En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

L'appel au renoncement

Publié le Mercredi 5 novembre 2014


Techniques de guerre, Construction d'une tour fortifiée ,15e: enluminure bibliothèque centrale de Zurich

 

Ce manuscrit faisait partie de la bibliothèque de l'abbaye bénédictine de Rheinau qui fut dissoute en 1862 par le Grand Conseil de Zurich. Les fonds ont été transférés à la bibliothèque de Zurich.

 

Ce manuscrit illustré est essentiellement composé de pages entièrement couvertes d'images aux quelles ne sont joints que de rares explications, donc constitue une source iconographique et historique exceptionnelle.

 

Cette illustration spéciale décrivant la construction d'une tour pour fortifier la ville.

A gauche, la baguette à la main, qui est le symbole du pouvoir, ou bien celui d'une unité de mesure, et richement vêtu est représenté le commanditaire. Il discute avec l'architecte, bourse à la ceinture et équerre à la main. Au premier plan un premier tailleur de pierre dégrossit un bloc, tandis qu'un second tailleur, le regard tourné vers l'appareilleur, contrôle avec son équerre, la pierre taillée. Deux maçons, truelle à la main, montent les murs de la forteresse. Le mortier est apporté par des manœuvres tandis que les lourds blocs de pierre sont hissés avec des engins de levage.

La construction de cette tout est menée à bien avec soin, avec la participation de nombreux intervenants.



Le texte biblique

  De grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur dit :

 « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple.

 Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher à ma suite ne peut pas être mon disciple.

 Quel est celui d’entre vous qui, voulant bâtir une tour, ne commence par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ?

 Car, si jamais il pose les fondations et n’est pas capable d’achever, tous ceux qui le verront vont se moquer de lui :

 “Voilà un homme qui a commencé à bâtir et n’a pas été capable d’achever !”

 Et quel est le roi qui, partant en guerre contre un autre roi, ne commence par s’asseoir pour voir s’il peut, avec dix mille hommes, affronter l’autre qui marche contre lui avec vingt mille ?

 S’il ne le peut pas, il envoie, pendant que l’autre est encore loin, une délégation pour demander les conditions de paix.

 Ainsi donc, celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple.

 

Lc 14,25-33



Commentaires

Jésus continue de s'adresser à la foule qui le suit. Il l’enseigne cette fois sur la condition de disciple, et les exigences requises pour entrer dans le Royaume.

Suivre Jésus sur les routes ne suffit pas.

 

La première condition est de préférer Jésus à sa propre famille et a sa propre vie. On se rappelle l'exemple de Elisée qui quitte tout pour servir Elie, pour s'initier à la Loi et pour accompagner le rabbi dans tous ses déplacements.

L'originalité de la parole de Jésus est double : son vocabulaire est radical, mais les mots « aimer/haïr » utilisés sont un sémitisme pour dire « préférer à / faire passer après » ; il s’agit de préférer la suite de Jésus à l’attachement à sa famille et donc de rejeter toute attache familiale qui ferait obstacle. Toutes ces relations parfaitement légitimes, ainsi que l'amour pour sa propre vie, mais elles ne doivent pas être prioritaires.

La seconde nouveauté est que la séparation d'avec la famille n' a pas pour but d'étudier la Loi, mais elle permet de s'attacher à la personne même de Jésus et de le suivre pour partager sa destinée.

Pour être disciple il fa ut être capable de prendre cette décision radicale et difficile.

Puis vient une parole dure : il faut porter sa croix, et suivre Jésus. C'est le seul endroit où Luc fait allusion au type de mort que subira Jésus ; l’expression « porter sa croix » est probablement une expression chrétienne post-pascale.

 

Comme à son habitude Jésus va s'expliquer au moyen de paraboles, et inviter ses auditeurs à réfléchir. Il s'agit de ne pas s'engager à la légère, il faut s'assurer de pouvoir mener l'entreprise jusqu'à son terme.

Dans la première image il est question de fortification, la construction d'une tour qui doit être réalisée après préparation, plans, présence d'ouvriers, budget, possibilité de mener à bien l'entreprise. La deuxième image explique que devenir disciple c'est un peu s’enrôler dans une armée en temps de guerre. Car la vie chrétienne est aussi de l’ordre du combat.

 

Enfin Jésus prononce une parole supplémentaire énonçant une nouvelle condition particulière chère à Luc ; le disciple doit renoncer à tous ses biens.

 

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