En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Pâques : année de la foi : le credo (8) : La Résurrection

Publié le Samedi 30 mars 2013


La Rédemption de l'humanité, abside saint Clément de Rome, 12/13e

 

La fraîcheur et la vitalité de cette mosaïque expriment une inspiration théologique profonde. Son style montre une influence byzantine mais aussi un retour aux représentations du premier christianisme.

 

Toute l'histoire du salut est représentée. La croix est l'instrument du triomphe par lequel le Christ règne et est glorifié.

 

Dans la partie inférieure de l'abside à l'ombre des rameaux de la vigne (représentés par une grande touffe d'acanthe irriguée par le sang du Christ) des hommes et des femmes vaquent à leurs préoccupations quotidiennes. Tous reçoivent du Christ en croix la plénitude féconde du pardon et de la vie nouvelle.

 

Dans la partie moyenne de l'abside sont représentés les prophètes et les docteurs de l’Église qui prêchent le Verbe de Dieu. Nourris par la doctrine le sacrifice et les sacrements de la croix, les fidèles peuvent rejoindre les sommets de la vie spirituelle représentés symboliquement dans la partie supérieure. Ainsi ils se préparent à la mort, à la rencontre avec le Christ Juge et à l'entrée de la vie éternelle,où les saints les ont précédés. Leurs actions seront jugées à la lumière de la vérité révélée par Dieu, comme le rappellent les quatre évangélistes représentés sur l'arc triomphal.

 

Au sommet de l'abside, le monogramme du Christ, alpha et oméga, signifie la victoire que Jésus Christ a remporté sur la mort par sa propre mort sur la croix.

La rencontre entre le ciel (arc triomphal) et la terre (abside) se fait dans la main du Père qui dirige le cours de l'histoire et offre la couronne de la victoire à son fils Jésus Christ et à tous ceux qui le suivent comme la lumière de la vie.

 

La croix est la figure centrale , elle est le trône sur lequel le Roi-Rédempteur règne et attire à lui toutes choses (Jn 12,32). le sauveur du monde est fixé à la croix, à coté de lui Marie et Jean. Douze colombes blanches symbolisent les apôtres qui ont porté la « Bonne Nouvelle » de la Rédemption aux quatre coins du monde. Le visage du Christ rayonnant comme le soleil exprime sans autre explication « je suis la résurrection et la vie ». (Jn 11 ,25)

 

Les douze agneaux de la partie inférieure sortent de deux cités, Bethléem et Jérusalem, figurent les douze apôtres ; ils se dirigent vers l'agneau de Dieu, Jésus Christ,au centre avec une auréole.

 

En bas de la mosaïque les paroles du Christ sont inscrites : « je suis la vigne et vous êtes les sarments » (Jn 15,5)

 

Ainsi cette mosaïque symbolise le triomphe du Christ. La croix ne donne pas la mort, mais la vie. Une vie qui jaillit et fait irruption dans l'univers, de sorte que le monde entier la reçoit et l'a en abondance.



Le texte biblique

Lorsque Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla au-devant de lui, tandis que Marie était assise dans la maison.

Marthe dit à Jésus : «  Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort.

Mais maintenant encore, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te le donnera. « 

Jésus lui dit : «  Ton frère ressuscitera. « 

«  Je sais, répondit-elle, qu'il ressuscitera lors de la résurrection, au dernier jour. « 

Jésus lui dit : «  Je suis la Résurrection et la Vie : celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra.

 

Jean 11 20-25



Commentaires

Notre démarche de carême en cette année de la foi se termine avec son point culminant : la Résurrection qui récapitule toute l'histoire du salut ; Écoutons encore quelques Pères de l'Eglise :

 

