En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Avent 2015 avec Jean Baptiste (2)

Publié le Mercredi 2 décembre 2015


Jean Baptiste, prophète, prêcheur et précurseur  

 

Léonard de Vinci, 1542-1519, Jean Baptiste, entre 1513 et 1516 , Musée du Louvre

 

Ce célèbre tableau de Léonard de Vinci pourrait être une commande du pape Léon X pour honorer le saint protecteur de Florence

Seuls de visage et le torse du saint sont éclairés et se dégagent sur un fond sombre, ce qui traduit à la fois force et mystère. Il tient un crucifix en roseau dans la main gauche.

Le tableau a beaucoup souffert de l'altération des vernis posés sur la peinture. Léonard de Vinci s'est attaché à rendre les contours par les seuls effets de l'ombre et de la lumière. Cette lumière est fort approprié pour le prophète qui est compris comme le récepteur et le témoin de la lumière divine.

 

Comme tous les prophètes, Jean annonce la venue du Seigneur et proclame ses promesses, il manifeste sa joie par un léger sourire. Il fait même déjà partie des événements annoncés. Jésus dira de lui qu'il est plus qu'un prophète. Il ne prêche pas un nouveau message, il annonce un événement : la venue du règne de Dieu au cœur de l'humanité.

 

Ce n'est pas seulement par ses paroles que Jean dispose les cœurs à accueillir Jésus, c'est par sa vie même qu'il révèle les merveilles de Dieu ; sa naissance, d'une femme âgée et stérile montre que rien n'est impossible à Dieu.

 

Il est le précurseur, celui qui marche devant, déjà la joie est donnée, non une joie humaine mais une joie messianique. Il est lui-même rempli de cette joie. Lors de la visite de Marie à Elisabeth, il est rempli de l'Esprit, il exulte dans le sein de sa mère. Il désirera apprendre à ses contemporains à s'ouvrir au bonheur que Dieu donne.



Le texte biblique

Alors, qu’êtes-vous allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis ; et bien plus qu’un prophète !

C’est de lui qu’il est écrit : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi.

 Je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne n’est plus grand que Jean ; et cependant le plus petit dans le royaume de Dieu est plus grand que lui.

 Tout le peuple qui a écouté Jean, y compris les publicains, en recevant de lui le baptême, a reconnu que Dieu était juste.

 Mais les pharisiens et les docteurs de la Loi, en ne recevant pas son baptême, ont rejeté le dessein que Dieu avait sur eux.

 

(Lc 7,26)



Commentaires

Jean était la voix, mais le Seigneur, au commencement, était la Parole. Jean, une voix pour un temps ; le Christ, la Parole au commencement, la Parole éternelle.

Enlève la parole, qu'est-ce que la voix ? Là où il n'y a rien à comprendre, c'est une sonorité vide. La voix sans la parole frappe l'oreille, elle n'édifie pas le coeur.

Cependant, découvrons comment les choses s'enchaînent dans notre propre coeur qu'il s'agit d'édifier. Si je pense à ce que je dis, la parole est déjà dans mon coeur ; mais lorsque je veux te parler, je cherche comment faire passer dans ton coeur ce qui est déjà dans le mien.

Si je cherche donc comment la parole qui est déjà dans mon coeur pourra te rejoindre et s'établir dans ton coeur, je me sers de la voix, et c'est avec cette voix que je te parle : le son de la voix conduit jusqu'à toi l'idée contenue dans la parole ; alors, il est vrai que le son s'évanouit ; mais la parole que le son a conduite jusqu'à toi est désormais dans ton coeur sans avoir quitté le mien.

Lorsque la parole est passée jusqu'à toi, n'est-ce donc pas le son qui semble dire lui-même : Lui, il faut qu'il grandisse ; et moi, que je diminue ? Le son de la voix a retenti pour accomplir son service, et il a disparu, comme en disant : Moi, j'ai la joie en plénitude. Retenons la parole, ne laissons pas partir la parole conçue au fond de nous.

Tu veux voir comment la voix s'éloigne, tandis que demeure la divinité de la Parole ? Où est maintenant le baptême de Jean ? Il a accompli son service, et il a disparu. Maintenant le baptême du Christ se multiplie. Tous nous croyons au Christ, nous espérons le salut dans le Christ : c'est cela que la voix faisait entendre.

Il est difficile de distinguer la parole de la voix, et c'est pourquoi on a pris Jean pour le Christ. On a pris la voix pour la parole ; mais la voix s'est fait connaître afin de ne pas faire obstacle à la parole. Je ne suis pas le Messie, ni Elie, ni le Prophète. On lui réplique : Qui es-tu donc ? Il répond : Je suis la voix qui crie à travers le désert : Préparez la route pour le Seigneur. La voix qui crie à travers le désert, c'est la voix qui rompt le silence. Préparez la route pour le Seigneur, cela revient à dire : Moi, je retentis pour faire entrer le Seigneur dans le coeur ; mais il ne daignera pas y venir, si vous ne préparez pas la route.

Que signifie : Préparez la route, sinon : Priez comme il faut ? Que signifie : Préparez la route, sinon : Ayez d'humbles pensées ? Jean vous donne un exemple d'humilité. On le prend pour le Messie, il affirme qu'il n'est pas ce qu'on pense, et il ne profite pas de l'erreur d'autrui pour se faire valoir.

S'il avait dit : Je suis le Messie, on l'aurait cru très facilement, puisqu'on le croyait avant même qu'il ne parle. Il l'a nié : il s'est fait connnaître, il s'est défini, il s'est abaissé.

Il a vu où se trouvait le salut. Il a compris qu'il n'était que la lampe, et il a craint qu'elle ne soit éteinte par le vent de l'orgueil.

Saint Augustin, Homélie 293, 3

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