En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Notre Dame des douleurs Marie au pied de la croix

Publié le Mardi 15 septembre 2015


Le Greco (1541-1614) et peut-être Jorge Manuel (son fils, 1578-1631), Le Christ sur la croix avec les deux Maries et saint Jean, Galerie Nationale d'Athenes,

 

Le Greco a souvent représentée la crucifixion.

L'arrière plan est sombre rappelant que la nuit a couvert le monde lors de la mort de Jésus, mais les grands nuages blancs évoquent la gloire de Jésus en croix.

 

Au fond est évoquée la ville de Tolède, que l'on pourrait interpréter comme étant Jérusalem.

 

Marie, une autre femme, et saint Jean sont au pied de la croix, ils pleurent ensemble. Les couleurs qui sont dissonantes et les lumières qui ne sont pas naturelles rendent la scène encore plus surnaturelle, tandis que le corps du Christ souffrant est représenté de manière réaliste. Cela souligne la vision intérieure qu'a Greco de la crucifixion.

Les mains de Jésus traduisent la souffrance. Marie, l'autre femme et Jean expriment par leurs gestes l'horreur de la scène, traduisant le mysticisme et la ferveur religieuse présente à l'époque à Tolède.

 

La tête mourante de Jésus est penchée vers Marie et le disciple, il leur confie avec amour ses dernières volontés, confiant Marie et Jean l'un à l'autre, et les envoyant en mission vers la communauté nouvelle des croyants.



Le texte biblique

Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine.

 Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. »

 Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.

 

Jn 19,25-27



Commentaires

Le lendemain de la fête de la croix glorieuse, la liturgie nous propose de méditer sur la douleur de Marie au pied de la croix ; elle est associée, avec saint Jean, à la mise en route de la communauté des croyants, l'Eglise.

 

Saint Jean nomme quelques femmes autour de Jésus lors de sa passion. Elles sont proches, près de la croix. Marie est toujours là, silencieuse.

 

Jean a mis précédemment en scène les soldats qui n'ont pouvoir que sur le corps et les dépouilles de Jésus. Il introduit maintenant les véritables héritiers, sa mère et le disciple qu'il aimait.

 

Jésus, dépouillé de tout, garde la maîtrise des événements. Il formule sa dernière volonté, comme l'autorisait le droit juif : il place sa mère sous la protection du disciple bien-aimé, qui devient le représentant de Jésus en l'absence de ce dernier.

Son heure vers laquelle il a marché depuis le commencement est maintenant venue.

Pour l'évangéliste la croix n'est pas seulement le lieu de la mise à mort de Jésus, mais le sommet de la Révélation. La révélation culmine dans sa mort, qui est aussi son entrée dans la gloire ; il peut désormais mettre en place ce que Marie avait inauguré à Cana : la communauté de ceux qui sont appelés à porter l'héritage de Jésus et à le faire vivre.

 

Femme voici ton fils : Marie est la figure de ceux qui attendent le salut et le font advenir.

Jésus la confirme comme mère du disciple que Jésus aimait, c'est à dire de celui qui symbolise les vrais croyants, ceux qui « font tout ce qu'il dit » (Jn 2,5).

 

Le disciple aimé est aussi donné comme fils à la mère de Jésus.

 

Au moment de mourir Jésus rassemble sa nouvelle famille qui doit subsister après la séparation : l'Eglise naît au pied de la croix, elle est structurée par le témoignage du disciple bien-aimé.

 

Ainsi l'Eglise , dont Marie est la mère, parce que la première des croyantes, naît dans cette parole fondatrice. Les disciples ne sont pas orphelins. Il sont un lieu pour exister : c'est la communauté croyante que la mère de Jésus symbolise, elle qui a su se mettre à l'écoute de cleui qu'elle avait mis au monde

 

Ils ont un programme à réaliser : c'est l'amour qui relie Jésus au disciple.

 

Le disciple et la mère sont les interprètes de la Révélation apportée par Jésus.

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