En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Avent 2015 avec Jean Baptiste (4)

Publié le Jeudi 17 décembre 2015


Pierro della Francesca 1420-1492, le baptême du Christ, 1450, National Gallery de Londres

 

De cette présentation du baptême du Christ, se dégage une forte impression de paix et de puissance, grâce à une belle harmonie colorée et l’équilibre des formes. On a l'impression que le temps n'existe pas ou qu'il s'écoule tellement lentement que tout est figé.

À droite Jean baptise Jésus dont le corps blanc semble recevoir une lumière sourde qui vient du ciel et inonde de lumière l'ensemble du tableau. A cote un homme se déshabille pour lui aussi recevoir le baptême.

Le Saint Esprit a pris la forme d'une colombe

à gauche, séparés de la scène par un arbre, les disciples du précurseur représentés comme des anges, assistent en spectateurs.

 

C'est en baptiseur que Jean est connu par ses contemporains. Les foules venaient se faire baptiser dans le Jourdain. Cela marquait une volonté de rupture avec l'existence passée et le désir d'une existence nouvelle.

Pourquoi Jésus vient-il se faire baptiser ? Jean Baptiste en est étonné. N'est-ce pas un renversement de l'ordre des choses ? Jésus lui répond en lui indiquant que c'est l'expression d'une mystérieuse volonté divine. C'est donc dans la foi que Jean doit marcher en accomplissant ce que Jésus lui demande comme étant l'expression de la volonté du Père, même si les raisons de ce qu'il fait lui restent cachées. Pour Jean c'est la suprême confirmation de l'authenticité de sa mission.

Mais en même temps le baptême de Jésus par Jean met un terme au baptême de Jean et à sa mission. Il marque la fin de la vie cachée de Jésus. La proclamation publique commence. Les temps messianiques sont inaugurés.

C'est désormais pas Jésus que le don de l'Esprit est désormais accompli.

Désormais Jean est devenu témoin.



Le texte biblique

 Il parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés,

 comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.

Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ;

 et tout être vivant verra le salut de Dieu.

 Jean disait aux foules qui arrivaient pour être baptisées par lui : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ?

 Produisez donc des fruits qui expriment votre conversion. Ne commencez pas à vous dire : “Nous avons Abraham pour père”, car je vous dis que, de ces pierres, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham.

 Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. »

 Les foules lui demandaient : « Que devons-nous donc faire ? »

 Jean leur répondait : « Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ! »

Des publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) vinrent aussi pour être baptisés ; ils lui dirent : « Maître, que devons-nous faire ? »

 Il leur répondit : « N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. »

 Des soldats lui demandèrent à leur tour : « Et nous, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « Ne faites violence à personne, n’accusez personne à tort ; et contentez-vous de votre solde. »

 Or le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ.

Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.

 Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »

 Par beaucoup d’autres exhortations encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.

 Hérode, qui était au pouvoir en Galilée, avait reçu des reproches de Jean au sujet d’Hérodiade, la femme de son frère, et au sujet de tous les méfaits qu’il avait commis.

 À tout cela il ajouta encore ceci : il fit enfermer Jean dans une prison.

 Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit.

 L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il y eut une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

 

Lc 3,3-22

 

 



Commentaires

Jean leur répondit : "moi, je baptise dans l’eau; au milieu de vous se tient quelqu’un que vous ne connaissez pas. il est celui qui doit venir après moi, qui existait avant moi, et moi je ne suis pas digne de délier la courroie de sa chaussure". moi, je baptise dans l’eau.

 

La réponse de Jean est vraie. il répond d’abord en parlant de son ministère, puis en parlant du Christ, il leur dit : moi, je baptise dans l’eau, autrement dit : n’allez donc pas vous étonner si je baptise, alors que je ne suis ni le Christ, ni Élie, ni le prophète : mon baptême ne mène pas à la perfection, il est imparfait. en effet, pour qu’un baptême soit parfait, il lui faut laver le corps et l’âme; or l’eau, par nature, lave le corps, mais l’âme ne peut être lavée que par l’Esprit. c’est pourquoi Jean-Baptiste dit : moi, je baptise dans l’eau, c’est-à-dire je lave le corps par une réalité corporelle; un autre viendra qui baptisera d’une manière parfaite, dans l’eau et l’Esprit Saint ; il sera Dieu et homme, il lavera le corps avec l’eau, l’esprit avec l’Esprit, de telle sorte que la sanctification de l’Esprit rejaillira sur le corps — Jean a baptisé dans l’eau, mais vous, sous peu de jours, vous serez baptisés dans l’Esprit Saint 

 

 

 

Après avoir parlé de son ministère,  Jean rend témoignage au Christ; d’abord par rapport aux juifs : au milieu de vous se tient quelqu’un que vous ne connaissez pas; ensuite par rapport à lui-même : il est celui qui doit venir apres moi... 

 

Au milieu de vous se tient quelqu’un que vous ne connaissez pas.

 

Jean situe ici le Christ par rapport aux juifs. ses précédentes paroles revenaient à dire : "moi, j’ai fait une œuvre imparfaite; mais il y en a un autre qui parachèvera mon œuvre". or cet autre, ajoute-t-il, se tient au milieu de vous. On peut expliquer cette dernière parole de multiples manières.

D’après Grégoire, Chrysostome et Augustin, elle a trait à la vie commune du Christ avec les hommes par ce que, selon la nature humaine, il apparut semblable aux autres hommes — lui qui était de condition divine, ne se prévalut pas d’être l’égal de Dieu, mais il s’anéantit lui-même, prenant condition d’esclave et se faisant semblable aux hommes. Il a paru comme un simple homme , c’est en ce sens que Jean dit : au milieu de vous se tient quelqu’un, c’est-à-dire : il a partagé votre vie bien des fois, comme étant l’un des vôtres — je suis au milieu de vous comme celui qui sert , pourtant vous ne le connaissez pas, c’est-à-dire : que Dieu se soit fait homme, Vous ne pouvez pas le comprendre. De même, vous ignorez combien il est grand selon la nature divine qui se cachait en lui — oui, Dieu est si grand qu’Il dépasse notre science, aussi, comme le dit Augustin , "une lampe, c’est-à-dire Jean, fut allumée pour que les hommes trouvent le Christ" — j’ai préparé une lampe à mon Christ .

 

Thomas d'Aquin, Commentaire de l'évangile de saint Jean , chapitre 1, §244-246

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