En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Saint Ignace, séparation des bons et des mauvais

Publié le Jeudi 31 juillet 2014


Cathédrale d'Amiens, La séparation des hommes au jugement dernier, Portail du jugement dernier, 13e siècle

 

Les portails de la cathédrale d'Amiens de la façade ouest comme celui du transept sud, sont richement ornés de sculptures qui présentent tout un programme théologique.

Le grand portail central, dit du jugement dernier (dit parfois aussi portail du Beau Dieu), est entouré des portails de la Mère de Dieu et celui de saint Firmin.

 

Au niveau inférieur du tympan, les ressuscités sortent de leurs tombeaux au son de la trompette. Au niveau intermédiaire les damnés sont séparés des élus et, entièrement nus ; poussés par des démons, ils se dirigent vers la gueule d'un monstre, le Léviathan.

Et au registre supérieur le Christ sur son trône, les mains levées, procède au jugement.

 

Les réprouvés sont poussés par des diables dans la gueule géante d'un Léviathan et les anges au-dessus d'eux sont armés d'épées de feu, les justes étant dirigées vers la porte du ciel que leur ouvre saint Pierre.

Les visages des damnés expriment la détresse et la peur, pleurs, grincements de dents, fournaise ardente, feu éternel de la Géhenne. Parmi les damnés il y a toute sorte de personnages, un roi, même un évêque !

Pas possible de s'échapper, les anges veillent. C'est ce qu'exprime Matthieu dans la finale de la parabole de l'ivraie  : De même que l’on enlève l’ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde. Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume toutes les causes de chute et ceux qui font le mal ; ils les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. (Mt 13,40-42).

La bouche des enfers est représentée par celle d'une sorte de dragon ou d'un serpent... ici le léviathan a les oreilles pointues d'un loup ! L'origine de ce monstre se trouve dans les mythes phéniciens où l'éclipse de lune est expliquée par un monstre qui avale la lune.

 

Malgré tout, l'impression générale qui se dégage de cette vaste représentation n'est pas pessimiste. L’enfer n'occupe qu'une petite partie de l'ensemble ;et plusieurs éléments soulignent la miséricorde et la bonté du Seigneur, notamment l'intercession de la Vierge et saint Jean Baptiste de part et d'autre de Jésus

 



Le texte biblique

Le royaume des Cieux est encore comparable à un filet que l’on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons.

Quand il est plein, on le tire sur le rivage, on s’assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien.

Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes

et les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »

« Avez-vous compris tout cela ? » Ils lui répondent : « Oui ».

Jésus ajouta : « C’est pourquoi tout scribe devenu disciple du royaume des Cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. »

 Lorsque Jésus eut terminé ces paraboles, il s’éloigna de là.

 

 

Mt 13,47-53



Commentaires

Voilà une nouvelle parabole de Jésus à partir d’une activité que les apôtres connaissent bien, la pêche.

Les disciples doivent supporter qu'aujourd'hui le mal se mêle au bien dans le Royaume et faire confiance à Dieu qui fera le tri. Comme dans les autres paraboles, notamment celle de l'ivraie, le but est d’évoquer le jugement final, puis de ramener l’attention sur la vie présente.

En attendant le pécheur ramène toutes sortes de poissons, et il devra faire rejeter à l'eau les mauvais poissons.

Les disciples disent avoir compris la parabole. Ils ont compris la nature du Royaume, sa situation dans le monde, le développement auquel il est promis et les exigences qu'il impose.

Ils sont au seuil d'une ère nouvelle, celle qu'ont annoncé les prophètes,et reconnaissent en Jésus le révélateur des secrets de Dieu.

Qui est ce scribe dont il est question ici ? Matthieu lui-même ? Ou des « docteurs » ou des « justes » (des scribes) qui semblent tenir une place importante dans l’Église de Matthieu et qui doivent dispenser la parole de Dieu comme le père de famille qui distribue les vêtements à la maisonnée ?

La manière dont Matthieu a composé sa parabole doit servir de modèle : il nous faut retourner toujours à l'ancien, à la tradition des paroles et des actes de Jésus, mais il nous faut aussi avoir l'audace de retravailler la tradition, de la développer et de l’actualiser en fonction des besoins nouveaux des communautés chrétiennes. En fait tous les disciples et finalement tous les chrétiens sont appelés à être ces scribes instruits du Royaume des cieux !

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