En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

L’accueil de l'autre, du Tout Autre

Publié le Mercredi 30 novembre 2016


Hospitalité d'Abraham, Sainte Marie Majeure, 5e Rome

 

Cette représentation du thème bien connu de l'hospitalité d'Abraham, que l'on peut voir sur les mosaïques de Sainte Marie Majeure à Rome, permet de méditer sur ce modèle d’accueil de l'étranger, du voyageur de passage.

 

En haut, Abraham se précipite pour accueillir les trois voyageurs. L'un d'eux au centre est entouré d'une mandorle, qui identifie Jésus dans l'art médiéval. Abraham s'incline devant eux avec respect.

 

Au registre inférieur, à gauche, se trouve la maison de Sarah. Un rideau sert de porte et la façade est décorée d'une croix. Devant la maison, Sarah s'affaire à préparer un repas, elle fait des pains. Abraham la bénit. A côté de la maison, on voit le fameux chêne de Mambré.

 

Près de la table un serviteur propose un plat où est posé « le veau gras », le meilleur à offrir aux voyageurs. Sur la table, trois pains et devant une urne de vin. Tout est prêt pour le festin.

 

On a souligné l'empressement d'Abraham et le calme des voyageurs ; cet apaisement semble gagner la scène du repas. Tout s'accomplit dans la paix et dans une atmosphère de grande confiance en la promesse donnée, une paix acquise par la disponibilité d'Abraham prêt accueillir ce qui vient, et la promesse qui va lui être faite.

Le personnage central apparaît comme le Christ venu pour partager un repas offert.

 

 



Le texte biblique

Aux chênes de Mambré, le Seigneur apparut à Abraham, qui était assis à l’entrée de la tente. C’était l’heure la plus chaude du jour.

 Abraham leva les yeux, et il vit trois hommes qui se tenaient debout près de lui. Dès qu’il les vit, il courut à leur rencontre depuis l’entrée de la tente et se prosterna jusqu’à terre.

 Il dit : « Mon seigneur, si j’ai pu trouver grâce à tes yeux, ne passe pas sans t’arrêter près de ton serviteur.

 Permettez que l’on vous apporte un peu d’eau, vous vous laverez les pieds, et vous vous étendrez sous cet arbre.

 Je vais chercher de quoi manger, et vous reprendrez des forces avant d’aller plus loin, puisque vous êtes passés près de votre serviteur ! » Ils répondirent : « Fais comme tu l’as dit. »

 Abraham se hâta d’aller trouver Sara dans sa tente, et il dit : « Prends vite trois grandes mesures de fleur de farine, pétris la pâte et fais des galettes. »

 Puis Abraham courut au troupeau, il prit un veau gras et tendre, et le donna à un serviteur, qui se hâta de le préparer.

 Il prit du fromage blanc, du lait, le veau que l’on avait apprêté, et les déposa devant eux ; il se tenait debout près d’eux, sous l’arbre, pendant qu’ils mangeaient.

 Ils lui demandèrent : « Où est Sara, ta femme ? » Il répondit : « Elle est à l’intérieur de la tente. »

 Le voyageur reprit : « Je reviendrai chez toi au temps fixé pour la naissance, et à ce moment-là, Sara, ta femme, aura un fils. » Or, Sara écoutait par-derrière, à l’entrée de la tente.

 – Abraham et Sara étaient très avancés en âge, et Sara avait cessé d’avoir ce qui arrive aux femmes.

 Elle se mit à rire en elle-même ; elle se disait : « J’ai pourtant passé l’âge du plaisir, et mon seigneur est un vieillard ! »

 Le Seigneur Dieu dit à Abraham : « Pourquoi Sara a-t-elle ri, en disant : “Est-ce que vraiment j’aurais un enfant, vieille comme je suis ?”

 Y a-t-il une merveille que le Seigneur ne puisse accomplir ? Au moment où je reviendrai chez toi, au temps fixé pour la naissance, Sara aura un fils. »

 Sara mentit en disant : « Je n’ai pas ri », car elle avait peur. Mais le Seigneur répliqua : « Si, tu as ri. »

 

 

Gn 18, 1-15



Commentaires

« Abraham était assis à l’entrée de sa tente, nous dit l’Écriture, il y était assis au plus chaud du jour » (Gn 18,1). Les autres se reposaient ; lui guettait la venue d’hôtes éventuels. Il méritait bien que Dieu vienne à lui au chêne de Mambré, celui qui cherchait avec tant d’empressement à exercer l’hospitalité…

Oui, l’hospitalité est bonne, elle a sa récompense particulière : elle s’attire d’abord la gratitude des hommes ; elle reçoit aussi — ce qui est plus important — un salaire de la part de Dieu. Nous sommes tous, en cette terre d’exil, des hôtes de passage. Pour un temps, nous avons à loger sous un toit ; bientôt, il faudra en déloger. Prenons garde ! Si nous avons été durs ou négligents dans l’accueil des étrangers, une fois écoulé le cours de cette vie, les saints pourraient bien, à leur tour, refuser de nous accueillir. « Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête, dit le Seigneur dans l’Évangile, afin qu’ils vous reçoivent dans les demeures éternelles »…

D’ailleurs, sais-tu si ce n’est pas Dieu que tu reçois, alors que tu penses n’avoir affaire qu’à des hommes ? Abraham accueille des voyageurs ; en réalité il reçoit chez lui Dieu et ses anges. Toi aussi, qui accueilles un étranger, c’est Dieu que tu reçois. Le Seigneur Jésus l’atteste dans l’Évangile : « J’étais un étranger et vous m’avez accueilli. Ce que vous avez fait à l’un de ces tout-petits, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,35.40).

 

 

Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l’Église

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