En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

la guérison des 10 lépreux, la reconnaissance de l'étranger

Publié le Mercredi 11 novembre 2015


la guérison des 10 lépreux, Codex Aureus d'Echternach, Nuremberg, Germanisches Nationalmuseum

 

Dans le grand duché du Luxembourg actuel, à Echternach, l'abbaye bénédictine fondée par saint Willibord, abritait une école de peinture parmi les plus importantes et les plus influentes d'Europe au Xe et au XIe siècle.

Le codex Aureus d'Echternach est un évangéliaire enluminé du Xe siècle et comprend 13 planches en couleur et 96 en noir et blanc. L'ouvrage est d'une incroyable richesse.

 

Les représentations sont narratives, claires, illustrant avec précision les scènes évangéliques.

C'est bien le cas de cette planche illustrant la guérison des dix lépreux.

Les deux phases sont bien représentées

A gauche, les dix lépreux s'approchent, couverts de pustules. Ils implorent, les genoux pliés, le dos courbé, les mains tendues vers Jésus.

Jésus leur fait d'une main, un geste d'accueil, de bénédiction . Il est reconnaissable à son auréole imposante. Il est suivi d'un apôtre.

Ce groupe est représenté à l'intérieur de la ville, suggérée par un mur d'enceinte avec au fond le temple.

 

À droite, tous sont sortis de la ville. Tous les lépreux sont représentés, guéris, ils s'éloignent sans doute pour aller retrouver le prêtre et faire constater leur guérison. L'un d'eux est revenu vers le Seigneur, se prosterne à ses pieds. Jésus tend les deux mains vers lui, l'accueille les bras ouverts.

 

On admire la richesse des coloris, la clarté des formes, l'évocation des contextes, ville, campagne.

Le calme et la noblesse caractérisent l'expression de chaque personnage, avec des couleurs douces, tout raconte simplement le récit évangélique.   



Le texte biblique

En ce temps-là,
    Jésus, marchant vers Jérusalem,
traversait la région située entre la Samarie et la Galilée.
    Comme il entrait dans un village,
dix lépreux vinrent à sa rencontre.
Ils s’arrêtèrent à distance
    et lui crièrent :
« Jésus, maître,
prends pitié de nous. »
    À cette vue, Jésus leur dit :
« Allez vous montrer aux prêtres. »


En cours de route, ils furent purifiés.
    L’un d’eux, voyant qu’il était guéri,
revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix.
    Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus
en lui rendant grâce.
Or, c’était un Samaritain.
    Alors Jésus prit la parole en disant :
« Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ?
Les neuf autres, où sont-ils ?
    Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger
pour revenir sur ses pas
et rendre gloire à Dieu ! »
    Jésus lui dit :
« Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »

Luc 17.11-19

 



Commentaires

Traversant la Judée et la Samarie, en route vers Jérusalem, Jésus guérit dix lépreux, scène qui fait écho à l'une des toutes premières guérisons en Galilée, qui concernait aussi un lépreux. Le lépreux est un paria de la société, exclu du culte et de la vie sociale, c'est la forme la plus radicale de l'exclusion.

 

Mais le message veut être différent.

Les lépreux s'approchent de Jésus qu'ils appellent « maitre » comme le font les disciples, pour implorer sa pitié sans lui demander formellement la guérison ni l’aumône.

Jésus les renvoie aux prêtres conformément à la législation pour que ces derniers constatent la guérison.

Jésus ne fait aucun geste de guérison, la guérison n'est donc pas instantanée.

Les dix hommes font confiance, s'éloignent, la guérison se produit à distance.

 

Le récit met donc en valeur la puissance de la parole de Jésus.

 

La suite du récit, raconte l'histoire d'un des lépreux qui, guéri, revient vers Jésus : il glorifie Dieu et vient se prosterner devant Jésus et le remercier.

C'est alors seulement que nous apprenons qu'il s'agit d'un Samaritain.

Pour un Judéen, les Samaritains sont des ennemis religieux, ayant fait un autre choix de textes de l'Ecriture, (le Pentateuque seul), un autre temple (au mont Garizim), un autre calendrier, d'autres rites.

Le contraste entre cet homme reconnaissant et l'ingratitude des neuf autres trace une ligne de partage entre des juifs et celui dont Jésus parle lui-même comme d'un étranger. On se rappelle la parabole du bon Samaritain et combien Jésus manifeste son amour pour les étrangers. Ainsi Jésus récuse une vison ethnocentriste, selon la quelle Dieu ne se donnerait que pour certains.

Les Samaritains préfigurent l'accueil que feront les nations à la Parole à la différence de la majorité des Juifs.

 

Jésus fait grief aux neuf autres lépreux de ne pas avoir rendu gloire à Dieu.

La guérison physique est moins importante que le salut donné par la foi en Jésus.

Le guérison ne débouche sur la salut complet de l'être humain que si ce dernier reconnaît l'initiative gratuite de Dieu à son égard. Il faut aussi que le guéri réponde en s'engageant dans un vraie relation avec Jésus. Il s'agit d'une foi sans faille.  Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé

 

Jésus est présenté comme la présence miséricordieuse de Dieu qui guérit et sauve les hommes perdus en appelant à la foi et à l'action de grâce.

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