En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

La Toussaint

Publié le Mercredi 1er novembre 2017


Conques, tympan du jugement dernier, det, première moitié du XIIe siècle

 Au portail occidental de l’abbatiale de Conques, une profonde voussure en plein cintre abrite le Tympan du Jugement dernier.

Il a été réalisé sous l’abbatiat de Boniface, abbé du monastère de 1107 à 1125, par un sculpteur qui avait sans doute déjà travaillé à saint Jacques de Compostelle.

 L’ensemble est impressionnant avec des 124 personnages représentés. Tout s’ordonne autour de la figure centrale du Christ démesurée par rapport aux autres personnages.

Nous regardons ici la partie décrivant le paradis : tout est ordre, clarté, paix, contemplation et amour à l’opposé de la violence , de l’agitation de l’effroi de l’enfer !

Les bénis du Père s’avancent tranquillement vers le Christ, vers le royaume préparé pour eux.

Ce mouvement des élus est ponctué par le bras droit du Christ levé pour les accueillir.

Les élus marchent derrière la Vierge , elle-même suivie de saint Pierre qui tient les clés du Paradis. Derrière eux les autres personnages sont dépourvus de nimbe.

Cette procession ne concerne pas les saints connus, mais le maître du tympan eut l’audace d’insérer les figures marquante de l’histoire du monastère de Conques : l’ermite Dadon, le fondateur de l’abbaye puis un abbé, la crosse à la main, et entraînant de l’autre l’empereur Charlemagne, bienfaiteur légendaire du monastère, suivi de deux moines qui portent un diptyque et un reliquaire preuve de sa générosité pour se faire pardonner ses erreurs !

Le paradis est ouvert à tous. Et chacun peut s'en approcher avec humilité.... pourvu qu'il suivre le chemin ouvert par le Christ.



Le texte biblique

 Mais vous êtes venus vers la montagne de Sion et vers la ville du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, vers des myriades d’anges en fête

 et vers l’assemblée des premiers-nés dont les noms sont inscrits dans les cieux. Vous êtes venus vers Dieu, le juge de tous, et vers les esprits des justes amenés à la perfection.

 Vous êtes venus vers Jésus, le médiateur d’une alliance nouvelle, et vers le sang de l’aspersion, son sang qui parle plus fort que celui d’Abel.

 Hb 12, 22-24



Commentaires

Nous lisons aujourd’hui pour la fête de la Toussaint la lettre aux Hébreux proposée dans le livre des Heures pour la veille au soir.

 Il s’agit ici pour l’auteur de méditer sur la possibilité de l’accès à Dieu.

Les versets précédant notre passage font référence au moment du Sinaï raconté en Exode 19 où le peuple fait l’expérience d'aller à la rencontre de Dieu, de s’approcher de lui, à certaines conditions.

Ici l’auteur montre de quoi se sont approchés ceux a qui la lettre s’adresse.

Il ne s’agit plus d’une seule réalité, mais d’une pluralité de lieux et de personnes qui se superposent : la montagne de Sion, la ville du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, pour les lieux, et pour la procession des anges en fête, les premiers nés dont les noms sont inscrits dans les cieux, les esprits des justes, tous convergent vers Dieu, le juge de tous qui les conduit lui-même vers la perfection.

 L’effet de cette énumération est de dessiner une sorte de liturgie à la fois céleste et terrestre, pour une assemblée animée plutôt par la joie et la fête.

Mais nous ne devons jamais oublier que celui qui a ouvert et permis cet accès à Dieu, c'est Jésus qui a scellé l’alliance par son sang, par le don de sa vie.

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