Saint Basile de Séleucide 

"Je suis le bon pasteur ! Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis." Pilate a vu ce pasteur, les juifs l’ont vu, conduit à la croix pour son troupeau, comme le chœur des Prophètes qui, bien avant la Passion, annonçaient clairement : "Comme un agneau il est conduit à la boucherie, comme devant les tondeurs une brebis muette." Il ne refuse pas la mort, il ne fuit pas le jugement, il ne repousse pas ceux qui le crucifient. Il n’a pas subi la Passion, il l’a voulue pour ses brebis : "J’ai le pouvoir de déposer ma vie, dit-il, et le pouvoir de la reprendre." Il détruit la passion par sa Passion, la mort par sa mort ; par son tombeau, il ouvre les tombeaux, il ébranle les enfers, il en fait sauter les verrous. Les tombeaux sont scellés et la prison fermée tant que le Berger ne descend dans la mort pour y annoncer la libération à celles de ses brebis qui sont endormies. On le voit aux enfers ; il donne l’ordre d’en sortir. On le voit renouveler là l’appel à la vie. "Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis" : c’est ainsi qu’il cherche l’amour de ses brebis. Aime le Christ celui qui sait entendre sa voix"

 Saint Basile de Séleucide, mort après 468, (Homélie 26 sur le Bon pasteur)

 

Maxime de Turin (évêque, mort en 423) prêche sur ce jour qui n’a pas de nuit, insistant sur cette résurrection qui poursuit son œuvre en nous tous :

 Car la résurrection du Christ est vie pour les morts, pardon pour les pécheurs, gloire pour les saints. Le saint Prophète invite toutes les créatures à fêter la résurrection du Christ, car il dit qu’il faut exulter et se réjouir en ce jour que le Seigneur a fait. […]

La lumière du Christ est un jour qui n’a pas de nuit, un jour qui n’a pas de fin. […] Que le Christ soit lui-même ce jour, l’Apôtre nous le dit : La nuit est partie, le jour est arrivé. La nuit est partie, dit-il, donc elle ne viendra plus ; comprenez-le : lorsque survient la lumière du Christ, elle dissipe les ténèbres du démon, et elle n’est pas suivie par la nuit du péché ; elle chasse par sa splendeur permanente l’obscurité présente , elle arrête la progression sournoise du péché. […]

C’est le Fils en personne qui est le jour, car le Père qui est aussi le jour lui dévoile son mystère. Je dis bien : il est le jour, lui qui a dit par la bouche de Salomon : J’ai fait se lever dans le ciel la lumière sans déclin.

De même que la nuit ne succède jamais à ce jour céleste, de même les ténèbres du péché ne succèdent pas à la justice du Christ. C’est pour toujours que la lumière céleste resplendit, éclaire et brille, et aucune obscurité ne peut l’emprisonner. De même, c’est pour toujours que la lumière du Christ étincelle, rayonne, illumine, et ne peut être arrêtée par aucune obscurité des péchés, ce qui fait dire à saint Jean : La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. […]

Donc, mes frères, nous devons tous exulter en ce saint jour. Que personne ne se soustraie à la joie commune parce qu’il a conscience de ses péchés, que personne ne soit écarté des prières communes par le fardeau de ses fautes ! En un tel jour, même le pécheur ne doit pas désespérer du pardon ; c’est en effet un grand privilège. Si le malfaiteur a obtenu le paradis, pourquoi le chrétien n’obtiendrait-il pas le pardon ?"

 

Maxime de Turin (évêque, évêque de Turin vers 398) Homélie pour la Pâque, 53, 1-2-4,
 

Enfin Bernard Sesboué, théologien contemporain

"La résurrection de Jésus est au cœur de la foi chrétienne, au même titre que la Passion et la croix. On a pu définir le chrétien comme celui qui croit au Christ ressuscité d’entre les morts. Inutile de souligner le caractère provocant d’une telle affirmation qui contredit l’expérience humaine la plus universelle, elle du caractère irréversible de la mort. Comme le dit le bon sens populaire : "Personne n’en est jamais revenu." La foi chrétienne proclame au contraire : Si ! un homme en est revenu, Jésus de Nazareth et sa résurrection est la promesse de la nôtre.

Mais d’abord que veut-on dire par résurrection ? Les images que les uns ou les autres s’en font varient. Elles vont de la réanimation du cadavre, qui retourne à sa situation biologique antérieure, à une interprétation tellement désincarnée que l’on voit mal la différence avec l’immortalité de l’âme, notion bien connue à l’époque des Grecs et des Juifs hellénisés. S’il est un point sur lequel il convient de déminer patiemment le terrain, c’est bien celui-là."

 

Bernard Sesboue, théologien  jésuite né en 1929, Croire, Invitation à la foi catholique pour les hommes et les femmes du XXIe siècle, Droguet et Ardant, 1999, p. 303

 

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