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Saint Thomas D’Aquin

Publié le Jeudi 25 janvier 2007

Saint Thomas d’Aquin (1225- 1274), né en Italie, entre dans l’ordre des Dominicains. Fait ses études à Paris puis à Cologne, auprès d’Albert le Grand, approfondissant les écrits d’Aristote redécouvert en Occident grâce aux Arabes. Puis enseigne tour à tour à Paris, à Rome et à Naples. Ses œuvres sont de trois sortes, des commentaires (des textes bibliques notamment, des Questions qui font l’objet d’e,nseignements spécifiques, et des Sommes (Somme contre les Gentils et Somme théologique. Canonisé en 1323, reconnu docteur de l’Eglise dès le 16e. Il faut situer la pensée de Thomas d’Aquin dans son temps. Ses traités manifestent un esprit systématique, adapté à l’enseignement, mais aussi une vie intérieure intense et fervente.

Sur le portrait ci-joint, Saint Thomas revêt le costume dominicain, plume à la main, et l’autre main repose sur une pile de livres, soulignant le grand œuvre universitaire et philosophique du saint. Il fut inspiré par l’Esprit Saint représenté sous la forme d’une colombe dont la tête est entourée d’une auréole agrémentée du signe cruciforme. Le fond de l’image est doré montrant la sainteté du personnage.



Le texte biblique

En ce jour où l’Eglise fête saint Thomas, lisons un extrait de son commentaire de la lettre aux Corinthiens :
« Après avoir marqué la distinction des grâces gratuitement données et des divers ministères, par lesquels les membres de l’Eglise se distinguent les uns des autres, l’Apôtre traite ici de la charité, qui accompagne inséparablement la grâce qui rend agréable. Et parce qu’il avait promis de montrer aux Corinthiens une voie encore plus excellente, il établit la prééminence de la charité sur les autres dons gratuits. D’abord, quant à sa nécessité, c’est-à-dire que sans la charité les autres dons gratuits sont insuffisants ; ensuite, quant à son utilité, car par la charité on évite toute espèce de mal et l’on pratique toute espèce de bien : "la charité est patiente…" ; enfin, quant à sa durée : "la charité ne finira jamais" (v.8). Or l’Apôtre paraît réduire à trois tous les dons gratuits, car il montre que le don des langues, qui appartient à la parole, est de nulle valeur sans la charité ; que ce qui appartient à la connaissance sans la charité ne vaut pas davantage : "quand j’aurais le don de prophétie… » ; qu’il en est de même pour ce qui tient aux oeuvres : "et quand je distribuerais toutes mes richesses pour secourir les pauvres… »
[….]
Après avoir établi que la charité est tellement nécessaire que sans elle aucun don spirituel ne saurait suffire pour le salut, Saint Paul fait voir ici qu’elle est tellement utile et d’une si grande efficacité, qu’avec elle on accomplit toutes les oeuvres de vertu.
Sur la première partie, il fait deux choses ; car toute vertu consiste à agir convenablement, soit qu’on ait à supporter le mal, soit qu’on ait à faire le bien. Quant au support du mal, l’Apôtre dit : "la charité est patiente" (v.4), c’est-à-dire elle fait supporter patiemment le mal. En effet, lorsqu’on aime, on supporte facilement pour l’objet aimé ce qu’il y a de plus difficile. De même, celui qui aime Dieu supporte patiemment pour lui toutes sortes d’épreuves. C’est dans ce sens qu’il est dit : "les grandes eaux n’ont pu éteindre l’amour, les fleuves n’ont pu l'éteindre" (Ct 8, 7) et "la patience produit une oeuvre parfaite" (Jc 1, 4). Quant à la pratique du bien, il dit : "la charité est bénigne » ; car la bénignité tire son nom de bonté et d’un mot latin qui veut dire feu ; c’est-à-dire que, de même que le feu fait dissoudre les objets en les liquéfiant, la charité fait qu’on ne retient pas pour soi seul les biens que l’on possède, mais qu’on les épanche sur les autres : "que les ruisseaux de votre fontaine coulent dehors, et répandez vos eaux dans la rue " (Pr 5, 46. C’est ce que fait la charité ; aussi lit on : "celui qui possède les biens de ce monde et qui, voyant son frère dans la détresse, lui ferme son coeur et ses entrailles, comment aurait-il en soi l’amour de Dieu?" (I Jn 3, 17), et encore : "soyez bons et miséricordieux les uns pour les autres" (Ep 4, 32), et "l’Esprit du Seigneur est plein de bénignité" (Sg 1, 6).
Commentaire de la première lettre aux Corinthiens (Traduction édition Vivès, Paris, 1872)



Commentaires

Parmi les dons de Dieu, vous cherchez à obtenir ce qu'il y a de meilleur. Eh bien, je vais vous indiquer une voie supérieure à toutes les autres. J'aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel, si je n'ai pas la charité, s'il me manque l'amour, je ne suis qu'un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante. J'aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, et toute la foi jusqu'à transporter les montagnes, s'il me manque l'amour, je ne suis rien. J'aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j'aurais beau me faire brûler vif, s'il me manque l'amour, cela ne me sert à rien. L'amour prend patience ; l'amour rend service ; l'amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d'orgueil ; il ne fait rien de malhonnête ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s'emporte pas ; il n'entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. L'amour ne passera jamais. Un jour, les prophéties disparaîtront, le don des langues cessera, la connaissance que nous avons de Dieu disparaîtra. En effet, notre connaissance est partielle, nos prophéties sont partielles. Quand viendra l'achèvement, ce qui est partiel disparaîtra. Quand j'étais un enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Maintenant que je suis un homme, j'ai fait disparaître ce qui faisait de moi un enfant. Nous voyons actuellement une image obscure dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement, ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai vraiment, comme Dieu m'a connu. Ce qui demeure aujourd'hui, c'est la foi, l'espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c'est la charité. 1 Cor 12,31-13,13)

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