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L' enseignement de Jésus dans le temple

Publié le Vendredi 7 mars 2008


Vitrail gothique de l’abbaye de Klosterneuburg (Autriche) : enseignement des disciples à la synagogue de Jérusalem.

Jésus enseigne dans la synagogue, lors de la fête des tentes. Les juifs en sont venus à lier cette fête qui rappelle le séjour d’Israël dans le désert aux vendanges évoquées par les feuilles de vigne en fond du vitrail.

Jésus tient en main la Torah, le livre de la Loi de Moïse : son enseignement se fait bien à partir de textes juifs qu’il interprète avec autorité. Ce qui intrigue ses interlocuteurs, puisqu’il n’a pas fait d’études : l‘un d’eux, le dos tourné, et le Livre à la main, le montre du doigt. D’autres en face de lui l’écoutent, tous portent la coiffe juive, chapeau pointu en forme de cône porté par les Juifs dans l’Europe médiévale. Les avis semblent donc partagés. Jésus, lui, a déjà une auréole cruciforme, qui annonce de sa passion et de sa résurrection.

Jésus est seul, tandis que les juifs sont nombreux, ils sont tassés, l’espace qu’ils occupent épousent toute la forme du vitrail, comme le montrent le bras et la coiffe du personnage de droite.



Le texte biblique

A partir de la fête des Tentes décrite au chapitre 7 de l’évangile de Jean , l’hostilité des juifs contre Jésus s’accentue en même temps que la perspective du retour au Père, par la Passion, s’affirme.

La fête des Tentes rappelait le séjour des hébreux dans le désert (Lv 23,42-43). Cette fête devint pour les Israélites sédentarisés une fête d’automne liée aux vendanges ; la dédicace du temple de Salomon se déroula à l’occasion de la fête des Tentes ; Flavius Josephe en parle comme la plus grande et la plus sainte fête des juifs.

Jésus vient à Jérusalem non pas à la demande de ses disciples : « le moment n’est pas encore venu » leur dit-il ; il signifie par là que le temps favorable de la révélation ne peut être décidé par des interventions humaines. Jésus semble décider seul de l’instant de sa révélation quand son heure sera venue, mais il ne fait rien qui ne lui soit demandé par le Père (Jn 12,27).

Une fois à Jérusalem, Jésus enseigne, mais son enseignement pose question. Il n’a pas suivi les écoles rabbiniques. De qui tient-il cet enseignement ? la réponse est claire : : son maître c’est Dieu, de qui il tient son enseignement car son savoir vient de lui. Il fait référence à Moïse, pour montrer qu’en guérissant il est profondément fidèle à l’esprit de la Loi, car la Loi qui vient de Dieu ne veut pas la mort mais la vie. Or en voulant faire mourir Jésus, les juifs eux-mêmes violent l’un des 10 commandements donnés par Moïse. Bien avant les évènements de la Passion, les complots contre la vie de Jésus se multiplient.

Jésus se manifeste donc ouvertement dans le Temple, et sa révélation se heurte à l’incrédulité des juifs qui le connaissent comme fils de Joseph et de Marie, et ne peuvent reconnaître en lui le Messie. L’ironie de l’évangéliste est féroce : les hommes condamnent Jésus parce qu’ils croient savoir d’où il vient, et précisément ils ignorent que Jésus vient de Dieu !



Commentaires

La fête juive des Tentes approchait. Alors les frères de Jésus lui dirent : « Ne reste pas ici, va en Judée pour que les disciples que tu as là-bas voient eux aussi les œuvres que tu fais. On n'agit pas en secret quand on veut être connu. Puisque tu fais de telles choses, manifeste-toi au monde. » (En effet, les frères de Jésus eux-mêmes ne croyaient pas en lui.) Jésus leur dit alors : « Pour moi, le moment n'est pas encore venu ; pour vous, c'est toujours le moment favorable. Le monde ne peut pas avoir de haine contre vous ; mais il a de la haine contre moi parce que je témoigne que ses œuvres sont mauvaises. Vous autres, montez à la fête ; moi, je ne monte pas à cette fête parce que le moment pour moi n'est pas encore arrivé. » Cela dit, il demeura en Galilée. Lorsque les frères de Jésus furent montés à Jérusalem pour la fête, il y monta lui aussi, non pas ostensiblement, mais en secret. Les Juifs le cherchaient pendant la fête, en disant : « Où est donc cet homme ? » On discutait beaucoup à son sujet dans la foule. Les uns disaient : « C'est un homme de bien. » D'autres répliquaient : « Non, il égare la foule. » Toutefois, personne ne parlait ouvertement de lui, par crainte des Juifs. La semaine de la fête était déjà à moitié passée quand Jésus monta au Temple et se mit à enseigner. Dans leur étonnement, les Juifs disaient : « Comment cet homme connaît-il tant de choses sans avoir fait d'études ? » Jésus leur répondit : « Mon enseignement n'est pas le mien : c'est l'enseignement de celui qui m'a envoyé. Celui qui veut faire la volonté de Dieu saura si cet enseignement vient de Dieu, ou si je ne parle qu'en mon nom. Si quelqu'un ne parle qu'en son nom, il cherche sa propre gloire ; mais si quelqu'un cherche la gloire de celui qui l'a envoyé, il est dans le vrai, et il n'y a en lui rien de mal. N'est-ce pas Moïse qui vous a donné la Loi ? Or, aucun de vous n'agit selon la Loi. Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir ? » La foule répondit : « Tu es un possédé. Qui donc cherche à te faire mourir ? » Jésus leur répondit : « Pour une seule œuvre que j'ai faite, vous voilà tous dans l'étonnement. Moïse vous a prescrit la circoncision (en fait elle ne vient pas de Moïse, mais des patriarches), et vous la pratiquez même le jour du sabbat. Eh bien ! Si le jour du sabbat, un être humain peut recevoir la circoncision afin que la loi de Moïse soit respectée, pourquoi vous mettez-vous en colère contre moi parce que j'ai guéri un être humain tout entier le jour du sabbat ? Ne jugez pas d'après l'apparence, mais selon la justice. » Quelques habitants de Jérusalem disaient alors : « N'est-ce pas lui qu'on cherche à faire mourir ? Le voilà qui parle ouvertement, et personne ne lui dit rien ! Les chefs du peuple auraient-ils vraiment reconnu que c'est lui le Messie ? Mais lui, nous savons d'où il est. Or, lorsque le Messie viendra, personne ne saura d'où il est. » Jésus, qui enseignait dans le Temple, s'écria : « Vous me connaissez ? Et vous savez d'où je suis ? Je ne suis pas venu de moi-même : mais celui qui m'a envoyé dit la vérité, lui que vous ne connaissez pas. Moi, je le connais parce que je viens d'auprès de lui, et c'est lui qui m'a envoyé. » On cherchait à l'arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n'était pas encore venue.
Jn 7, 2-30

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