En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Relève-toi et va : ta foi t'a sauvé

Publié le Mardi 12 novembre 2013


Job atteint de la lèpre, Grégoire le Grand, Moralia, milieu du 12e siècle, manuscrit latin, Bibliothèque Nationale de France.

 

 Les Morales sur Job sont un commentaire du Livre de Job écrit par Grégoire de Grand (532-604) (pape en 590). Grégoire prêcha une série de sermons à propos du Livre de Job pour les frères de sa communauté. Le sujet du livre est la mise à l'épreuve de Job, à laquelle répond l'endurance de Job qui tient bon jusqu’au bout. Après avoir dispersé tous ses biens et fait mourir tous ses enfants, Satan frappe Job dans sa propre chair en lui infligeant une maladie infamante : « Satan se retira de devant Yahvé et il frappa Job de plaies purulentes, depuis la plante des pieds jusqu’au sommet de la tête.  Job s’assit alors sur un tas de cendres et ramassa un morceau de poterie pour se gratter » ( Jb 2,7-8). C'est l'objet de la planche dont nous regardons ici un détail.

 

 

L’œuvre de Grégoire le Grand est une œuvre exégétique importante, qui comporte 35 livres . Les Moralia formetn un commentaire à la fois littéral, historique, mystique et surtout moral du livre de Job. Grégoire prend le moindre détail du texte biblique pour se lancer dans des lectures allégoriques à caractère moral ou spirituel. Il met en scène des animaux pour illustrer la lutte du bien et du mal. L’enluminure reprend cet aspect très imagé et figuratif.

 

Satan a pris l'allure d'un horrible monstre qui attaque Job et de ses mains lui inflige des plaies virulentes. Job, le dos courbé, assis sur un rocher, subit sans rien dire, et tente de gratter ses plaies avec un tesson de poterie. Il ne veut pas maudire Dieu mais peu à peu il se plaint du silence de Dieu. Finalement Job s'en remet tout entier à la volonté du Tout-Puissant. Ce sera la fin de son épreuve, il retrouve plus que qu'il n'avait naguère reçu. L'auteur du Livre souligne la générosité de Dieu à l'égard des justes.



Le texte biblique

  Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la Samarie et la Galilée.

 Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s'arrêtèrent à distance,

 et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. »

 En les voyant, Jésus leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. » En cours de route, ils furent purifiés.

L'un d'eux, voyant qu'il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix.

Il se jeta la face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c'était un Samaritain.

Alors Jésus demanda : « Est-ce que tous les dix n'ont pas été purifiés ? Et les neuf autres, où sont-ils ?

On ne les a pas vus revenir pour rendre gloire à Dieu ; il n'y a que cet étranger ! »

Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t'a sauvé. »

 

Luc 17,11-19



Commentaires

Jésus continue sa route à travers la Samarie et la Judée vers Jérusalem pour accomplir sa mission jusqu’au bout.

Il traverse à nouveau la Samarie et Luc souligne combien Jésus traversait fréquemment cette région et rencontrait ses habitants considérés par les Juifs comme impurs : tout juif pieux préférait faire un long détour pour passer de Galilée en Judée, plutôt que de passer au milieu de ce peuple à la religion mélangée.

 

Il guérit dix lépreux, donc un nombre important de malades, tous les hommes atteints par la lèpre du péché, incapables de glorifier leur Dieu qu'ils ne connaissent plus.

Pour la tradition juive, ces lépreux portent le poids de leurs fautes personnelles , ils sont considérés comme « impurs » et mis au banc de la société. Pourtant ils crient vers Jésus, « Dieu sauve » tout en venant à sa rencontre, ils l'appellent Seigneur, titre donné par les apôtres seulement dans l'évangile de Luc.

La scène fait écho à l'une des toutes premières guérisons en Galilée, qui était déjà celle d'un lépreux (Lc 5, 12-16).

Ici les lépreux ne viennent pas implorer la puissance de Jésus, mais s'avançant vers Jésus tout en restant à distance, ils implorent sa pitié, sans demander formellement la guérison. Leur cri « Aie pitié de nous » a une forte connotation liturgique. Le geste de Jésus n'est pas décrit, il se contente de les envoyer faire constater leur guérison.

 

Jésus les renvoie se montrer aux prêtres ; tous obéissent à la parole de Jésus et obtiennent la guérison : en route, ils sont purifiés.

 

L'un des lépreux rebrousse chemin et vient se jeter aux pieds de Jésus en glorifiant Dieu et en rendant grâce.

Il se trouve que cet homme est un samaritain, un étranger, un homme exclu du culte de Jérusalem. Il reconnaît la seigneurie divine de Jésus. C'est ce lépreux qui obéit à l'ordre de Jésus : c'est au grand prêtre de l' Alliance nouvelle qu'il fallait se montrer, celui qui va sauver tous les hommes.

 

Jésus ne lui demande pas de se taire ; il lui dit « lève toi, marche et foi t'a sauvé ». Une foi qui unit à Jésus, qui peut relever d'une mort spirituelle, qui peut nous faire vivre dès maintenant une vie de ressuscité.

 

Ici est réuni l'essentiel de que le lecteur a appris de Jésus : il est la présence miséricordieuse de Dieu qui guérit et sauve les hommes perdus en les appelant à la foi et à l'action de grâce.

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