En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Vivons notre carême avec le Pape François en méditant sur la pauvreté (7)

Publié le Mercredi 16 avril 2014


7. L’Évangile est l’antidote véritable contre la misère spirituelle 


Guido Reni, 1575-1642, La charité, Palais Pitti, Florence

 

Dans la tradition iconographique, la charité est souvent représentée sous les traits d'une jeune femme allaitant des nourrissons.

 

 

Annoncer la joie de la charité

« Le chrétien est appelé à porter en tout lieu cette annonce libératrice selon laquelle le pardon pour le mal commis existe, selon laquelle Dieu est plus grand que notre péché et qu’il nous aime gratuitement, toujours, et selon laquelle nous sommes faits pour la communion et pour la vie éternelle. Le Seigneur nous invite à être des hérauts joyeux de ce message de miséricorde et d’espérance ! Il est beau d’expérimenter la joie de répandre cette bonne nouvelle, de partager ce trésor qui nous a été confié pour consoler les cœurs brisés et donner l’espérance à tant de frères et de sœurs qui sont entourés de ténèbres. Il s’agit de suivre et d’imiter Jésus qui est allé vers les pauvres et les pécheurs comme le berger est allé à la recherche de la brebis perdue, et il y est allé avec tout son amour. Unis à Lui, nous pouvons ouvrir courageusement de nouveaux chemins d’évangélisation et de promotion humaine.

Chers frères et sœurs, que ce temps de Carême trouve toute l’Église disposée et prête à témoigner du message évangélique à tous ceux qui sont dans la misère matérielle, morale et spirituelle ; message qui se résume dans l’annonce de l’amour du Père miséricordieux, prêt à embrasser toute personne, dans le Christ. Nous ne pourrons le faire que dans la mesure où nous serons conformés au Christ, Lui qui s’est fait pauvre et qui nous a enrichi par sa pauvreté. Le Carême est un temps propice pour se dépouiller ; et il serait bon de nous demander de quoi nous pouvons nous priver, afin d’aider et d’enrichir les autres avec notre pauvreté. N’oublions pas que la vraie pauvreté fait mal : un dépouillement sans cette dimension pénitentielle ne vaudrait pas grand chose. Je me méfie de l’aumône qui ne coûte rien et qui ne fait pas mal.

Que l’Esprit Saint, grâce auquel nous « [sommes] pauvres, et nous faisons tant de riches, démunis de tout, et nous possédons tout » (2 Co 6, 10), nous soutienne dans nos bonnes intentions et renforce en nous l’attention et la responsabilité vis-à-vis de la misère humaine, pour que nous devenions miséricordieux et artisans de miséricorde. Avec ce souhait je vous assure de ma prière, afin que tout croyant et toute communauté ecclésiale puisse parcourir avec profit ce chemin de Carême. Je vous demande également de prier pour moi. Que le Seigneur vous bénisse et que la Vierge Marie vous garde. »

Message du Pape François pour le carême 2014

 



Le texte biblique

En tant que coopérateurs de Dieu, nous vous exhortons encore à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de lui.

 Car il dit dans l’Écriture : Au moment favorable je t’ai exaucé, au jour du salut je t’ai secouru. Le voici maintenant le moment favorable, le voici maintenant le jour du salut.

 Pour que notre ministère ne soit pas exposé à la critique, nous veillons à ne choquer personne en rien.

Au contraire, en tout, nous nous recommandons nous-mêmes comme des ministres de Dieu : par beaucoup d’endurance, dans les détresses, les difficultés, les angoisses,

les coups, la prison, les émeutes, les fatigues, le manque de sommeil et de nourriture,

par la chasteté, la connaissance, la patience et la bonté, la sainteté de l’esprit et la sincérité de l’amour,

 par une parole de vérité, par une puissance qui vient de Dieu ; nous nous présentons avec les armes de la justice pour l’attaque et la défense,

 dans la gloire et le mépris, dans la mauvaise et la bonne réputation. On nous traite d’imposteurs, et nous disons la vérité ;

 on nous prend pour des inconnus, et nous sommes très connus ; on nous croit mourants, et nous sommes bien vivants ; on nous punit, et nous ne sommes pas mis à mort ;

 on nous croit tristes, et nous sommes toujours joyeux ; pauvres, et nous faisons tant de riches ; démunis de tout, et nous possédons tout.

 

2 Cor 6, 1-10



Commentaires

La richesse du pauvre se communique

Ceux qui s’approchent du pauvre le font d’abord dans un désir de générosité, pour l’aider et le secourir ; ils se prennent pour des sauveurs et souvent se mettent sur un piédestal. Mais en touchant le pauvre, en l’atteignant, en établissant une relation aimante et confiante avec lui, le mystère se dévoile. Au cœur de l’insécurité du pauvre il y a une présence de Jésus. C’est alors qu’ils découvrent le sacrement du pauvre et qu’ils touchent au mystère de la compassion. Le pauvre semble briser les barrières de la puissance, de la richesse, de la capacité et de l’orgueil ; il fait fondre ces carapaces que le cœur humain met autour de lui pour se protéger. Le pauvre révèle Jésus-Christ. Il fait découvrir à celui qui est venu pour « l’aider », sa propre pauvreté et sa propre vulnérabilité ; il lui fait découvrir aussi sa capacité d’aimer, les puissances aimantes de son cœur. Le pauvre a un pouvoir mystérieux : dans sa faiblesse, il devient capable de toucher les cœurs endurcis et de leur révéler les sources d’eau vive cachées eneux. C’est la toute petite main de l’enfant dont on n’a pas peur et qui se glisse à travers les barreaux de notre prison d’égoïsme. Il arrive à ouvrir la serrure. Il libère. Et Dieu se cache dans l’enfant.

Les pauvres nous évangélisent. C’est pour cela qu’ils sont les trésors de l’Église.

 

Jean Vanier, La communauté, lieu du pardon et de la fête, éditions Fleurus/Bellarmin, 2004, p. 98.

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