En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Naissance de Jean Baptiste, il prépare la route de Jésus

Publié le Mercredi 24 juin 2015


Roger van der Weyden, 1400-0464, naissance de Jean Baptiste, in retable de saint Jean, 1455-1460, Gemaldegalerie, Berlin

Ce panneau fait partie du retable consacré à saint Jean Baptiste, les deux autres panneaux sont consacrés au baptême de Jésus et à la décapitation de Jean Baptiste .
Une arcade divise la scène en deux parties : au fond la chambre à coucher où Élisabeth a mis au monde son fils. Elle est assistée de sa servante et repose sur un somptueux lit à baldaquin tendu d'un superbe rideau rouge vif.
Au premier plan c'est la Vierge discrètement auréolée qui présente l'enfant au vieillard Zacharie. Il est encore muet et tient une plume pour écrire le nom de son fils qu'il appellera Jean.
Les lumières sont brillantes, les couleurs sont vives, tout annonce la venue d'un monde nouveau.
Ainsi les parents de Jean sont bien connus, il est le cousin de Jésus par sa mère Élisabeth et son père Zacharie est prêtre. Cependant, selon la tradition orthodoxe Jean a reçu sa mission sacrée de Dieu lui-même, alors qu'il était encore dans le ventre de sa mère puisqu'il a tressailli à la présence de Jésus lors de la Visitation.
La mission de Jean accomplira ce qui avait été dit par le prophète Isaïe : « Une voix crie dans le désert, préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers » (Is 40,3). Il est aussi celui qui, selon la prophétie de Malachie 3, 23 « ramènera beaucoup des fils d’Israël vers le Seigneur leur Dieu, les cœurs des pères vers leurs enfants, et les incrédules à la sagesse des justes, pour former un peuple prêt pour le Seigneur » (Lc 1, 17).
Ainsi, en appelant le peuple à la conversion, Jean prépare la route à Jésus qui paraîtra à sa suite au bord du Jourdain.



Le texte biblique

  Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils.

 Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle.

 Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père.

 Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean. »

 On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! »

 On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler.

Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom. » Et tout le monde en fut étonné.

 À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu.

 La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements.

 Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui.

L’enfant grandissait et son esprit se fortifiait. Il alla vivre au désert jusqu’au jour où il se fit connaître à Israël.

 

Lc 1, 57-66.80



Commentaires

 La naissance de Jean Baptiste commentée par saint Augustin :

 

L'Église considère la naissance de Jean comme particulièrement sacrée : on ne trouve aucun des saints qui nous ont précédés dont nous célébrions solennellement la naissance. Nous ne célébrons que celle de Jean et celle du Christ. Ce ne peut être sans motif ; et si peut-être nous n'y voyons pas très clair en raison de la noblesse d'un tel mystère, nous le méditerons cependant de façon fructueuse et profonde. Jean naît d'une vieille femme stérile ; le Christ naît d'une jeune fille vierge.  La naissance de Jean rencontre l'incrédulité, et son père devient muet ; Marie croit à celle du Christ, et elle le conçoit par la foi.  Nous vous avons proposé d'en chercher la raison, nous vous avons annoncé que nous allions y réfléchir. Mais c'était un simple préambule, et si nous ne sommes pas capables de scruter les replis d'un si grand mystère, faute de capacité ou de temps, vous serez mieux instruits par celui qui parle en vous, même en notre absence, celui à qui vous pensez avec affection, celui que vous avez accueilli dans votre cœur, celui dont vous êtes devenus les temples.

Jean apparaît donc comme une frontière placée entre les deux testaments, l'ancien et le nouveau. Qu'il forme une sorte de frontière, le Seigneur lui-même l'atteste lorsqu'il dit : La Loi et les Prophètes vont jusqu'à Jean. Il est donc un personnage de l'antiquité et le héraut de la nouveauté. Parce qu'il représente l'antiquité, il naît de deux vieillards ; parce qu'il représente la nouveauté, il se révèle prophète dans les entrailles de sa mère. En effet, avant sa naissance, lorsque Marie s'approcha, il bondit dans le sein de sa mère. Là déjà il était désigné pour sa mission, désigné avant d'être né. Il apparaît déjà comme le précurseur du Christ, avant que celui-ci puisse le voir. Ces choses-là sont divines et elles dépassent la capacité de la faiblesse humaine. Enfin a lieu sa naissance, il reçoit son nom, son père retrouve la parole. Il faut rattacher ces événements à leur symbolisme profond.

Zacharie se tait et perd la parole jusqu'à la naissance de Jean, précurseur du Seigneur, qui lui rend la parole. Que signifie le silence de Zacharie sinon que la prophétie a disparu, et qu'avant l'annonce du Christ, elle est comme cachée et close ? Elle s'ouvre à son avènement, elle devient claire pour l'arrivée de celui qui était prophétisé. La parole rendue à Zacharie à la naissance de Jean correspond au voile déchiré à la mort de Jésus sur la croix. Si Jean s'était annoncé lui-même, la bouche de Zacharie ne se serait pas rouverte. La parole lui est rendue à cause de la naissance de celui qui est la voix ; car on demandait à Jean qui annonçait déjà le Seigneur : Toi, qui es-tu ? Et il répondit : Je suis la voix qui crie dans le désert. La voix, c'est Jean, tandis que le Seigneur est la Parole : Au commencement était le Verbe. Jean, c'est la voix pour un temps ; le Christ, c'est le Verbe au commencement, c'est le Verbe éternel.

 

Augustin, La naissance de Jean-Baptiste
Sermon Mai 109 (PLS 2,497-499), trad. F. Quéré-Jaulmes.

 

 

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