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La vocation d'Isaïe

Publié le Vendredi 2 février 2007

WEST Benjamin (1738 ; 1820) Les lèvres d'Isaïe purifiées par le feu, 1782, Bordeaux ; musée des beaux-arts. Image pleine de fougue, de force inexprimable du signe de Dieu en faveur d’Isaïe qui tient le rouleau du prophète.



Le texte biblique

Ce récit de la vocation d’Isaïe est un des exemples dans la Bible des « récits de vocation » (voir les vocations d’Abraham, de Moïse, de Gédéon, de Samuel, d’Amos, de Jérémie, d’Ezéchiel etc.. ) Quatre éléments fondamentaux s’y retrouvent : d’abord, « la théophanie » (ou manifestation de Dieu), puis la mission que l’appelé doit accomplir, les objections de l’appelé, et pour finir le signe donné par Dieu, un réconfort « je serai avec toi » par exemple. La lecture du passage de ce jour ne présente que trois de ces aspects (le récit se poursuit dans le chapitre 6). Isaïe, vers 739 av JC (année de la mort d’Osias), un diplomate de la cour royale, homme profondément religieux, un assidu du Temple contigu au palais royal, bénéficie d’une vision tout à fait « extraordinaire » : il voit Dieu sur un trône, des séraphins qui louent le Seigneur de l’Univers, une voix crie dans une fumée (l’équivalent de la nuée du Sinaï, signe de la présence voilée du Seigneur). Dieu est le « tout autre », trois fois saint, sa gloire est insurpassable. A son contact, l’homme mesure sa petitesse et son péché. Aussi le prophète se rend-il compte qu’il est perdu, qu’il ne peut rien dire, qu’il ne peut participer à la louange des séraphins (dont le nom signifie « brûlants » en hébreu, suggérés sans doute par les sculptures qui étendaient leurs ailes sur l’arche d’alliance (Ex 25,17-22). Alors Dieu intervient pour le purifier : un séraphin vole vers lui, pour poser un charbon ardent sur ses lèvres. Tout ce qui brûle dans l’Ecriture est signe, du buisson ardent au charbon brûlant, en passant par le feu consumant, signe de l’Alliance de feu que Dieu propose. Cette purification permet le dialogue avec Dieu, Isaïe reçoit sa mission : si les lèvres sont particulièrement purifiées, c’est en vue de la mission qui va suivre : il va devenir le prophète de Dieu, parler en son nom (prophète, mot à mot : qui parle pour). Mais alors que dans d’autres récits de vocation, celui qui est appelé commence par se récuser ou demander un signe, ici le prophète, la bouche déjà habitée par la force de Dieu, peut s’avancer et dire : « me voici, envoie-moi ! ».
Ce texte amène le récit de l’Evangile proposé ce jour, celui du récit de la pêche miraculeuse qui a le même rythme dans sa construction.



Commentaires

L 'année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur qui siégeait sur un trône très élevé ; les pans de son manteau remplissaient le Temple. Des séraphins se tenaient au-dessus de lui. Ils se criaient l'un à l'autre : « Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur, Dieu de l'univers. Toute la terre est remplie de sa gloire. » Les pivots des portes se mirent à trembler à la voix de celui qui criait, et le Temple se remplissait de fumée. Je dis alors : « Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j'habite au milieu d'un peuple aux lèvres impures : et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur de l'univers ! » L'un des séraphins vola vers moi, tenant un charbon brûlant qu'il avait pris avec des pinces sur l'autel. Il l'approcha de ma bouche et dit : « Ceci a touché tes lèvres, et maintenant ta faute est enlevée, ton péché est pardonné. » J'entendis alors la voix du Seigneur qui disait : « Qui enverrai-je ? qui sera notre messager ? » Et j'ai répondu : « Moi, je serai ton messager : envoie-moi. »

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