En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

saint Thomas d'Aquin, parabole du semeur

Publié le Mercredi 28 janvier 2015


Parabole du semeur, Sermon de Maurice de Sully, (entre 1105 et 1120 - 1196)  manuscrit, 1320-1330, BNF Paris

 

Maurice de Sully était évêque de Paris dans les années 1160-1196.

Il est surtout connu pour les travaux de la reconstruction de Notre Dame de Paris, commencés en 1163.

Selon le chroniqueur Robert d'Auxerre mort en 1212, son éloquence fut une des raison de son accession à l'épiscopat.

Le recueil de ses sermons est l'un des premiers ouvrages en prose française que nous possédions. Les sermons de saint Bernard de Clairvaux  (1090 ou 1091,  1153) étaient plutôt adressés aux moines, ceux de Maurice de Sully s'adressant plus a la foule des chrétiens.

La collection de ces sermons se divise en deux cycles : les sermons pour les dimanches et fêtes du Seigneur, le deuxième pour les fêtes des saints. Le premier cycle est rédigé en latin puis traduit dans les différents dialectes romans et prononcé en langue vernaculaire, le peuple ne comprenant plus depuis longtemps le latin. Maurice de Sully fait ainsi preuve d'un sens pastoral vigilant et adapté. S'inspirant de Grégoire le Grand (mort en 604) et de Richard de saint Victor (mort en 1173), il privilégie le sens moral de l’Écriture et invite à en tirer les conséquences pratiques.

 

Cette illustration est simple, le semeur est présenté en grand, au centre de la vignette, sa silhouette dépasse même le cadre. Il « sort » pour expliquer la parabole. Les grains semés dans la terre labourée, sont prometteurs de belle moisson. Les gestes et le visage du semeur transpirent son optimisme. Sa tenue est celle du travailleur, mais le fond du ciel est d'or, symbole du divin.



Le texte biblique

  Jésus se mit de nouveau à enseigner au bord de la mer de Galilée. Une foule très nombreuse se rassembla auprès de lui, si bien qu’il monta dans une barque où il s’assit. Il était sur la mer, et toute la foule était près de la mer, sur le rivage.

 Il leur enseignait beaucoup de choses en paraboles, et dans son enseignement il leur disait :

 « Écoutez ! Voici que le semeur sortit pour semer.

 Comme il semait, du grain est tombé au bord du chemin ; les oiseaux sont venus et ils ont tout mangé.

 Du grain est tombé aussi sur du sol pierreux, où il n’avait pas beaucoup de terre ; il a levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde ;

 et lorsque le soleil s’est levé, ce grain a brûlé et, faute de racines, il a séché.

 Du grain est tombé aussi dans les ronces, les ronces ont poussé, l’ont étouffé, et il n’a pas donné de fruit.

Mais d’autres grains sont tombés dans la bonne terre ; ils ont donné du fruit en poussant et en se développant, et ils ont produit trente, soixante, cent, pour un. »

 Et Jésus disait : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! »

 Quand il resta seul, ceux qui étaient autour de lui avec les Douze l’interrogeaient sur les paraboles.

 Il leur disait : « C’est à vous qu’est donné le mystère du royaume de Dieu ; mais à ceux qui sont dehors, tout se présente sous forme de paraboles.

 Et ainsi, comme dit le prophète : Ils auront beau regarder de tous leurs yeux, ils ne verront pas ; ils auront beau écouter de toutes leurs oreilles, ils ne comprendront pas ; sinon ils se convertiraient et recevraient le pardon. »

Il leur dit encore : « Vous ne saisissez pas cette parabole ? Alors, comment comprendrez-vous toutes les paraboles ?

Le semeur sème la Parole.

Il y a ceux qui sont au bord du chemin où la Parole est semée : quand ils l’entendent, Satan vient aussitôt et enlève la Parole semée en eux.

Et de même, il y a ceux qui ont reçu la semence dans les endroits pierreux : ceux-là, quand ils entendent la Parole, ils la reçoivent aussitôt avec joie ;

 mais ils n’ont pas en eux de racine, ce sont les gens d’un moment ; que vienne la détresse ou la persécution à cause de la Parole, ils trébuchent aussitôt.

 Et il y en a d’autres qui ont reçu la semence dans les ronces : ceux-ci entendent la Parole,

 mais les soucis du monde, la séduction de la richesse et toutes les autres convoitises les envahissent et étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit.

 Et il y a ceux qui ont reçu la semence dans la bonne terre : ceux-là entendent la Parole, ils l’accueillent, et ils portent du fruit : trente, soixante, cent, pour un. »

 

 

Mc 4, 1-20



Commentaires

Jésus s'adresse à la foule en paraboles afin de les enseigner. Mais la foule n'est pas réceptive, et Jésus prend à part les disciples pour leur livrer le secret de son message.

Une série de cinq paraboles se suivent dans cet évangile de Marc, elles disent toutes quelque chose du Royaume de Dieu ?

 

L'évangéliste plante la scène dans un décor déjà connu, au bord du lac avec une foule nombreuse et Jésus qui prend place dans une barque. Tout cela donne à la scène une certaine solennité.

 

Cette première parabole du semeur attire l'auditeur sur les différents terrains et leurs rendements : bord du chemin, sol pierreux et ronces. Mais quand le grain trouve un terrain favorable il porte des fruits étonnants, les nombres trente, soixante et cent marquent une progression fabuleuse.

Jésus souligne ainsi la profusion surabondante du don de Dieu qui donne largement, à tous et sans discrimination, quel que soit le terrain !

Jésus présente aussi un premier bilan de sa propre activité. Il a engagé sa mission, c'est lui le semeur « sorti » d'auprès de Dieu pour semer la Bonne Nouvelle. Certes il a eu des échecs, il a rencontré des obstacles, mais aussi l'espoir de la réussite, notamment avec les disciples.

 

Les trois versets suivants ne concernent que les disciples que Jésus veut initier au mystère du Royaume de Dieu. Alors Jésus laisse-t-il les autres auditeurs en dehors, les condamne-t-il a rester aveugles et sourds ? Cela veut réaliser la prophétie d'Isaïe, 6,9-10.

Non, Jésus n'a jamais voulu cacher son message aux foules. Marc écrit son évangile dans les années 70 à Rome. A ce moment là le message de Jésus a connu l'échec en Palestine, une grande partie des juifs y sont restés imperméables, seuls les disciples s'y sont ralliés et ils ont rejoint le groupe des païens. L’Église qui est à Rome en est l'exemple type.

 

Puis Jésus reproche à ses disciples de ne pas comprendre.

Dans son explication Jésus déplace le thème. Il s'agit maintenant de la Parole, terme utilisée par les premiers chrétiens pour parler de l’Évangile. Donc il s'agit de l'accueil de la Bonne Nouvelle. Les obstacles à la croissance de l'Evangile dans les cœurs sont alors énoncés. Il y a d'abord les hommes que Satan rend vulnérables au mal, le malheur ou la persécution religieuse font chuter les croyants dont la foi n'est pas assez forte. Parfois aussi la foi est étouffée par toutes sortes d'attraits et de séductions.

Ainsi chaque lecteur est amené à faire son propre examen de conscience !

Mais la parabole se termine sur une belle note positive, et les chrétiens sont exhortés à faire grandir en eux les germes de l'Evangile

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