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La Transfiguration

Publié le Mardi 6 août 2013


Fra Angelico, (vers 1400- 1455), La transfiguration, vers 1440, couvent saint Marc, Florence

 

Dans cette fresque de la cellule n°6 du couvent saint Marc à Florence, Fra Angelico représente le Christ prenant à lui seul presque toute la surface de la fresque.

Jésus est placé à l'intérieur d'une grande mandorle d'un blanc éclatant, elle même posée sur un fond or. Tout éclate. Cela prouve une qualité magnifique de peinture, une maîtrise des coloris. Le Christ est auréolé d'un nimbe crucifère et est vêtu d'un manteau également blanc. Ses pieds sont posés sur un rocher et il étend les bras en croix qui dépassent la mandorle, hors de la représentation de la sphère divine, annonce-t-il sa passion qu'il doit vivre sur terre  ? ses yeux sont baissés et tournés vers les apôtres.

 

Moïse et Elie ne sont représentés que par leur visage de chaque coté du Christ, et au-dessous d'eux la Vierge et saint Dominique (souvent présent dans les peintures de Fra Angelico, comme témoin de scènes évangéliques), les mains jointes en prière, sont représentés en pied. Ils sont témoins de la théophanie.

 

En bas Pierre nous regarde de face, nous prend-il à témoin ? C'est le seul apôtre dont on voit le visage. Il s'étonne et lève les mains pour se protéger de la lumière éblouissante, surnaturelle.

Jacques également, de dos, lève la main pour se cacher de la lumière. Il tente de se lever mais en vain.

Jean, les mains jointes en prière, est à genoux, les yeux grand ouverts, regarde timidement les pieds de Jésus.

Les apôtres, chacun à leur manière, sont apeurés. Avec les saints représentés, ils prient, ils ont été choisis pour avoir un regard assez pur pour discerner la gloire de Dieu.

L'intensité du message passe par la merveilleuse harmonie chromatique, à la qualité du dessin, à la légèreté de l'ensemble qui nous emmène dans un monde autre.



Le texte biblique

Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il alla sur la montagne pour prier.

 Pendant qu'il priait, son visage apparut tout autre, ses vêtements devinrent d'une blancheur éclatante.

Et deux hommes s'entretenaient avec lui : c'étaient Moïse et Élie,

apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait se réaliser à Jérusalem.

Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, se réveillant, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés.

Ces derniers s'en allaient, quand Pierre dit à Jésus : « Maître, il est heureux que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il ne savait pas ce qu'il disait.

 Pierre n'avait pas fini de parler, qu'une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu'ils y pénétrèrent.

Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j'ai choisi, écoutez-le. »

Quand la voix eut retenti, on ne vit plus que Jésus seul.Les disciples gardèrent le silence et, de ce qu'ils avaient vu, ils ne dirent rien à personne à ce moment-là.

 

Lc 9, 28b-36



Commentaires

Luc veut donner à voir la gloire annoncée de Jésus, qui est déjà présente. Nous assistons à une véritable théophanie : Jésus se manifeste comme Seigneur dans la gloire, gloire qu'il atteindra après sa vie sur terre, sa mort sur la croix et sa résurrection. Mais cette gloire elle est déjà présente aux yeux de ceux à qui Dieu la révèle.

 

La présence d'Elie et de Moïse veut indiquer l'accomplissement de l'Alliance dont il est question dans le livre de l'Exode (Ex 24), l'idée de la nouveauté des temps, de la création nouvelle : on attendait alors un nouveau Moïse, et Elie est le prophète qui précède la venue du Règne de Dieu. Ainsi il est suggéré que vont s'accomplir toutes les attentes de l’Écriture.

 

La vision relatée ici est toute entière sous le signe de la gloire, comme lieu de la présence de Dieu.

Jésus est monté sur la montagne pour prier, tout est sous le signe de la prière. C'est au cours de sa prière que Jésus va apparaître « autre » aux yeux des disciples, sa prière est le lieu de relation la plus intime avec Dieu son Père.

 La gloire enveloppe d'abord Moïse, Elie et Jésus avec eux, et ils parlaient de son voyage à Jérusalem (son propre « exode ») : Jésus va reprendre à son compte tout ce qu'a vécu Israël depuis la sortie d’Égypte, et en même temps lui donner une dimension nouvelle : il est déjà du coté de Dieu dans la gloire. Luc exprime ainsi une articulation extraordinaire entre exode et gloire.

Les disciples peuvent ainsi contempler et entendre qui est celui qu'ils accompagnent : la nuée les couvre de son ombre, cela évoque la présence de Dieu (comme au Sinaï ou encore lors de la promesse de l'ange à Marie).

 La voix venue de la nuée est la même que celle du baptême de Jésus, ou lors de la crucifixion, et désigne Jésus comme « mon fils, celui que j'ai choisi ».

 Le ministère de Jésus en Galilée se termine donc par cette extraordinaire vision réservée aux trois disciples. Celui qui prend la route pour Jérusalem et y être crucifié est bien le Fils de Dieu, son « Élu ». Même si sa glorification est annoncée Jésus choisit librement de mener jusqu'au bout la mission qui lui est confiée, Dieu ne l'abandonnera pas. Le disciple croyant qui marche à sa suite, sait qu'il peut garde confiance.

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