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Abraham et sa descendance

Publié le Mercredi 28 juin 2017


Jeannette Weis-Gruber, vitrail, église saint Salomon, enclos de La Martyre, Finistère, 1992-1995

Les enclos paroissiaux de la vallée de l’Elorn remontent au 17e siècle. Ils témoignent à la fois d’une grande vitalité religieuse et d’une abondante richesse agricole, industrielle et maritime, la Bretagne étant la seule province française tournée vers la mer. Landernau, à l’embouchure de l’Elorn était un port important.


Jeannette Weis-Gruber fait partie d’une famille de verrier depuis plusieurs générations. Elle se définit comme un auteur abstrait naïf. Sur le souhait du prêtre du lieu elle a accepté quelques traits figuratifs et l’inscription de textes au bas des verrières qu’elle a réalisées à La Martyre. Ces vitraux occupent l’ensemble des ouvertures Nord et Sud.

Elle inscrit ici la parole de Dieu entendue par Abraham « Je multiplierai ta descendance comme les étoiles du ciel et le sable au bord de la mer »

Trois personnages divins sont représentés en haut de la verrière, figures de Dieu que le patriarche Abraham a rencontré aux chênes de Mambre sous la forme des trois visiteurs.

Les étoiles occupent les deux tiers de l’espace, délimitant un ciel qui se fait proche de la terre.

Une source jaillissante s’entrevoit en bas au centre, se répandant généreusement à droite et à gauche.

La descendance sous forme de semence se propage sur la terre à travers la multitude des peuples.



Le texte biblique

 Après ces événements, la parole du Seigneur fut adressée à Abram dans une vision : « Ne crains pas, Abram ! Je suis un bouclier pour toi. Ta récompense sera très grande. »

Abram répondit : « Mon Seigneur Dieu, que pourrais-tu donc me donner ? Je m’en vais sans enfant, et l’héritier de ma maison, c’est Élièzer de Damas. »

 Abram dit encore : « Tu ne m’as pas donné de descendance, et c’est un de mes serviteurs qui sera mon héritier. »

Alors cette parole du Seigneur fut adressée à Abram : « Ce n’est pas lui qui sera ton héritier, mais quelqu’un de ton sang. »

Puis il le fit sortir et lui dit : « Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux… » Et il déclara : « Telle sera ta descendance ! »

Abram eut foi dans le Seigneur et le Seigneur estima qu’il était juste.

 Puis il dit : « Je suis le Seigneur, qui t’ai fait sortir d’Our en Chaldée pour te donner ce pays en héritage. »

Abram répondit : « Seigneur mon Dieu, comment vais-je savoir que je l’ai en héritage ? »

Le Seigneur lui dit : « Prends-moi une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune colombe. »

Abram prit tous ces animaux, les partagea en deux, et plaça chaque moitié en face de l’autre ; mais il ne partagea pas les oiseaux.

 Comme les rapaces descendaient sur les cadavres, Abram les chassa.

Au coucher du soleil, un sommeil mystérieux tomba sur Abram, une sombre et profonde frayeur tomba sur lui.

Après le coucher du soleil, il y eut des ténèbres épaisses. Alors un brasier fumant et une torche enflammée passèrent entre les morceaux d’animaux.

Ce jour-là, le Seigneur conclut une alliance avec Abram en ces termes : « À ta descendance je donne le pays que voici, depuis le Torrent d’Égypte jusqu’au Grand Fleuve, l’Euphrate,

Gn 15,1-12,17-18a

 



Commentaires

Ce passage de la Genèse fait partie de ce que l’on appelle le « cycle d’Abraham ». C’est l’une des grandes étapes de la marche du patriarche dans la foi, et probablement l'annonce du sacrifice d’Isaac qui vérifiera la réalité de cette foi. Ce texte est composite provenant sans doute de deux traditions différentes, contenant chacune une promesse, la descendance et la terre promise.

 


Abram (selon Gn 17,1-5 Dieu changea le nom d’Abram en Abraham, signifiant un nouveau souffle, une nouvelle création, il va pouvoir devenir père, père d’une multitude) vient d’accomplir un exploit guerrier en libérant son neveu Lot (ch 14). Le Seigneur s’adresse à lui avec des termes guerriers, je serai ton bouclier. Mais Abraham se plaint auprès de son Seigneur, il discute l’offre et fait preuve d'un scepticisme découragé. Il se fait vieux et n’a pas d’enfant, il demande une descendance, ce qui pour un sémite représente le bien le plus précieux. Dieu répond par une double promesse, il annonce un descendant du sang d'Abraham et lui promet une immense descendance comparable au nombre des étoiles dans le ciel. Tout est de l’ordre de la promesse, la parole de Dieu est entièrement fiable.

 


Abram a foi dans le Seigneur, il fait confiance. Et le Seigneur estime qu’il est juste. C’est ce qui fait le lien entre les deux parties du texte.

Ici Abram est considéré comme celui qui vient d'Our dans la lointaine Babylonie, comme les Juifs exilés qui reviennent à Jérusalem. « Je suis le Seigneur qui t’ai fait sortir … » : telle est la carte d’identité du Seigneur qui a fait sortir Israël d’Égypte, et qui, de la même façon ramène son peuple de l'exil à Babylone.

 


A l’objection d’Abram Dieu répond par un signe. Selon des rites antiques, pour nous étranges, Abram va offrir un sacrifice avec toutes sortes d’animaux, qu’il doit couper en deux, signe que les deux partenaires de l’alliance s’engagent à respecter les termes du contrat. Mais tandis qu'Abram tombe dans un sommeil mystérieux, l’image du brasier fumant représente Dieu qui passe entre les animaux et qui s’engage envers Abram : l’alliance offerte par Dieu à Abram est inconditionnelle, elle ne dépend que de Dieu ; même les infidélités des Israélites ne pourront la détruire, nous avons là un serment solennel du Dieu dont la fidélité ne se dément pas. Et du sommeil mystérieux d'Abram semblable à celui de l'Adam de la Genèse, dont Dieu fait sortir le couple humain, Dieu va faire naître un peuple nouveau.

 

 

 

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