En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Saint Etienne

Publié le Mardi 16 avril 2013


Rembrandt (1606-1669), le martyr de saint Etienne, 1625, Musée des Beaux arts de Lyon

 

Ce tableau est le plus ancien tableau de Rembrandt qui nous soit parvenu, l'artiste a alors 19 ans.

Le peintre représente le moment précis où Étienne, jeune diacre de la communauté chrétienne de Jérusalem, est poussé hors des murs de la ville par une foule hostile.

Au centre le martyr est encerclé de nombreux personnages aux grands gestes hostiles. Tombé à genoux, il semble invoquer le ciel, le rayon de lumière qui l'illumine pouvant faire allusion à une vision divine située au-delà du tableau. Comme si cette foule n'était pas assez dense à son gré, Rembrandt a rempli les moindres espaces libres entre les protagonistes du premier plan par des têtes de badauds plus éloignés. Encadrant le groupe central divers personnages assistent au spectacles ; la composition respire l'agitation d'une scène grouillante, le tumulte, la violence et la douleur.

La description est expressive. Une diagonale bien visible divise le tableau en deux zones de lumière fortement contrastées. A gauche figurent sur un trône le chef des prêtres et à l'arrière plan sans doute Saul qui encourage l'exécution. Au centre, en pleine lumière, la scène de lapidation. L'effet de clair-obscur ainsi créé donne à la scène une atmosphère dramatique. Les gestes suspendus des accusateurs munis de pierres, la tension de leur corps, l'expression de leur visage agressif et la calme béatitude du saint sont autant d'éléments qui dynamisent l'ensemble.

 



Le texte biblique

  Hommes à la tête dure, votre coeur et vos oreilles ne veulent pas connaître l'Alliance : depuis toujours vous résistez à l'Esprit Saint ; vous êtes bien comme vos pères !

 Y a-t-il un prophète que vos pères n'aient pas persécuté ? Ils ont même fait mourir ceux qui annonçaient d'avance la venue du Juste, celui-là que vous venez de livrer et de mettre à mort.

 Vous qui aviez reçu la loi communiquée par les anges, vous ne l'avez pas observée. »

 En écoutant cela, ils s'exaspéraient contre lui, et grinçaient des dents.

 Mais Étienne, rempli de l'Esprit Saint, regardait vers le ciel ; il vit la gloire de Dieu, et Jésus debout à la droite de Dieu.

 Il déclara : « Voici que je contemple les cieux ouverts : le Fils de l'homme est debout à la droite

de Dieu. »

 Ceux qui étaient là se bouchèrent les oreilles et se mirent à pousser de grands cris ; tous à la fois, ils se précipitèrent sur lui,

l'entraînèrent hors de la ville et commencèrent à lui jeter des pierres. Les témoins avaient mis leurs vêtements aux pieds d'un jeune homme appelé Saul.

Étienne, pendant qu'on le lapidait, priait ainsi : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. »

 Puis il se mit à genoux et s'écria d'une voix forte : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché. » Et, après cette parole, il s'endormit dans la mort.

 Quant à Saul, lui aussi approuvait ce meurtre. 

 

Actes 7,51 à 8,1a



Commentaires

Nous lisons aujourd'hui la fin du discours d’Étienne et son martyr.

Il parle durement à ses auditeurs, littéralement : « hommes à la nuque raide et incirconcis de cœur et d'oreilles ». Il fait ainsi allusion au peuple idolâtre dans le désert après l'affaire du veau d'or, en exprimant par ces images son obstination dans la désobéissance. (Ex 32,9;33,5). C’est une image utilisée par Jérémie (6,10;9,26) pour dire l'incapacité de Jérusalem à s'ouvrir aux réalités spirituelles. Étienne reproche à ses auditeurs de résister à l'Esprit Saint, comme leurs pères qui ont persécuté les prophètes... Peut-être généralise-t-il un peu abusivement !

Sans nommer Jésus, Étienne se borne à évoquer les prophètes qui annonçaient d'avance la venue du Juste,  « celui-là que vous venez de livrer et de mettre à mort ». Son propos est seulement accusateur. Il souligne aussi que ceux qui l'accusent de parler contre le Loi ne l'ont pas observée eux-mêmes.

Le discours d’Étienne a exaspéré ses interlocuteurs, Étienne apparaît comme un adversaire dangereux. Étienne lui-même prend conscience qu'il a signé son arrêt de mort ; mais il est rempli de l'Esprit Saint qui lui fait voir la gloire invisible de Dieu... Il le clame : « voici que je contemple les cieux ouverts, le Fils de l'Homme est debout à la droite de Dieu. »

Les membres du sanhédrin ne peuvent en entendre plus.. ils sortent pour le lapider sans autre forme de procès.

Étienne, comme Jésus lors de sa mort, remet son esprit entre les mains du Père, demande pardon pour ses persécuteurs, ultime témoignage public, puis il s'endort dans la mort.

Luc fait apparaître ici pour la première fois dans son récit, Saul, encore jeune homme, qui ne pouvait participer activement à la mise à mort, mais qui approuvait ce meurtre. Plus tard, Paul lui-même menacé de lynchage, confirmera le fait devant la foule de Jérusalem (22,20)

 

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