En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

la purete ou l'impureté

Publié le Mercredi 11 février 2015


Bernardo Strozzi, (vers 1581 – 1644 , le banquet chez Simon, 1630 Gallerie dell'Accademia, Venise

 

Berrnardo Strozzi est un peintre italien baroque. Entré jeune dans l'ordre des capucins, il en sortit en 1610 pour s'occuper de sa mère veuve et s'adonner à sa peinture. A la mort de sa mère il partit pour Venise où il put développer son art puissant et original.

Son intérêt ira croissant pour les jeux de lumière et d'ombre. Sous l'influence de Rubens et de Véronèse à Venise, dont il s'inspira pour ce banquet chez Simon, ses couleurs devinrent chaudes et flamboyantes.

 

Ce tableau fait en outre preuve d'une savante distribution des nombreux personnages et les détails sont magnifiquement dépeints, notamment la riche vaisselle qui étincelle.

La table du banquet au centre est disposée en diagonale dans le coin de la pièce. De part et d'autre, deux groupes personnages, dont le Christ et Madeleine d'un côté et Pierre de l'autre dominent la scène. Les couleurs sont riches, denses, et vibrantes, l’atmosphère est lumineuse ce qui rend la scène particulièrement vivante tant physiquement que spirituellement. Jésus est à table avec ses disciples, et discute avec vivacité pour faire passer son message de la Bonne Nouvelle, les exhortant à ne pas s’arrêter aux aspects extérieurs des choses.  



Le texte biblique

 Appelant de nouveau la foule, il lui disait : « Écoutez-moi tous, et comprenez bien.

 Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui entre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur. »

 Quand il eut quitté la foule pour rentrer à la maison, ses disciples l’interrogeaient sur cette parabole.

 Alors il leur dit : « Êtes-vous donc sans intelligence, vous aussi ? Ne comprenez-vous pas que tout ce qui entre dans l’homme, en venant du dehors, ne peut pas le rendre impur,

parce que cela n’entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, pour être éliminé ? » C’est ainsi que Jésus déclarait purs tous les aliments.

 Il leur dit encore : « Ce qui sort de l’homme, c’est cela qui le rend impur.

 Car c’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses : inconduites, vols, meurtres,

 adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure.

 Tout ce mal vient du dedans, et rend l’homme impur. »

 

 

Mc 7,14-23



Commentaires

Cette parabole est pour nous bien mystérieuse, et Jésus une fois encore réserve ses explications à un petit groupe à ses seuls disciples. Il commence d'abord par leur reprocher de ne rien comprendre tout de suite, mais leur donne la clé de l'énigme !

Ce qui souille l'homme ce ne sont pas les aliments qu'il mange, ce qui souille l'homme ce sont ses pensées qui sortent de son cœur.

De là viennent tous les desseins perfides. Dans la Bible le cœur est le siège des pensées comme des affections. C'est là que naissent les perversions morales. Marc donne ici une liste fort longue et cela correspond au catalogue des vices que l'on trouve chez les moralistes du temps ( On sait bien à quelles actions mène la chair : inconduite, impureté, débauche, idolâtrie, sorcellerie, haines, rivalité, jalousie, emportements, intrigues, divisions, sectarisme, envie, beuveries, orgies et autres choses du même genre. Je vous préviens, comme je l’ai déjà fait : ceux qui commettent de telles actions ne recevront pas en héritage le royaume de Dieu., Gal 5,19-21)

 

Jésus aurait-il oublié le conflit de départ qui l'opposait aux pharisiens? non naturellement. Marc souligne parfaitement la leçon dominante des paroles de Jésus .

Le différend porte essentiellement sur les règles alimentaires suivies par les Juifs fervents. Il y avait toute une gamme d'aliments qu'ils tenaient pour « impurs », interdits à la consommation ( voir Lv 11,1-30). Mais Jésus déclare tout cela comme périmé et il refuse ces traditions qui scindaient la société en deux blocs manichéens, les bons et les mauvais. Il y avait d'un coté les gens purs, les pharisiens, dont le nom signifie les séparés, et de l'autre les gens impurs, infréquentables les pécheurs.

 

Mais Jésus vient annoncer une société ouverte. Il entre en communion avec tous ceux qui sont victimes de la discrimination sociale et religieuse. Il prend ses repas avec les « impurs », les « exclus », publicains, prostituées, soldats romains etc. C'est une nouveauté qui bouscule.

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