En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Je suis le chemin

Publié le Vendredi 18 avril 2008



Icône de Marie Hodigritria, 1535, monastère Iveron Mont Athos, Grèce

La Vierge, mère de Dieu, « mater theou » comme le dit l’inscription, apparaît portant le Christ Enfant Jésus sur le bras et le désignant de l’autre main comme « voie, vérité et vie ». La Vierge est ainsi représentée comme le guide (hodigos en grec) du peuple chrétien à qui elle présente le Sauveur qui est le chemin, la vérité et la vie.
En haut de l’icône à droite et à gauche sont représentés les archanges Michel et Gabriel.
Les règles de l’iconographie sont fixées dès les premiers siècles. L’image est solennelle et majestueuse. L’enfant Jésus est représenté sous les traits d’un adulte, symbole de la sagesse divine et de son destin déjà accompli de passion et de mort. Jésus tient le rouleau de la Loi dans une main et lève l’autre en signe de bénédiction.

Une légende explique le nom de ce type d’icône par un miracle de la Sainte Vierge:
À Constantinople, la Mère de Dieu serait apparue à deux aveugles. Les prenant par la main, elle les aurait conduit au célèbre monastère et sanctuaire de l'Hodiguitria où elle leur aurait rendu la vue.
Construit par Michel III (842-867), le sanctuaire s'appelait Église des Guides car les chefs d'armée, avant leur départ en campagne, venaient prier devant l'icône qui portait le nom de ce sanctuaire. Depuis ce temps, les aveugles et ceux qui souffraient de maladies des yeux, venaient à la source près de l'église et s'y lavaient les yeux afin de trouver la guérison. Cette légende a fait de cette image de l'Hodiguitria une source de grâce pour ceux qui cherchent Dieu. Marie montre le chemin vers Dieu puisqu’elle est Hodiguitria, celle qui montre le Chemin qu’est Jésus, pour aller vers le Père.
Marie elle-même est "la première en chemin, elle nous entraîne à risquer notre oui aux imprévus de Dieu" ; n'est-ce pas le signe que la foi est moins dans la sécurité des idées ou des habitudes que dans l'ouverture aux appels imprévus de Dieu ? Imprévus puisque, comme les apôtres il nous est bien difficile de connaître le chemin !



Le texte biblique

Ne soyez donc pas bouleversés : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, beaucoup peuvent trouver leur demeure ; sinon, est-ce que je vous aurais dit : Je pars vous préparer une place ? Quand je serai allé vous la préparer, je reviendrai vous prendre avec moi ; et là où je suis, vous y serez aussi. Pour aller où je m'en vais, vous savez le chemin. » Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas ; comment pourrions-nous savoir le chemin ? » Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi.
Jn 14,1-6



Commentaires

Ce passage fait partie du premier discours d’adieu de Jésus, préparant les apôtres à son départ vers le Père. Tout le chapitre 14 de l’évangile de Jean souligne ce départ proche avec l’urgence de bien comprendre la révélation de Jésus que les apôtres ont bien du mal à assimiler : « « il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas ! » (Jn 14, 14,9).
Mais Jésus sent ses disciples perturbés, « que votre cœur ne se trouble pas », je vais vous préparer une place !
Jésus demande à ses disciples de croire, de faire confiance, de s’engager sur sa parole. Si Jésus part vers le Père, il n’abandonne pourtant pas ses disciples, il veut les associer à son propre destin en partant leur préparer une place dans la maison de son Père. Il n’évoque pas une différence qualitative selon les mérites, mais l’accueil par le Père des différents disciples.
Le discours de Jésus passe du thème du « voyage » au thème du « chemin ». L’objection de Thomas permet à Jésus de parfaire sa révélation. Jésus ne répond pas directement à la question « où vas-tu ? » mais il centre la réponse sur sa propre personne : « moi, je suis », puis il se décrit par trois termes, le chemin, la vérité et la vie.
Pour aller au Père qui est vérité et vie, il faut passer par Jésus. Jésus révèle la vérité qui conduit à la vie et procure la vraie vie à celui qui accepte cette vérité dans la foi et la met en pratique.
Choisir Jésus comme chemin, c’est se mettre dans la route de la vérité et de la vie, celui qui passe par Jésus est déjà dans le Père.
Ce message de Jésus n’est pas celui d’un propriétaire, mais celui d’un passeur qui conduit à la rencontre de Dieu Loin de nous approprier la Vérité, nous la demandons au Christ en mettant nos pas dans les siens, surtout aux moments de la traversée de la souffrance et de la mort. Nous avons toujours à redécouvrir combien Dieu est solidaire de l'homme, de tous les hommes dans leur quête d'humanité.
La foi chrétienne affirme cette alliance ; elle rassemble et annonce à tous que « Dieu est avec eux », présence dont chaque communauté, chaque église enracinée dans un quartier ou un village se veut le signe manifeste..












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