En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Careme (2)  ; le pardon

Publié le Mercredi 8 mars 2017


St Clément de Rome, abside, 11/12e siècle

La basilique actuelle saint Clément du Latran de Rome, a été reconstruite par le cardinal Anastase, vers 1099 – 1120 , après que la première fut brûlée au cours du sac de la ville par les Normands en 1084. Elle est richement décorée. L’abside est couverte de mosaïque sur le thème du Triomphe de la Croix, sur un fond doré et agrémentée de splendides couleurs.

Du ciel viennent la lumière, la pluie et la rosée. La main de Dieu tient la couronne d’épines. Et tout autour des nuages colorés de blanc, bleu, rouge, rappelant la nuée de Dieu guidant son peuple dans le désert.

Au centre la croix. Le Christ penche la tête, il a remis son esprit entre les mains du Père. De son visage, de toute sa figure émane une grande joie. La douleur est vaincue, c’est le temps de la réconciliation, de la paix. L’amour est plus fort que la mort, il est ici manifesté... on pressent déjà la résurrection .

Cette croix est en fait un arbre, évoquant l’arbre de vie, entourée de rameaux fleuris qui disent la fécondité de l’acte de Jésus qui pardonne à ses bourreaux sur la croix. Toute la création reçoit par la croix la vie et la nourriture nécessaire. Au pied de la croix les cerfs boivent aux quatre fleuves du paradis, fleuves d’eau vive. L’arbre qui vient des eaux de vie est à son tour fécond. Toute l’abside est remplie d’une grande vigne dont les sarments émergent des racines et des rameaux de l’arbre de la croix. Avec des mouvements amples et complexes ces sarments s’élargissent jusqu’à embrasser le monde entier. Entre les sarments est présente toute la plénitude de l’existence des hommes, des bergers, des paysans, des moines etc.. « je suis la vigne et vous êtes les sarments » (Jn 15,5).

Sur la croix sont représentées douze colombes, « viens ma colombe cachée au creux des rochers » (Ct 2,14).. sur la croix nous sommes tous convoqués, les 12 tribus, les 12 apôtres.. tous les hommes.

Et de part et d’autre de la croix, Marie et Jean.

 



Le texte biblique

Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font 

(Lc 23,34)



Commentaires

Jésus demande ce pardon pour ceux qui ont participé à sa condamnation et exécution.

La première parole qui nous est donnée est celle du pardon . Le pardon est toujours là, il nous attend. Il ne s’agit pas pour Dieu d’oublier , mais c’est  l’inimaginable créativité de Dieu qui s’empare de ce que nous avons fait et le rend fécond.

La croix est un instrument de torture, symbole de la capacité humaine de rejeter l’amour. Mais les artistes du Moyen Age montrent une croix florissante, du bois de la croix sortent des bourgeons et des fleurs. Le pardon fait vivre ce qui est mort, rend beau ce qui est laid. La croix devient notre nouvel arbre de vie.

 

L’arbre est mon salut éternel, c’est ma nourriture et mon banquet.

Mes racines plongent profond au milieu de se racines.

Je me développe sous ses branches.

Loin de la chaleur brûlante, j’ai planté ma tente à son ombre et j’y ai trouvé un lieu de repos rafraîchi par la rosée.

Je fleuris de ses fleurs.

Ses fruits me procurent une joie parfaite, des fruits qui ont été gardé pour moi depuis l’aube des temps,

des fruits que je peux manger librement.

Cet arbre m’est une nourriture, une nourriture délicieuse pour assouvie ma faim,

une fontaine pour étancher ma soif, un vêtement pour couvrir ma nudité : ses feuilles sont le souffle de la vie.

Si j’ai peur de Dieu, c’est ma protection : si je trébuche c’est mon bâton :

c’est le prix pour lequel je lutte, la récompense de ma victoire.

C’est mon droit chemin, ma voie étroite ; c’est l’échelle de Jacob où les anges montent et descendent,

et le Seigneur lui-même se tient en haut. 


Homélie pascale anonyme, inspirée du Traité sur la Pâque d'Hippolyte de Rome, 49ss.

 

Prière de saint Bonaventure

O douce patience ! ô mansuétude ineffable, clémence infinie, bénignité sans limites ! Comme une brebis pleine de douceur, vous ne laissez échapper aucune plainte; comme une mère pleine de tendresse, vous excusez l'injure dont on vous couvre ; comme l'âme dont la bouté est inépuisable, vous gardez toute votre bienveillance; comme celui dont la volonté est d'une tendresse sans bornes, vous ne mettez en avant que la miséricorde. L'espérance de nos coeurs se tourne vers vous ; vers vous montent nos soupirs, vers vous coulent nos larmes, vers vous s'élèvent nos désirs, et nous crions avec confiance : Seigneur, daignez nous pardonner.

 

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