En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

" Il enseignait en homme qui a autorité » 

Publié le Mardi 10 janvier 2017


Les Très Riches Heures du duc de Berry, Folio 166r - Exorcisme, 1410, Musée Condé, Chantilly

 

Les très riches heures du duc de Berry est un livre d'heures commandé par le duc Jean de Berry.
La commande a été faite aux frères Paul, Jean et Herman de Limbourg vers 1410-1411.
Inachevé à la mort des trois peintres et de leur commanditaire en 1416, le manuscrit fut complété par un peintre anonyme dans les années 1440.

La palette de couleur utilisée par les Limbourg est particulièrement riche et diversifiée : tous les pigments disponibles sont utilisés avec une préférence donnée aux plus précieux. On trouve du bleu lapis lazuli, du rouge vermillon, de la laque rose fabriquée à base de bois du Brésil, du vert de cuivre, de l’indigo ainsi que des ocres, du blanc de plomb et du noir de fumée.

Ils utilisent à l'inverse très peu de minium  ou d'or contrairement à beaucoup d'enlumineurs de l'époque.

 

Cette page illustre Jésus exorcisant un possédé devant la synagogue de Capharnaüm

Au centre le possédé vêtu de gris, vêtements en lambeaux est soutenu par un homme, tentant de retenir les cris du malade.

Jésus proche de lui, le regarde intensément, lève la main posément et fermement. Sa parole fera sortir le démon représenté comme un petit diable qui s’échappe.

 

De part et d’autre, à l’intérieur ou à l’extérieur du monument, des groupes d’hommes, les scribes, des pharisiens reconnaissables à leurs riches vêtements et chapeaux assistent à la scène. A droite certains s’agitent, à gauche d'autres, derrière Jésus semblent plus calmes. Chacun réagit à sa manière devant l’extraordinaire de l’événement. Qui donc ce Jésus de Nazareth qui s’impose aux forces du Mal ?



Le texte biblique

 Ils entrèrent à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, Jésus se rendit à la synagogue, et là, il enseignait.

 On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes.

 Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier :

 « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. »

 L’esprit impur le fit entrer en convulsions, puis, poussant un grand cri, sortit de lui.

 Ils furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. »

 Sa renommée se répandit aussitôt partout, dans toute la région de la Galilée.

 

 

 

Mc 1, 21-28)



Commentaires

Nous lisons le premier chapitre de l’évangile de Marc, ce récit est très condensé et significatif pour le message du Messie : son enseignement lié à un exorcisme.

La scène se passe à Capharnaüm qui sera le centre de la prédication de Jésus. Jésus fréquente la synagogue comme tous les juifs fervents, c’est le lieu où on se rassemble pour la prière et l’écoute de la Parole de Dieu. Le jour du sabbat est le jour de repos consacré à Dieu.

Après la lecture d’un passage de la Loi de Moïse et des prophètes, on invitait un adulte à donner une instruction, un commentaire sur le texte lu. A cette occasion, Jésus donnait son enseignement dont Marc souligne l’originalité profonde à plusieurs reprises dans son évangile, tant le savoir du Maître surpasse celui des savants et des scribes. Jésus n’enseigne pas comme eux, mais avec une autorité qui lui vient de Dieu. Le terme grec « autorité » est très fort. Il est tiré d’un passage de l’Ancien Testament où Dieu remet à Moïse un « Pouvoir » souverain «  Et il lui fut donné domination, gloire et royauté ; tous les peuples, toutes les nations et les gens de toutes langues le servirent. Sa domination est une domination éternelle, qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera pas détruite. (Dn 7,13-14).

C’est de cette supériorité que Jésus donne un exemple frappant en exorcisant l’homme tourmenté par un esprit impur. Dans l’Antiquité, tous les maux dont souffre l’homme sont attribués à l’influence néfaste d’esprits mauvais, opposés à la sainteté de Dieu.

Les séances d’exorcisme se passaient selon un canevas établi : l’exorciste entre en lutte contre l’esprit mauvais. Il faut livrer le nom de son adversaire. Connaître le « nom » de quelqu’un c’est avoir domination sur lui. Ici l’esprit mauvais connaît l’identité foncière de Jésus : « tu es le saint de Dieu ». mais cet aveu s’accompagne de confusion. L’esprit pressent que Jésus vient pour sa perte. Mais Jésus se montre plus fort, il déloge l’esprit mauvais par sa seule parole souveraine. Cris et convulsions sont les phénomènes spectaculaires habituels de l’époque, ce qui est important , c’est la parole impérative et violente de Jésus : « Silence ». Dans la fièvre de l’attente du Messie, les Juifs attendaient une personnalité plus ou moins mythique qui transformerait le monde d’un coup de baguette magique.

 

Jésus apporte une parole salvatrice pleinement efficace comme la Parole de Dieu. D’où la frayeur et l’interrogation qui s’emparent du public. Jésus vient d’accomplir une action inédite. Au cœur du sabbat il ponctue l’autorité de sa parole par un acte de maîtrise absolue sur les forces du Mal. D’où tient-il ce pouvoir ? Cette question reviendra tout au long de l’évangile de Marc. L’évangéliste soulignera la popularité que cette guérison valut à Jésus dans toute la Galilée.

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