En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Vivons notre carême avec le Pape François en méditant sur la pauvreté (2)

Publié le Mercredi 12 mars 2014


 

Etre homme parmi les hommes, le baptême de Jésus




Le Pérugin, Baptême du Christ, 1482, Chapelle Sixtine, Vatican

Le Pérugin situe le baptême de Jésus conformément à l'Ecriture dans la campagne près du Jourdain, De part et d'autre de Jésus et de Jean Baptiste, une grande foule contemple la scène, participants et nouveaux baptisés. En haut est figurée la colombe du Saint Esprit envoyée par Dieu. Celui-ci est représenté dans une nimbe de lumière avec des séraphins et des chérubins ; le nimbe est encadré par deux anges déroulant des rubans. La scène est circonstanciée avec une vision symbolique de Rome.

 



La raison qui a poussé Jésus à se faire pauvre n’est pas la pauvreté en soi, mais, – dit saint Paul – [pour que] « … vous deveniez riches par sa pauvreté ». Il ne s’agit pas d’un jeu de mots, ni d’une figure de style ! Il s’agit au contraire d’une synthèse de la logique de Dieu, de la logique de l’amour, de la logique de l’Incarnation et de la Croix.

Dieu n’a pas fait tomber sur nous le salut depuis le haut, comme le ferait celui qui donne en aumône de son superflu avec un piétisme philanthropique. Ce n’est pas cela l’amour du Christ ! Lorsque Jésus descend dans les eaux du Jourdain et se fait baptiser par Jean Baptiste, il ne le fait pas par pénitence, ou parce qu’il a besoin de conversion ; il le fait pour être au milieu des gens, de ceux qui ont besoin du pardon, pour être au milieu de nous, qui sommes pécheurs, et pour se charger du poids de nos péchés. Voilà la voie qu’il a choisie pour nous consoler, pour nous sauver, pour nous libérer de notre misère. Nous sommes frappés par le fait que l’Apôtre nous dise que nous avons été libérés, non pas grâce à la richesse du Christ, mais par sa pauvreté. Pourtant saint Paul connaît bien « la richesse insondable du Christ » (Ep 3, 8) « établi héritier de toutes choses » (He 1, 2).

Message du Pape François pour le carême 2014



Le texte biblique

En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée :« Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »

Jean est celui que désignait la parole prononcée par le prophète Isaïe : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.

 Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage.

 Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui,

 et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés.

Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens se présenter à son baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ?

 Produisez donc un fruit digne de la conversion.

N’allez pas dire en vous-mêmes : “Nous avons Abraham pour père” ; car, je vous le dis : des pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham.

 Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu.

 Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.

 Il tient dans sa main la pelle à vanner, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »

 Alors paraît Jésus. Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui.

Jean voulait l’en empêcher et disait : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! »

Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » Alors Jean le laisse faire.

 Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.

 Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »

 

 

Matthieu 3, 1-17



Commentaires

L'humilité du Christ est le remède à notre orgueil

« Vous le savez, mes frères, vous l'avez appris lorsque vous avez commencé à croire en Jésus Christ, et nous vous le rappelons constamment dans l'exercice de notre ministère : le remède à l'enflure de l'homme est l'humilité du Christ. En effet, l'homme n'aurait pas péri s'il ne s'était laissé enfler par l'orgueil. Comme le dit l'Ecriture, l'orgueil est le commencement de tout péché. (Ecc 10,15). A ce commencement de tout péché, il a fallu opposer le commencement de toute justice. Si donc le commencement de tout péché est l'orgueil, d'où serait venue la guérison de cette excroissance qu'est la superbe si Dieu n'avait daigné se faire humble ? Que l'homme rougisse de son orgueil en face de l'humilité de Dieu [….] le Christ notre Seigneur a daigné s'humilier en tout ; il nous a montré la voie ; à nous de consentir à y marcher ».

Le Christ humble est le chemin vers la patrie

Celui qui possédait une telle puissance a eu faim, soif, il a été fatigué, il a dormi, il a été garroté, déchiré de coups, crucifié, mis à mort. Voilà le chemin tracé: marche dans cette voie d'humilité pour parvenir à l'éternité. Le Christ Dieu est la patrie vers laquelle nous allons ; le Chrsit homme est la voie par où nous marchons. Nous marchons vers lui ; nous marchons par lui ; pourquoi craignons- nous de nous égarer ? Sans quitter son Père il est venu parmi nous. Il prenait le sein de sa mère et il soutenait le monde. Il gisait dans la crèche et il nourrissait les anges. Il est Dieu et homme, le même Dieu qui est homme et le même homme qui est Dieu.

[…] Il ne dirait pas monter vers le Fils de l'homme, s'il n'était en haut ; ni descendre vers le Fils de l'homme s'il n'était en bas. Il est lui-même en haut et en bas, en haut dans sa personne, en bas dans les siens, en haut auprès de Dieu, en bas parmi nous.

[…] Et toi, qu'es-tu ? Riche ou pauvre ? Beaucoup me disent : je suis pauvre, et ils disent vrai. Je connais un pauvre qui possède quelque chose ; j'en connais complètement indigent. Un tel est abondament pourvu d'or et d'argent. Oh ! S'il sentait combien il est pauvre ! Il le sentira s'il regarde le pauvre qui l'avoisine. Comment cela ? Quelle que soit d'ailleurs ton opulence, toi qui es riche, tu n'es qu'un mendiant auprès de Dieu. Voici l'heure de la prière; c'est là que je t'attends. Tu demandes ; n'es-tu pas pauvre puisque tu demandes ? J'ajoute : tu demandes du pain. Ne dis-tu pas effectivement : donne -nous aujourd'hui notre pain quotidien ? Toi qui demandes ton pain quotidien, es-tu pauvre ou rioche ? Et pourtant le Christ ne craint pas de te dire : donne moi de ce que je t'ai donné. En effet qu'as-tu apporté en venant au monde ? Tout ce que tu as trouvé dans la création, c'est moi qui l'ai créé ; tu n'as rien apporté, tu n'emporteras rien. »

Saint Augustin, (+ 432) Sermon 123, humilité du Christ

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