En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Saint Albert le grand , évêque et docteur de l’Eglise,

Publié le Jeudi 15 novembre 2007


Albertus Magnus, fresque 1332, Trévise.

Albert le Grand (1193-1280), dominicain, philosophe et théologien et scientifique.

Il a introduit dans les universités d’Europe les sciences grecques et arabes. Il fut notamment maître de théologie à Paris en 1245 où il eut pour élève le jeune Thomas d’Aquin.
Il laisse une oeuvre savante d’une grande ampleur, particulièrement brillante dans les domaines des sciences naturelles, de la philosophie, de la théologie.

Son œuvre se situe à un moment important de la culture européenne : la redécouverte d’Aristote qui est considéré comme le phare puissant de l’intelligence humaine. Il a éclairé son œuvre philosophique de la Sagesse divine ; ainsi fait-il de la philosophie, la servante de la théologie, méditation sur la parole de Dieu. Albert voit la théologie comme une Sagesse qui doit mener à l’Amour. Ses commentaires et prières sur le livre de la Sagesse révèlent son humilité devant la grandeur de la Sagesse divine.

Albert est représenté dans son costume de l’ordre des dominicains dont il a été le principal en 1254. et coiffé de sa mitre d’évêque : il fut nommé évêque de Ratisbonne en 1260 par le pape. C’est un homme de science, il est à sa table de travail, un livre posé devant lui. Son visage grave et sérieux, montre son esprit curieux, ses sourcils foncés marquent le doute, l’étonnement et la volonté de comprendre. Il regarde le spectateur comme s’il voulait partager son savoir.

.Parlant de la Vierge Marie, il reprend les termes du livre de la Sagesse : «La bienheureuse Vierge fut plus sage que toute créature ; le Livre de la Sagesse traite spécialement de la bienheureuse Vierge et ce qu’il dit de la sagesse du Seigneur peut être dit d’elle, selon l’interprétation de l’Eglise,et comme il paraît dans les épîtres traitant d’elle. Il n’y a pas trace de folie ni d’ignorance dans la sagesse ; donc la bienheureuse Vierge fut pleine de sagesse ; or dans la foi il n’y a pas toute la sagesse, mais seulement une part de la sagesse, comme il est écrit : « nous ne connaissons qu’en partie, nous ne prophétisons qu’en partie » (1 Cor 13)



Le texte biblique

L’auteur fait ici l’éloge de la Sagesse en utilisant des termes tirés du vocabulaire philosophico-religieux hellénistique. Ce texte est central dans le livre de la Sagesse, écrit en grec au 1er siècle av J.C.

L’activité de la Sagesse dont l’origine divine est réaffirmée, est d’abord envisagée dans le cosmos, puis dans le monde des prophètes et des hommes qui deviennent amis de Dieu .L’auteur assimile la Sagesse à l’esprit qui l’habite, et qui est décrit par 21 attributs, ( 21 est issu des chiffres parfaits, 3 fois 7), en bref elle est pureté absolue et mobilité parfaite si bien qu’elle pénètre tout.. Puis l’auteur tente de faire saisir combien la sagesse dépend de Dieu, elle n’est pas Dieu mais elle n’est que par Lui.

L’action de la sagesse est double ; elle est d’ordre cosmique, « respiration de Dieu », elle gouverne et renouvelle l’univers ; mais elle forme aussi de façon privilégiée les prophètes et les amis de Dieu.

Ses attributs sont d’origines diverses : l’intelligence vient de la philosophie stoïcienne, la sainteté vient de la Bible, les deux situant l’esprit dans le domaine qui transcende l’univers matériel.
Ce texte est tout spécialement préoccupé de l’esprit, mais son point de départ se trouve dans la figure de la Sagesse personnifiée. La Sagesse est décrite comme essentiellement spirituelle, elle est présence active de Dieu au monde et spécialement aux âmes saintes.
Dépassant toutes les créatures, la Sagesse régit le monde par la douceur, et par cette douceur, elle se rend inaccessible au mal.
Ces versets seront repris dans certains écrits du Nouveau Testament notamment dans la lettre aux Hébreux, où le Fils est décrit comme la Sagesse divine personnifiée ; « il est le rayonnement de la gloire de Dieu, le reflet de son être et il porte l’univers par la puissance de sa parole » (Hb 1,3). Car en lui s’est exprimée la Sagesse infinie de Dieu.



Commentaires

Il y a dans la Sagesse un esprit
intelligent et saint,
unique et multiple,
subtil et rapide ;
pénétrant, net, clair et intact ;
ami du bien, vif, irrésistible,
bienfaisant, ami des hommes ;
ferme, sûr et paisible,
tout-puissant et observant tout,
traversant tous les esprits,
même les plus intelligents, les plus purs, les plus subtils.
La Sagesse, en effet, peut se mouvoir
d'un mouvement qui surpasse tous les autres,
elle pénètre et traverse toute chose à cause de sa pureté.
Car elle est la respiration de la puissance de Dieu,
le rayonnement limpide de la gloire du Maître souverain ;
aussi rien de souillé ne peut l'atteindre.
Elle est le reflet de la lumière éternelle,
le miroir sans tache de l'activité de Dieu,
l'image de sa bonté.
Comme elle est unique, elle peut tout ;
et sans sortir d'elle-même, elle renouvelle l'univers.
De génération en génération, elle se transmet à des âmes saintes,
pour en faire des prophètes et des amis de Dieu.
Car Dieu n'aime que celui qui vit avec la Sagesse.
Elle est plus belle que le soleil,
elle surpasse toutes les constellations ;
si on la compare à la lumière du jour,
on la trouve bien supérieure,
car le jour s'efface devant la nuit,
mais contre la Sagesse le mal ne peut rien.
Elle déploie sa vigueur d'un bout du monde à l'autre,
elle gouverne l'univers avec douceur.

Sg 7,22-8,1

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