En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Aimer c'est pardonner (1)

Publié le Mercredi 18 février 2015


Aimer c'est pardonner,

Pardonner c'est aimer

 

tel sera le thème de nos méditations de carême.

 

 

Vincent Van Gogh (1853-1890), le vieil homme triste, mai 1980, Kroller-Müller Museum, Otterlo, Pays Bas

 

 

« Que dire de ces deux mois passés, cela ne va pas bien du tout, je suis triste et embêté plus je ne saurais t'exprimer et je ne sais même plus où j’en suis ».

Voilà ce qu'écrit Van Gogh à son frère Théo.

Il peint ce tableau à Saint Rémy en Provence, où il exprime tellement cette morosité qui envahit son cœur, ce cri de détresse qu'il lance, pitié pour moi, mon Dieu.

 

L'homme est assis sur une bien simple chaise en bois, ses vêtements sont d'un bleu étrange et lumineux à la fois, comme une vague échouée sur le rivage. Détresse et espoir à la fois. Ses souliers sont éculés, ont souffert, il les portera encore longtemps, ils continueront à souffrir, ils seront toujours devant ses yeux.

 

L'homme est courbé sur lui-même comme sur son sort, son malheur est devant lui. Sa tête est enfoncée sur ses mains fermées, il se cabre, le vieil homme à la chevelure blanche pleure, il pleure comme un enfant, il se lamente.

 

Il est seul dans cette pièce vide, tout son univers s'est refermé sur lui.

Gémit-il ?

Nous voudrions tellement le prendre dans nos bras, ne pas regarder sa tristesse, mais l'acceptera-t-il ?

 

Que cherche-t-il ? De son bleu de travail se dégage une telle force, qu'il ne peut qu'être soutenu par un esprit généreux qui viendra l'approcher.

 

C'est le sacrifice de sa vie qui plaît à Dieu, c'est son cœur brisé que Dieu est venu sauver, Dieu ne repousse pas un cœur brisé et broyé.



Le texte biblique

 Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour, selon ta grande miséricorde, efface mon péché.

 Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense.

 Oui, je connais mon péché, ma faute est toujours devant moi.

 Contre toi, et toi seul, j'ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait. Ainsi, tu peux parler et montrer ta justice, être juge et montrer ta victoire.

 Moi, je suis né dans la faute, j'étais pécheur dès le sein de ma mère.

 Mais tu veux au fond de moi la vérité ; dans le secret, tu m'apprends la sagesse.

Purifie-moi avec l'hysope, et je serai pur ; lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.

Fais que j'entende les chants et la fête : ils danseront, les os que tu broyais.

 Détourne ta face de mes fautes, enlève tous mes péchés.

 Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.

 Ne me chasse pas loin de ta face, ne me reprends pas ton esprit saint.

 Rends-moi la joie d'être sauvé ; que l'esprit généreux me soutienne.

 Aux pécheurs, j'enseignerai tes chemins ; vers toi, reviendront les égarés.

 Libère-moi du sang versé, Dieu, mon Dieu sauveur, et ma langue acclamera ta justice.

 Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange.

 Si j'offre un sacrifice, tu n'en veux pas, tu n'acceptes pas d'holocauste.

 Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé ; tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.

 Accorde à Sion le bonheur, relève les murs de Jérusalem.

 Alors tu accepteras de justes sacrifices, oblations et holocaustes ; alors on offrira des taureaux sur ton autel.

 

Ps 50

 



Commentaires

« Béni sois-tu, cœur pur
Pour ta détresse ;amour
Béni sois-tu, cœur dur
Pour ta tendresse.

Loué sois-tu, cœur las,
Pour ta bassesse;
Loué sois-tu, cœur bas,
Pour ta hautesse.

Avoué tu seras
Au dernier jour,
Quand tu comparaîtras
Au clair séjour.

Noué sois-tu serré
Comme une corde
Sur la très révérée
Miséricorde

Cloué sois-tu, cœur sec,
Au dur gibet
Sous la serre et le bec
Et sous l’onglet.

Honni sois-tu, cœur double,
Ô faux ami;
Honni sois-tu, cœur trouble,
Cher ennemi.

Et pardonné sois-tu,
Notre cœur vil,
Au nom des Trois Vertus;
Ainsi soit-il. »

 

Charles Péguy (1873-1914) Notre cœur vil, lettre à Blanche Rapahël, 17 décembre 1911

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