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Le festin de Balthazar

Publié le Mercredi 29 novembre 2017


Rembrandt ,1606-1669, le festin de Balthasar, 1635-38, National Gallery Londres.

Le roi de Babylone, Balthasar, dans ses atours magnifiques, coiffé d’un turban oriental montrant sa puissance, est présenté entouré de sa cour, autour d’un superbe festin. L’atmosphère est lourde de vin, les plats et coupes sont riches d’or, ils viennent du temple de Jérusalem . Au moment où, à droite, une servante allait verser à boire au roi, à l’arrière, la main de Dieu apparaît sortant d’un lourd nuage. Elle a écrit sur le mur, une phrase mystérieuse, dans un halo de lumière, style très caractéristique de Rembrandt.

Transcrit, il est écrit « Mene, Mene,Tekel, Uphaesin », « pesé, pesé, compté, divisé ». On sait comment Daniel interpréta le message : tu as été pesé, ton temps est compté, ton royaume sera divisé.

Quant à Rembrandt, il a repris une interprétation que son voisin le rabbin Manasseh ben Israel, proposant dans son livre le De Terminis Vitae ; si les devins babyloniens n’ont pas su lire l’inscription, c’est parce qu’ils ne lisaient pas l’hébreu, mais parce que les lettres étaient disposées non horizontalement comme à l’ordinaire, mais verticalement en cinq colonnes de trois lettres, le premier mot est répété, le dernier mot occupe deux colonnes !

Le lendemain, Babylone était prise par les Perses.

Le roi est montré se retournant brusquement, il déséquilibre la servante qui renverse le vin sur sa manche.

À gauche sont représentés les spectateurs de la scène abasourdis !!

 



Le texte biblique

 Le roi Balthazar donna un somptueux festin pour les grands du royaume au nombre de mille, et il se mit à boire du vin en leur présence.

Excité par le vin, il fit apporter les vases d’or et d’argent que son père Nabucodonosor avait enlevés au temple de Jérusalem ; il voulait y boire, avec ses grands, ses épouses et ses concubines.

 On apporta donc les vases d’or enlevés du temple, de la Maison de Dieu à Jérusalem, et le roi, ses grands, ses épouses et ses concubines s’en servirent pour boire.

 Après avoir bu, ils entonnèrent la louange de leurs dieux d’or et d’argent, de bronze et de fer, de bois et de pierre.

Soudain on vit apparaître, en face du candélabre, les doigts d’une main d’homme qui se mirent à écrire sur la paroi de la salle du banquet royal. Lorsque le roi vit cette main qui écrivait,

 il changea de couleur, son esprit se troubla, il fut pris de tremblement, et ses genoux s’entrechoquèrent.

 On fit venir Daniel devant le roi, et le roi lui dit : « Es-tu bien Daniel, l’un de ces déportés amenés de Juda par le roi mon père ?

 J’ai entendu dire qu’un esprit des dieux réside en toi, et qu’on trouve chez toi une clairvoyance, une intelligence et une sagesse extraordinaires.

 J’ai entendu dire aussi que tu es capable de donner des interprétations et de résoudre des questions difficiles. Si tu es capable de lire cette inscription et de me l’interpréter, tu seras revêtu de pourpre, tu porteras un collier d’or et tu seras le troisième personnage du royaume. »

 Daniel répondit au roi : « Garde tes cadeaux, et offre à d’autres tes présents ! Moi, je lirai au roi l’inscription et je lui en donnerai l’interprétation.

 Tu t’es élevé contre le Seigneur du ciel ; tu t’es fait apporter les vases de sa Maison, et vous y avez bu du vin, toi, les grands de ton royaume, tes épouses et tes concubines ; vous avez entonné la louange de vos dieux d’or et d’argent, de bronze et de fer, de bois et de pierre, ces dieux qui ne voient pas, qui n’entendent pas, qui ne savent rien. Mais tu n’as pas rendu gloire au Dieu qui tient dans sa main ton souffle et tous tes chemins.

 C’est pourquoi il a envoyé cette main et fait tracer cette inscription.

 En voici le texte : Mené, Mené, Teqèl, Ou-Pharsine.

 Et voici l’interprétation de ces mots : Mené (c’est-à-dire “compté”) : Dieu a compté les jours de ton règne et y a mis fin ;

 Teqèl (c’est-à-dire “pesé”) : tu as été pesé dans la balance, et tu as été trouvé trop léger ;

Ou-Pharsine (c’est-à-dire “partagé”) : ton royaume a été partagé et donné aux Mèdes et aux Perses. »


Dn 5, 1-6.13-14.16-17.23-28



Commentaires

Le scénario présenté dans les premiers versets est dense. Il y a des excès de vin durant le banquet, il est en effet étonnant de vouloir utiliser les vases du temple de Jérusalem pour y boire, et puis de louer les dieux païens ! Que va-t-il se passer ? Beaucoup d’incontrôlé.

La reine intervient et propose une issue au conflit, à laquelle le roi s’intéresse.

Daniel prend la parole et prononce son discours. Il refuse les cadeaux et passe longuement en revue l’histoire de Nabuchodonor, le père de Balthazar, qu’il donne en exemple. Un point est souligné, son orgueil, sa démesure. Nabuchodonosor a payé jusqu’à ce qu’il reconnaisse que Dieu est le maître.

Ainsi il est clair que le comportement de Balthazar est incompréhensible et injustifiable, il n’a pas humilié son coeur, il s’est élevé contre le Seigneur du ciel.


L’inscription sur le mur n’est autre chose que la sentence divine contre un tel comportement. Elle annonce le changement de pouvoir : à celui qui n’a pas été fidèle dans sa fonction, on la lui arrache pour la donner à un autre.

 

 

 

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