils occupent seuls le centre et les autres personnages sont relégués sur les côtés pour que la scène apparaisse le plus simplement et le plus clairement possible. Les coloris sont sobres et assez monochromes. Seul le manteau du Christ souligne le Maitre seul auréolé, qui se fait serviteur.

 

 

 

 



Le texte biblique

Et nous qui avons vu, nous attestons que le Père a envoyé son Fils comme Sauveur du monde.

 Celui qui proclame que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu.

Et nous, nous avons reconnu et nous avons cruque l'amour de Dieu est parmi nous. Dieu est amour : celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu en lui.

Voici comment l'amour, parmi nous, atteint sa perfection : il nous donne de l'assurance pour le jour du jugement. Car ce que nous sommes dans ce monde est à l'image de ce que Jésus est lui-même.

Il n'y a pas de crainte dans l'amour, l'amour parfait chasse la crainte ; car la crainte est liée au châtiment, et celui qui reste dans la crainte n'a pas atteint la perfection de l'amour.

Nous aimons parce que Dieu lui-même nous a aimés le premier.

Si quelqu'un dit : « J'aime Dieu », alors qu'il a de la haine contre son frère, c'est un menteur. En effet, celui qui n'aime pas son frère, qu'il voit, est incapable d'aimer Dieu, qu'il ne voit pas.

 Et voici le commandement que nous avons reçu de lui : celui qui aime Dieu, qu'il aime aussi son frère.

1 Jean 4, 14-21

 



Commentaires

« Croire dans la charité suscite la charité », c'est le thème du message de Benoit XVI pour notre carême.

Foi et charité sont deux vertus théologales inséparables, la charité ne pouvant être réduite à la seule aide humanitaire mais liée au service de la Parole. Le fait de croire en Dieu, dans le Dieu de Jésus Christ, et l'amour qui est le fruit de l'action de l'Esprit Saint et qui nous guide sur un chemin de consécration à Dieu et aux autres, sont étroitement liés.

Le pape explique que l'attitude de celui qui met trop l'accent « sur la priorité et le caractère décisif de la foi au point d'en sous-évaluer et de presque en mépriser les œuvres concrètes de la charité et de la réduire à un acte humanitaire générique, est limitante ». et « il est tout aussi limitant de soutenir une suprématie exagérée de la charité et de son activité en pensant que les œuvres remplaçant la foi ».

 

Pour une vie spirituelle saine, il est nécessaire de fuir aussi bien le fidéisme que l'activisme moralisateur. Parfois l'homme a tendance à « circonscrire le terme de charité à la solidarité ou à la simple aide humanitaire ». Benoît XVI rappelle que la plus grande œuvre de charité est l'évangélisation. Les œuvres de charité ne sont pas principalement le fruit de l'effort humain mais naissent de la foi elle-même, elles jaillissent de la Grâce que Dieu offre en abondance. « Une foi sans œuvre est comme un arbre sans fruits : ces deux vertus s'impliquent réciproquement »

 

« Dans la vie chrétienne tout part de l'Amour et tend à l'Amour » rappelle le Pape. « L'amour gratuit de Dieu nous est communiqué à travers l'annonce de l’Évangile. Si nous l’accueillons nous recevons ce premier et indispensable contact avec le divin en mesure de nous faire « aimer l'Amour » pour ensuite demeurer et croître dans cet amour et le communiquer avec joie aux autres. Ainsi le service du prochain n'est pas un « commandement » mais plutôt « une conséquence découlant de la foi qui devient agissante dans l'amour ». Une attitude qui, chez les chrétiens jaillit essentiellement « de la conscience d'être aimés, pardonnés et même servis par le Seigneur ».

 

Ainsi va l 'encouragement de vivre le carême comme un temps propice pour redécouvrir le juste rapport entre foi et charité. Le Pape invite à alimenter la foi à travers une écoute plus attentive et prolongée de la Parole de Dieu et la participation aux Sacrements, et dans le même temps, à croître dans la charité, dans l'amour de Dieu et envers le prochain, également à travers les indications concrètes du jeune, de la pénitence et de l’aumône .

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